DES LIBERTÉS POLITIQUES , CIVILES ET RELIGIEUSES
La République a remplacé un gouvernement qui sacrifiait la liberté, la dignité et la prospérité de la France à des intérêts dynastiques.
La République a été acceptée par nous et par tous avec sincérité, mais elle no peut être solidement fondée que sur une liberté réelle; Ihistoirc nous apprend qu'il y a eu des Républiques despotiqius ; elle nous apprend aussi qu'elles ont été elles-mêmes rinstrument de leur ruine.
La liberté est une et indivisible ; quand on n'admet pas toutes les libertés, on n'en aime aucune ; il iaut donc proclamer avec une égale ardeur toutes les libertés politiques, civiles et religieuses , la Iil)erté de la presse , le d.'oil de réunion et d'association; les libertés delà conscience et du culte; les libertés dr l'enseignement et de l'éducation; la liberté individuelle, la liberté du domicile, de la propriété, de l'industrie et du travail.
11 Jaut delà liberté dans la Cralernilé, celte vieille vertu du christianisme; sans la liberté, que deviendrait la production, l'industrie et le tra\ail?
La loi doit fonder partout des iuslilulions démocratiques, qui, durapprochementgénéreux des intérêts opposés, lasse jaillir des améliorations nécessaires; tout le monde comprend aujourd'hui que les dillVrentes situations sociales n'ont pas été faites pour elles-mêuu's, qu'elles ne sont j)as leur propre fin, et (pic, loin de se diviser ou de s'isoler dans un but d'oppression, elles doivent se rechercher, s'entr'aider , se servir mutuellement, et féconder par leur union le sein de la patrie.
Enfin , il faut de la liberté dans l'égalité , car à quoi bon des droits égaux, si l'usage n'en était pas libre, et si l'exercice en était compromis par la violence ou la mauvaise foi.
La liberté résume à (^lle seule les trois symboles de notre devise à tous, car sans elle l'égalité et la fraternité ne seraient que de vains mots.
La nation doit demander à ceux qui aspirent à l'honneur de la représenter, s'ils veulent sincèrement toutes les libertés.
Dans ce moment solennel les destinées de la France vont être lixces ; choisissons donc parmi tous les citoyens, sans distinction, des hommes énergiques et consciencieux, qui ne transigent sur aucun des principes qu'ils auront proclamés.
Le Comité électoral des libertés politiques , civiles et religieuses , invite tous les citoyens qui partagent ses convictions, à lui prêter activement leur concours. Un bureau central permanent a été ouvert, pour donner et recevoir les renseignements chez le citoyen LECOFFRE, rue du Vieux-Colombier, n" 29.
Signé: Alexandre Andryane; Arnaud, capitaine en retraite; Balandin, menuisier; Boulingre , marchand d'huile; Benard; Bioche, Chalumeaux, serrurier; Charlier, peintre d'histoire; Gardèche, ouvrier tisseur, délégué au Luxembourg ; Garnier; C. Gauthier de Cloudry, de la Société d'encouragement ; Godard; Guillot, ajusteur; Housset; Jomand, élève de l'Ecole polytechnique ; Lecoffre , libraire ; J. Lefcvre , ouvrier typographe ; Moreau , professeur à l'Ecole normale ; Mouton ; Léon Pages ; Restou, couvreur; J. F, Tessier; Yelu , ouvrier charpentier, délégué au Luxembourg.
V. YOrdre, journal des gardes nationales de France , du 20 mars 1848.
PEUPLE SOUVERAIIV.
Les élections, pratiquées selon le décret du Gouvernement provisoire, pourront donner pour résultat une majorité aristocratique.
Attendu qu'il y a des aristocrates qui sont connus dans tous les départements, alors, un aristocrate connu pourra obtenir tous les suffrages aristocrates d'un département. Tandis que le Républicain , qui n'a jamais été homme public , n'est connu que dans sa localité, et ne pourra parvenir à avoir un nombre de suffrages aussi grand que celui obtenu par l'aristocrate.
Les immenses suffrages républicains pourront se trouver dispersés et perdus, tandis que les suffrages aristocrates pourront se rallier sur un homme connu.
Les suffrages républicains pourraient plutôt avoir la majorité, si le Gouvernement provisoire adoptait un mode d'élection ainsi conçu :
Le Peuple Souverain de chaque canton ou de chaque quartier de Paris se réunirait sur la plus grande place du chef-lieu du canton ou du quartier, et irait procéder à l'Election de son Représentant qui serait nommé à la majorité relative, après un scrutin préparatoire.
Chaque corps d'armée de 5,000 hommes nommerait aussi un Représentant. Il en résulterait un Représentant par canton ou quartier de Paris, ou corps d'armée de 5,000 hommes.
Enfin les circonstances actuelles ne demandent pas de retard, car le peuple souffre et veut voter l'amélioration de son sort.
CORTEUIL, Victime de la coupable Législation des pouvoirs déchus.
On se procure de ces Affiches à l'Imprimerie.
Imp. de Madame de Lacombe, rue d'Epghien, 12.
PROFESSION DE FOI