‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 51 sur 236 · JEUNES CITOYENS · texte numérisé non relu

JEUNES CITOYENS

Le temps est venu où la Lil)ert('', l'Égalité, la Fraternité, doivent régner. Les lois qui, jusqu'alors, ont réglé le recrutement des citoyens pour les armées doivent être abolies; car ces lois consacraient une inégalité monstrueuse entre le pauvre et le riche. Voyez, en elTet, ce qui arrive. Les riches se font remplacer, tandis que les pauvres , les jeunes gens des campagnes , sont enlevés à leur famille, dont ils sont souvent l'unique soutien. Quand les riches veulent bien que leurs fds soient soldats et servent la patrie, ils les envoient dans des écoles militaires d où ces fils sortent ofiiciers ; de sorte qu'à l'armée, là où toute inégalité matérielle devrait disparaître, où le mérite seul devrait faire nommer les chefs par les soldats , les riches trouvent encore moj^en de commander aux pauvres. On dit que chaque soldat porte dans son sac le bâton de maréchal. Comment voulez-vous que cela soit, puisque les uns , les riches , vont apprendre à commander aux pauvres dans des écoles inventées pour cela? Un pauvre paysan, simple soldat, aurait besoin de rester quinze à vingt ans au service pour parvenir peut-être au grade de sous-lieutenant, tandis que les riches qui vont aux écoles militaires , sortent sous-lieutenants au bout de deux ans.

Citoyens, la République changera tout cela ; sous son règne, tout citoyen sera soldat, et tout citoyen recevra la même instruction militaire, le pauvre comme le riche. Mais pour cela, il faut nommer de bons députés, de bons représentants; il faut nommer des pauvres, des ouvriers, des paysans; car si vous ne nommez rien que des riches, ils ne changeront pas les lois qui sont en leur faveur et leur permettent de faire remplacer leurs enfants et d'acheter des hommes. Si vous nous en croyez, jeunes citoyens, vous ne nommerez pas les SAINCTHORENT, les SALLANbROUZE, les REGNAULT, les GIRARDIN , les VENASSIER, les du BUISSON, lesMOSNlER, les SOUBREBOST, les LEYRAUD, lesLASSARE. les FRESSINAUD-SAINT-ROMAIN, les TIXIER de LACHAPELLE, les BOUTMY, les PETIT Diî LAFOSSE, les du MIRAL; car ce seraient, à notre avis, de mauvais députés, et qui n'aiment pas la République.

VIVE LA RÉPUBLIQUE

Les imprimeurs de lioussac :

Luc Desages, CiiARrKNTiER, Julcs Lerolx, Desmoulins,

Vandris , Charles Leroux , Fuézu^res , Louis Netre,

combattant de mai, ancien détenu politique ;

FiCHTE , combattant de mai ; Arnaud Lkuovx ,

Hélas, Henri Leroux.

Voir ITda/retir, jouroal de la Creuse. Mars. 1858.

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