‹ Les murailles révolutionnairesChapitre 86 sur 236 · MONSIEUR LE MAIRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE MAIRE

Au moment où la représentation du Peuple n'est plus un vain mot, où toutes les classes de la société doivent être sérieusement et réellement représentées au sem de l'Assemblée nationale, je m'adresse à vous pour solliciter votre suffrage et celui de vos nombreux amis politiques, dans les prochaines élections.

L accueil bienveillant que partout j'ai reçu de vous et des habitants de votre commune, dans mes différentes tournées, me fait espérer que vous voudrez bien me prêter votre loyal concours.

Voici quels sont mes titres : Petit-fils d'un laboureur, et fier de cette origine; Irere d Emile Debraux, chansonnier populaire; deux fois victime de la politique rétrograde de la Restauration; tour-à-tour ouvrier, soldat, instituteur, directeur d école normale et inspecteur des écoles; ma vie entière a été consacrée à servir le peuple et à l'éclairer. J'ai vu toutes les misères de la société, et souvent je les ai moi-même partagées. J'ai compris qu'il était temps d'y porter un prompt

Voici maintenant, en peu de mots, quel est mon programme : Réduction aussi large que possible de cet énorme et écrasant budget, plaie béante qui dévorait iniquement et sans utilité le fruit de la sueur du peuple, et menaçait d'engloutir sous peu la fortune de la France ; suppression immédiate de ces gros et ridicules traitements payés aux riches et aux puissants pour des services qu'ils ne rendaient pas ; abolition pure et simple de toute espèce de sinécure ; protection elhcace «îf labourage et au pastourage; ces deux mamelles delà France, comme le disait le grand Sulli/ , les vraies mines et trésors du Pérou; extension du commerce aussi grande que possible, dans l'intérêt bien entendu du pays; organisation du travail, de telle sorte que l'ouvrier ne voie pas mourir de misère et de faim sa emmeet ses enfants, après une longue carrière toute de dévoùment et de labeurs, etc.

1 M "^ ''^^T*^^^ '^'' ^^^ ^^ temps me presse ; si ces idées sont les vôtres. Monsieur le Maire, je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi. Votre tout dévoué serviteur,

Horace DEBRAUX,

iDspecteur des écoles.

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