I CHAPITRE XIX
Funérailles,
Tous les anciens avaient un très^grand soin des funérailles, et regardaient comme une malédiction terrible que leurs corps ou ceux des personnes qu'ils avaient chéries demeurassent exposés à être déchirés par les bêtes et par les oiseaux^ ou à se corrompre à découvert et à infecter les vivants. C'était une consolation de reposer dans les sépulcres de ses pères. Au lieu que les Grecs brûlaient les corps pour garder les cendres, les Hébreux enterraient les gens du commun, et embaumaient les personnes considérables pour les mettre dans des sépulcres. Ils brûlaient aussi quelquefois des parfums sur le corps. Aux funérailles d'Asa, roi de Juda, il est dit qu'il fut mis sur un lit rempli de parfums composés avec grand art, et que l'on y fit du feu ; et il paraît que c'était une coutume par d'autres passages. Us embaumaient à peu près comme les Egyptiens, entourant le corps d'une grande quantité de drogues desséchantes -, puis ils le mettaient dans les sépulcres , qui étaient de petits caveaux ou des cabinets taillés dans des roches avec un tel artifice, que quelques^-uns avaient des portes fermantes^ tournant sur leurs gonds, taillées de la même pièce ; on en voit encore plusieurs. Chacun avait une table de la même pierre, sur laquelle on posait le corps.
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Ceux qui suivaient le convoi étaient en deuil, et se lamentaient à haute voix, comme il paraît à renterrement d'Abner. Il y avait des femmes qui faisaient le métier de pleurer en ces occasions, et on joignait aux voix des flûtes^ dont le son est triste. Enfin on composait des cantiques
f^our servir comme d*oraison funèbre aux personnes ilustres dont la mort avait été malheureuse. Tel fut celui que fit David pour Saûl, et celui du prophète Jérémie pour Josias.
Quoique les funérailles fussent un devoir de piété^ il n'y avait pourtant aucune cérémonie de religion ; au contraire^ c'était une action profane, et elle rendait immondes toutes les personnes qui y avaient eu part^ jusqu'à ce qu*elles fussent puriâées^ parce que les corps morts sont ou dans la corruption, ou dans une disposition prochaine de 56 corrompre. Ainsi, loin que les prêtres fussent nécessaires aux funérailles, il leur était défendu d'y assister, si ce n'était à celles de leurs proches. Quand Josias voulut abolir l'idolâtrie, il fit brûler les os des faux prêlres sur les autels des idoles, afin d'eu donner plus d'horreur. On offrait des sacrifices pour les morts, c'est-à-dire pour la rémission de leurs péchés, comme fit Judas Machabée-, et le bapiême pour les morts dont parle saint Paul était quelque cérémonie de bains et de purifications que l'on croyait leur être utiles aussi bien que les prières.