‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 39 sur 236 · CITOYENS DU PUY-DE-DOME · texte numérisé non relu

CITOYENS DU PUY-DE-DOME

Quand on a établi des principes vrais, il reste à les appliquer ; cl, pour cela il faut en déduire toutes les conséquences rigoureuses, sans reculer devant aucune, sans contrarier le développement d'une seule d'entre elles. Commencez par la vérité et finissez par la réticence : vous n'avez qu'un monstrueux mensonge. C'est ainsi que s'engendrent les contre-révolutions qui aj^pellent. en insultant aux droits, des commotions politiques nouvelles, et qui sont responsables du sang versé. Non, la vérité ne se fractionne pas ; elle est indivisible et une comme la RÉPUBLIQUE dont vous vous glorifiez, à juste titre, d'être les membres, les enfants.

Or, n'oubliez jamais, citoyens, que cette grande République, fondée par l'héroïsme, cimentée par le sang de nos pères, cette grande Répulilique qui vient de se relever aujourd'hui plus fière et plus belle qu'une vierge d'Athènes, en embrassant vos fils et vos frères blessés et morts pour elle, porte cette devise :

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

Paroles saintes ! trinité symbolique qui résume les principes de notre développement et de notre force, qui nous révèle tous nos devoirs en même temps que tous nos droits ! Paroles magiques que l'empereur de la Rome païenne n'entendit qu'en pâlissant sortir de la bouche du Christ, qui venait éclairer et régénérer le monde ! Paroles que les tyrans ont toujours interceptées sur la lèvre des apôtres de l'humanité.

Citoyens, hommes libres, égaux et frères, vous êtes revêtus d'un bien grand sacerdoce; sublime et sainte, si vous l'accomjîlissez bien, votre tâche, si vous êtes prévaricateurs, est un fardeau terril)le. Vous n'êtes pas seulement les lils de la France, vous êtes la lumière du monde. Ces paroles d'amour et de vérité que vous allez prononcer, vous ne les prononcez pas seulement pour la France, mais pour tous les hommes qui sont vos frères.

Le peuple de France est le Christ des peuples.

Maïs qui va proclamer ces paroles à la face du monde ? Quels hommes choisirez-\ous pour faire triompher ces principes dont il nous faut toutes, entendez-le bien, toutes les conséquences?

Seront-cc les républicains du lendemain? Prenez-y garde, citoyens, mes frères; les hommes qui ont fait la révolution vous le répètent tous les jours, parce qu'ils savent bien que vous ne pouvez trop vous pénétrer de cette maxime qui est le salut commun :

Ne faites pas défendre la liberté par des égoïstes, par des ambitieux, par des exploitants de tous les régimes : vous la livreriez comme Judas livra le Christ ;

Ne confiez pas le maintien de 1 egahté à des hommes qui n'ont pas oublié leurs titres d'hier, leurs privilèges de la veille : vous redescendriez dans la servitude et la subordination des castes ;

N'appelez pas à proclamer la fraternité universelle ceux qui, hier encore, vous traitaient de sujets, de vassaux, de serfs et d'esclaves : vous retomberiez à bon droit sous l'injustice de leur pouvoir.

Malheur! malheur! citoyens, mes frères, si vous confiez le char révolutionnaire à des hommes intéressés, dans leur orgueil stupide, à le faire reculer. L'explosion de la colère du peuple montera encore une fois comme une mer qui ne connaît pas de digues : malheur! Cette fois elle retomberait terrible.

Mais non, vous ne compromettrez pas une sainte cause, qui est la cause de l'humanité. Vous saurez tous cimenter de plus en plus, par le sage discernement de votn; vote, la liberté des hommes égaux et frères.

Cilovens du Puy-de-Dôme, ce n'est ni par des promesses (vous en avez tant reçu d'illusoires!) , ni par mon panégyrique que je chercherai à conquérir vos suAVages. Mes antécédents vous sont connus : luttes avec la famille, luttes contre la plus exécrable des monarchies, rien n'a pu me faire reculer d'un pas ; les principes sont éternels comme les serments, et je pense et répéterai, s'il le faut encore au jour de la bataille, ces mémorables paroles de laplus sublime des représentalions nationales : Périsse notre mémoire plutôt qu'un principe.

Toussaint BRAVARD,

Médecin à Jumeaux-sur-Allicr,

Commissaire du gouvernement pour le dcparlement de la Haute-Loire.

MANIFESTE

Du Club des Travailleurs de Sainl-Pierrelès Calais.

Travailleurs des Villes, des Campagnes et

des Ports.

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