ÉGALITÉ DES CULTES
t 11 est injuste d'obliger un citoyen à contribuer aux frais d'un culte qu'il ne pratique pas.
« Que l'entretien des différents cultes ne soit donc plus à la char^je du lr«''sor public, mais qu'on laisse à chacun le soin de soutenir le culte qu'il aura librement choisi ; il en résultera une diminution considérable dans les impôts.
« Que le pouvoir constituant sanctionne de nouveau le principe rationnel posé en ces termes par la Constitution de l'an 111 :
c Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d'aucun culte; la République n'en salarie aucun.
« Ainsi, les croyances seront propagées par ceux qui les acceptent, et il n'y aura plus de religions privilégiées.
« Ainsi, l'Etat n'aura plus à s'occuper de questions qui deviennent toujours pour lui un embarras ou un péril.
« Ainsi, le budget sera allégé de plus de 40 millions.
« Ainsi enfin, tous les Français seront libres et égaux en religion comme ils le sont en politique. »
{Société pour Vapplicalion du christianisme aux questions sociales.)
La Société s'en est tenue au chiffre du dernier budget des cultes ; mais si on y ajoutait les sommes relatives aux culles comprises dans les autres bud^^ets spéciaux et les dépenses à la charge des communes, on arriverait à plus de cinquantecinq millions.
La suppression du salaire des cultes par l'Etat est demaiid/e par la Démocratie pacifique, parle Courrier Français el par plusieurs des nouveaux journaux. Elle ne l'est pas dans le prospectus de ÏI£re nouvelle, fondée par le P. Lacordaire avec le concours de plusieurs catholiques. Cet ancien rédacteur de V Avenir paraît vouloir abandonner la défense de cette cause au Pauplc consliiuant , rédigé par M. Lamennais, dont M. Lacordaire était aulrefoisle collaborateur. Il se borne, lui, à nous assurer qu'aujourd'hui, comni", au 18 brumaire, la nation et la religion triomphent ensemble ; que l'on ne chasse une religion que par une aulre, et que la France est catholique. Si celte dernière assertion, confoinu' à la ficlion légale de la Charte de 1830, devait recevoir de la Constitution nouvelle une consécration quelconque, elleconliendraiten germe la cause d'une révolution future. Ce qu'on a fiiit contre le trône, on le ferait alors contre l'autel. Alieux vaut mille fois dès à présent affranchir les cultes en cessant de les rétribuer.
PROFESSION DE FOI
DU
CITOYEN FOURRAT ALOF
Candidat au grade de Chcf-de-Balailîon du 3® de la H« Légion Sur les questions à tordre du jour.
Pour être dès-longtemps Républicain, il eût fallu deviner ce qui est le résultat du temps, savoir que le peuple entier arrivait à posséder le désintéressement, le cournge, la loyauté, en un mot l'honneur, et qu'aux princes et à leur noblesse irréfléchie et factice étaient réservées la cupidité, l'incapacité, la lâcheté. Mais pour être de tout temps l'ami des républicains, les coîisidérant comme des utopistes estimables, il ne fallait qu'aimer et professer les vertus républicaines, je l'ai fait. Combien d'ouvriers m'ont appelé leur père quand j'aidais à l'agrandissement de leur spécialité, dédaignant la société vénale des courtisans satisfaits. J'ai partagé ma vie entière entre l'étude et le travail, je diviserai mon vote entre les ouvriers de la pensée et de la main.
Il est diflicile de souffrir patiemment jusqu'à ce que la majorité se révolte, mais on n'en est alors que plus résolu , aussi je me suis comme tant d'autres l)ravenH'nt battu en juillet 1630, et le 24 février, après la prise de la prison du Luxembourg et de la préfecture de police, garantie avec l'aide et la probité du peuple, où nous étions un assaillant contre quinze, j'ai été blessé à 3 heures du soir et servais encore le gouvernement provisoire à 2 heures du matin. J'ai accompli ini devoir ; que m'importent les récompenses!
.|p ne vois plus départis devant notre sublime et incomparable essai, à moins qu'il nr plaise pour notre amusement aux Carlistes de quereller les Philippistes. .1 cslinic les hommes libéraux de lnveille qui, se croyant en minorité, respectaient le pouvoir dv fait, et même ceux qui sans nous provoquer et à l'abri des lois le soufenaienl. Ma nuance, peut-être plus estimable encore, celle des vétérans de la libertc', pourrait être nommée les républicains du jour, qui, après avoir démoli, se sont retournés haletants pour reconstruire un pouvoir aux yeux de l'Europe étoimée du bon sens de la France.
Je voudrais, tout en les respectant, qu'on pût cesser d'employer seuls les républicains (lu lendemain, surtout des sommités, ces Thomas qui n'ont cru qu'en voyant, » oiiservaut les utiles pièces mécaniques de la machine sociale payante
quelle qu'elle soit. Pour moi, je n'accepterai d'autres fonctions que celles électives.
Puisqu'un candidat doit parler de lui : maréchal-des-logis en 1831 dans la garde nationale à cheval, j'y fus élu deux ans après lieutenant; dégoûté par le contact de cogradés employés à la police, je donnai ma démission pour aller étudier la vie réelle étrangère sur huit à neuf mille lieues de routes. Depuis quinze mois je n'ai servi qu'à regret un pouvoir couard et menteur qui m'a soutiré une année dix-huit mille francs de droits de succession, impôts, etc., et qui outre la force armée ridiculement énorme ainsi payée par nous, voulait encore pour soutien nos bras sans nos cœurs. J'étais au feu sans songer aux vengeances du pouvoir, quand l'ouvrier et la noble jeunesse l)rùlaient la carlouAÙie le 2iipour introniser de nouveau la clémence, la grandeur, la morale, la philaulhropie.
Fils et petit-fds des députés de l'opposition la pius avancée en 1827 et 1834, mes études et ma franchise que vous avez l)ien voulu applaudir ont donné quelqu'ombragc à la pohce de surveillance politique reconnue aujourd'hui si inutile, même si dangereuse ; la justice m'a protégé ; si elle, que je ne souhaite pas gratuite, mais assez soldée pour découvrir la vérité, n'a pu m'indemniser, je ne me crois pas intéressant pour avoir été martyr de ma foi ; tout gouvernement a le droit de prendre des précautions non préventives contre ses ennemis, même contre ceux qui, comme moi, bien en cour d'abord, déplorent tout haut leur bonne foi surprise et se retirent.
Qu'un homme sans coterie puisse quelque chose pour la patrie, pour l'humanité, sans compter sur une reconnaissance, que les nations, mêmes les masses, ne doivent pas, je me dévouerai pour le faire.
Je suis prêt à tout sacrifier pour le service de notre souverain avenir, de notre port de refuge, la majorité bien constatée par le vote du peuple, que je reconnais souverain, et que j'ai tendu et travaillerai toute ma vie à préparer à comprendre son rôle de di^oits et devoirs, où il ne doit mêler la forée qu'en révolution.
Me croyant assez religieux, sans préjugés si je le puis, par l'amour de la morale, base de toute religion, je regretterais de voir priver de ses consolations qui l'aime sans pouvoir la payer; non rétribuée par l'État, elle serait à la solde des riches, elle perdrait donc sous le rapport Égalité, Pie IX devant soumettre la loi reli- ,^gieuseàla loi nationale. Personne n'exhuu.ant aujourd'hui d"s lois révolution- "i naires, utiles en leur vieux temps, je verrai avec plaisir la religion jouir de la Liberté que nous avons instituée même pour des ennemis inoffensifs. Tout républicain est religieux, puisqu'il professe et pratique les vertus qui assiirent la vie éternelle en Dieu.
Quant au traitement du clergé, si nous ne lui devons rien pour ses biens devenus nationaux, que l'on conserve à toutes les communions qui répandront l'instruction morale, une rémunération qui leur aide à bien faire.
J'entends par Égaliléy inconnue dans la nature matérielle et par conséquent dans sa suite, notre société, Y égalité àQyani Dieu, devant la faiblejjrs/.rc humaine. «t l'instruction qui doit permettre à tout bon vouloir et capacité son dévelop{)ement et sa supériorité. Je préfère la mort à Y Egalité de V abrutissement. J'ai, faute de mieux, un système complet d'éducation publique générale aux frais de
tous pour tous. Les ouvriers les moins éduqués regrettent aujourd'hui au moins leur manque d'instruction.
Je considère la Liberté comme toujours trop grande en France pour le pouvoir executifs qui, exploité par les instincts grossiers, nous soumet à des entraves de privilèges, de passeports, d'exploitation de notre amour-propre parle clergé, etc., inconnues à des nations plus brutes, mais moins légères que nous. Pour le Citoyen digne de ce beau nom, la Liberté doit, selon moi, s'étendre illimitée, tant qu'elle ne déprime pas celle d'autrui, ou ne s'oppose pas à la civilisation, à laquelle chacun doit le sacrifice de la moindre partie possible de ses droits.
J'entends par Fraternilé, le secours contraire à l'égoïsme, et l'offrande à autrui dans le besoin, c'est-à-dire la bienveillance, qui n'est pas la charité aveugle ou partiale de Tullramontanisme autrefois arriéré. Si on ne me demandait pas hier au bureau de bienfaisance, en recevant de moi, qui j'étais, pourquoi celui qui recevra demain doit-il perdre du temps pour s'y faire patroniser par son curé? La vraie fraternité opère en donnant du travail à faire, fùl-ce au profit des générations à venir. La Fraternité me commande d'aider au malheureux à faire de sa blouse une doublure pour un vêtement plus sain ; elle ne commande pas de se faire communisto-agraire, partageant tout ce qui est la récompense d'un travail le plus souvent réel, pour en faire des débris à diviser à l'infini qui n'alimenteraient qu'im moment des instincts délétères.
Dans la question du Travail, je conserverais la libre concurrence, vu celle de l'étranger, surtout vu la supériorité de ses machines qui versent tant de produits en économisant la peine. Mais je vourirais transformer en ateliers toujours approvisionnés de matières premières, par les cullivaleurs pauvres, les casernes et autres repaires de l'intimidation ou de la surveillance fainéantes. L'Elat y fournirait du travail pour l'exportation aide de notre marine marchande, à qui est dans le besoin. On y établirait le coût exact de la dépense de l'ouvrier, ou sa famille à soutenir, et assurerait le strict nécessaire par la paye.
Mêlées à bien d'autres nobles passions variées selon mon âge, ma misère ou mon opuirnrc, mes derniers souhaits sont pour la mécanique et Vayrlcullure, cette mamelle de l'humanité, dont l'imprévoyance tarit les sources dans notre France, si féconde en choses et en hommes! Avec une gymnastique militaire joirHeà l'insti uctîon, je ne conserverais que les cadres de Vanr.éc, la renvoyant heureuse à ses oiilils. Il y a toujours trop de consommateurs maladroits et fainéants, mais il n'y a jiamais trop de pro Iwtion, quand elle se fait à asez bon marché pour vendre à ï étranger qui nous enrichit de bien-être, et réciproquemen'. Le prix du salaire n'est grand que quand celui de la dépense nécessaire est petit. Si, écoutant le bon sens et les lois de la santé, on aimait le travail, il serait dès-lors assez nrganiié.
J'espère la IVance sage, calme, fraternelle, type et Christ du monde séduit; j'ai abusé do mes forces et me suis ruiné, quoique récompensé de médailles, pour de moins vastes intérêts ; à ccdx q.ii veulent ['ordre pour base, je suis prjt à tout sacrifier.
11(1 Mier sans l'avoir désiré d'une fortune indépendante, souscripteur sans ut,lilé po;:r moi du Con)ploir national, ele., malgré mes goûts, à quarante ans. je suis |,rél ù consacrer ù l'immense trésor de la patrie, mon petit avoir, dès que,
ne fût-ce que la majorité, dira qu'on peut en tirer meilleur parti que moi pour le bien, le beau, l'utile. L'association fera, si on reste éclairé, ce que font seules les grandes fortunes; je n'ai pas grandi et ne grandirai plus la mienne de celles auxquelles je puis avoir droit et que je laisserai à ceux qui sont malheureux sans leur faute. Être/îOMyre alors n'est que le manque de la qualité d'être riche, être riche n'est pour moi une qualité que quand on a mérité de l'être et qu on n'y tient que pour élever sa famille, cet amour éternel de toutes les espèces organisées qui ont traversé les siècles.
Je souhaite la diminution du budget, non par économie, surtout si elle pouvait amoindrir la grandeur de la patrie, mais pour laisser chacun jouir seul des fruits de son travail.
Prêt à me dévouer, si l'on me croit capable à tout service public, je ne veux le recevoir que de l'élection ; je crois au bon sens des grandes masses, sans cabaleur, fussé-je flagellé par elles, protectrices du juste, je sourirai le premier, évitant, si je puis, l'émotion que cause toute assemblée. J'aime mon prochain et souhaiterais pouvoir appu\er cette amitié sur l'estime. J'ai trouvé le bonheur entre deux principes : être sévère pour soi, accommodant pour autrui ; faire pour lui ce qu'on souhaiterait pour soi.
Comme vous je ne donnerai mon vote qu'à qui sera prêt à faire inventorier publiquement sa fortune, s'il lui est confié des moyens de l'agrandir illicitement.
Comme vous, souvent trompé par des professions de foi éloquemment fardées, je ne donnerai mon vote qu'à qui sera modéré, parce que c'est la couleur de la raison ; et qui sera prêt à me remettre son opinion sur les grandes questions, écrite comme celle-ci, ne van'etur. J'ai été franc, c'est une qualité, faute d'autre.
L'engrais lui-même est utile emplové à sa place et en son temps ; si vous m'honorez de votre confiance comme CHEF DE BATAILLON DU 3* DE LA 11% vous appuierez ma nuance , patience avec la majorité et conrage avec le droft, à laquelle je sacrifierais mes loisirs et indépendance. Si nous m'utilisez, sans autre brigue, puisse, et quoi qu'il en soit de mon élection, la pierre de touche des événements dire malgré l'infériorité de mon rôle et de mes moyens, que nous ne nous sommes pas trompés et que j'étais, ce que je désire être comme républicain, un bon citoyen.