ARRONDISSEMENT MINICIPAL DE PARIS
(BimiDIS ÛiiOTD5îiiîL2i m(DIBlîILî2.
Enrôlement.
AUX ÉLECTEURS
DU DÉPARTEMENT DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE. Citoyens,
Appelé pour la première fois au mois de novembre 1847 à siéger à la chambre des députés, je me suis constamment associé par des votes énergiques aux membres les plus avancés de l'Opposition. J'étais au nombre des quatre-vingtseize députés qui avaient accepté l'invitation au banquet du 12" arrondissement de Paris, et plus tard des cinquante -quatre membres de la chambre qui, devançant de quelques heures la justice du peuple, avaient proposé la mise en accusation d'un ministère odieux et coupal3le.
Mais à quoi bon jDarler d'un passé déjà si loin de nous et dont nous sommes séparés aujourd'hui par de si grands événements! le présent et l'avenir de la France doivent seuls préoccuper aujourd'hui tous les bons citoyens.
Je suis républicain par raison, par sentiment, par conviction. Ce n'est pas comme un pis-aller ou comme un provisoire que j'accepte la République, mais comme la seule forme de gouvernement qui jouisse désormais assurer la grandeur et la prospérité de la France.
Après les tristes expériences que nous avons faites depuis cinquante ans, après la chute successive de trois gouvernements d'origines diverses, mais fondés sur le principe monarchique, je suis convaincu que la royauté a fait son temps en France, qu'elle n'a plus de racines, plus de base dans le pays.
C esta la République que tous les bons citoyens doivent se rallier sans réserve, sans arrière-pensée, et en considérant comme coupable toute tentative de restauration monarchique. La République seule pourra donner aux classes laborieuses des villes et des campagnes le bien-être et la liberté politique auxquels tous les citoyens ont droit, en assurant à tous l'éducation gratuite, l'équitable rémunération du travail, en protégeant l'agriculture, en supprimant les odieux impôts de consommation, en établissant aux frais de l'Elat des lieux d'asile pour l'enlance et pour la vieillesse. Elle seule, en un mot, par l'application loyale et sincère du principe de la souveraineté nationale, pourra fonder en
1 ll;<l, (les ennemis de nos institutions.
laiitdonc que notre nouvelle constitution soit forte, énergique, mais sage et modérée, (ondée sur le respect des droits de tous, sur le respect de la famille f'I de la j)ropnété. ' ^
Patriote sincèic et désintéressé, je serais heureux de concourir, pour ma faible pari, a ce grand aMivrc de la régénération nationale, si les sulfrages de mes cou < iloyens m appelaient à l'Assemblée Constituante.
„,, . , J. BAROCIIE,
n.uonnicr de» avocats h la Cour d'appel de Paris, ancien député de la Charenle-Inférieure. Inip. de iJriùre, rue SaiiUe-Anne, ^5
) oo.
PROFESSIOIV DE FOI
DU CITOYEN
COUTISSON DUMAS.
Citoyens, chers comi^atriotes ,
En sollicitant l'honneur de vous représenter à l'Assemblée nationale , je n'ai d'autre ambition que celle d'être utile à mon pays. J'attendrai sans crainte votre vote ; car si vous pensiez que d'autres candidats pussent mieux remplir cette mission, je serai le premier à applaudir à vos choix. Beaucoup d'entre vous me connaissent.
Aux élections de 1831 et de 1839 , j'étais le candidat de ropi:>osilion au collège 'd'Aubusson. J'avais promis d'aller m'asseoir à côté du vertueux Dupont (de l'Eure) ; ma politique n'a pas changé. Elle ne datait pas de la veille.
J'avais à peine huit ans, j'assistais à côté de mon père, membre de la Convention nationale, aux séances de cette assemblée célèbre.
Enfant, j'ai vécu au milieu des Girondins , j'ai été témoin de leur gloire et de leurs malheurs, et tel était le contact de ces grands citoyens, que chacune de leurs caresses déposait dans mon cœur un germe de patriotisme que je me suis toujours appliqué x\ développer, et que je conserve comme mon bien le plus précieux.
A vingt ans , j'étais dans les rangs des défenseurs de la Patrie ; il n'y avait pas alors d'autre moyen de servir son pays. J'ai pris part aux grandes batailles de l'empire, et c'est sur le champ de bataille d'Eylau que je reçus l'épaulette d'officier.
En 1811, j'étais mis à l'ordre du jour de l'armée du Midi. En 1812 , j'eus à la tète d'une compagnie de grenadiers, la poitrine traversée par une balle, et je fus obligé de renoncer à défendre la Patrie. J'avais alors 28 ans.
La catastrophe de Waterloo vint bientôt m'attristcr dans ma retraite. Le gouvernement de;1830 m'aurait, si j'eus voulu, prodigué ses faveurs. Je me suis, jusqu'en iSlih, tenu à l'écart, me bornant à soutenir de mes vœux et de ma bourse la lutte des patriotes contre les envahissements de la royauté. Mais, à celte époque, ma commune se trouva tout-à-coup dans la nécessité de faire face à une dépense d'environ 20,000 francs , et ses ressources étaient si faibles qu'elles ne suffisaient même pas à payer le traitement de l'instituteur.
La position était critique et délicate ; sur les instances réitérées des habitants, je consentis à entrer au conseil municipal, je fus élu à l'unanimité moins une voix. En présence d'un vœu si énergiquement exprimé, xMonsieur le prélet ne put se dispenser de me confier, et j'acceptai, l'administration municipale. En 1845, j'ai été élu membre du conseil général.
Là , mon vote a fait tr^opipher , en 1846 , le vœu (Je la réforme électorale. En 1847,' ce vœu était admis à l'unanimité.
Telle a été ma vie. ^
Les grands événements qui viennent de s accomplir miposent a tous de nouveaux devoirs. Nos anciennes divisions doivent s'effacer devant l'intérêt national et le besoin d'ordre qui, depuis longtemps, était le seul lien qui attachât à la monarchie une partie d'entre vous, doit les rallier aujourdMiui aux institutions nouvelles, et nous réunir tous autour de l'aulel de la Patrie.
La monarchie a fait son temps.
Réunissons nos efforts pour donner à notre pays une Constitution vraiment nationale, qui puisse nous assurer pour longtemps le repos et le bonheur, et empêcher'le retour périodique de ces secousses révolutionnaires, inséparables aujourd'hui de toute forme de gouvernement et qui jettent la perturbation parmi
nous. ., 1 1 AT •
Si vous m'élevez à l'honneur de vous représenter aux conseils de la INalion, j apporterai à l'accomplissement de cette grande œuvre le tribut de mon expérience et de mon patriotisme ; et je ne perdrai jamais de vue ce grand principe qui doit être la boussole de tout homme politique : le bien-être (le tous est la seule garantie du bien-être de chaque citoyen.
Les réformes financières et une juste réj^artition des revenus de l'Etat, sont aujourd'hui un de nos premiers besoins.
L'inipc ritie du gouvernement déchu a mis en état d'hostilité l'agriculture et l'industrie, ces deux sources abondantes de nos richesses. Dans cette guerre impie, l'industrie a ruiné l'agriculture en dépeuplant nos campagnes, et elle a failli périr elle-même par l'excès de produits et le manque de débouchés.
Elles ne peuvent prospérer Tune sans l'autre.
En encourageant l'agriculture, un gouvernement sage rendra à la terre ses travailleurs; il répandra le bien-être dans les campagnes et doublera la richesse de la nation. L'industrie, à son tour, ne sera plus étouffée par l'encombrement des ouvriers et des produits, car chaque ouvrier aura du travail et chaque produit trouvera des consommateurs; et elle prospérera au milieu de la prospérité de la nation.
Si je suis élu, j'appuierai de mon vote toutes les mesures qui pourront nous amener ces heureux résulta Is.
.h; m'engage aussi à voter : La réduction de l'impôt du sel; — - la réforme pos^ taie ; — la révision de la loi sur les patentes ;
La révision des lois sur les contributions indirectes, et la suj^pression de l'exercice à domicile.
Mais je n'oublierai jamais que, comme toutes les choses humaines, le progrès a ses limiles, et qu'il n'est possible qu'à la condition d'être modéré.
l\esj)e( l aux personnes, à quelque classe qu'elles appartiennent.
Respect à toutes les propriétés, de quelque nature qu'elles soient.
Respecta la liberté des consciences.
Voilà les eondilioiis sans lesquelles tout progrès n'est qu'un pas vers le chaos.
El. si jamais quehjues esprits, momentanément égarés, voulaient nous (Mitrai-
ner au-delà de ces limites, je n'ai pas besoin de vous dire que je résisterais à de pareils entraînements.
Celui qui a si souvent, sur le champ de bataille, affronté j^np mprt obscure pour soutenir l'honneur du nom français, saura, n'en doutez pas, rester à son poste lorsqu'il s'agira d'assurer le bonheur de la nation.
COUTISSON-DUMAS,
Membre du conseil général.
ÉLECTEURS
Les courtiers électoraux sont en route, méfiez-vous de ces hommes-là.
On emploie mille moyens pour vous surprendre et pour vous intimider. Tenezvous donc sur vos gardes ; ne prenez conseil que de vous-mêmes et des gens en qui vous avez une confiance pleine et entière. Dans les circonstances actuelles, une demi-confiance ne suffit pas.
Parmi les mille moyens, il en est deux surtout que l'on emi^loie avec une grande habileté, et qui doivent vous être signalés :
1° On dit que quelques-uns des candidats adoptés dans la réunion de Chàlons se désistent de leur candidature. N'en croyez rien.
2° On distribue des bulletins de votants qui ressemblent, quant au papier, au format et aux caractères, à ceux, publiés par le comité républicain de l'arrondissement de Vitry ; les noms des candidats seuls ne sont pas les mêmes.
Avant de jeter voire bulletin dans l'urne, lisez-le plusieurs fois; voyez si le nom de l'imprimerie Bitsch se trouve au bas, et surtout si les noms des candidats sont ceux adoptés par vos délégués à la réunion de Châlons.
N'ajoutez foi qu'aux bulletins qui portent ces noms ;