‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 22 sur 103 · CHAPITRE ÎXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE ÎXI

Jeûnas. — Vœux.

Les jours déjeune étaient tout le contraire des jours de fête ; on y faisait tout ce que j'ai marqué en parlant du deuil, car le jeûne et le deuil étaient la même chose. Il ne consistait donc pas à manger plus tard, mais à s'afiliger en toute manière. On passait le jour entier sans boire ni manger jusqu'à la nuit : et c'est ainsi que le pratiquent encore non-seulement les Juifs, mais les mahométans, qui ^*ont imité d'eux et des anciens chrétiens. Ils demeuraient

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en silence dans la cendre et le ciliée, et donnaient toutes les autres marques d*afDliction. Les jeûnes publics étaient annoncés au son de la trompette, comme les fêtes. Tout le peuple s* assemblait à Jérusalem dans la place publique. On faisait des lectures de la loi^ et les vieillards les plus vénérables exhortaient le peuple à reconnaître ses péchés et à en faire pénitence. On ne faisait point de noces ce jour-là, et les maris mêmes se séparaient de leurs femmes.

La loi n'avait ordonné qu*un seul jour de jeûne, le dixième du septième mois, qui était la fête des Expiations ; mais dès le temps du prophète Zacharie, on en comptait deux autres, un dans le cinquième mois, et un dans le dixième. Il y en avait d'extraôrdiu aires, les uns dans les calamités publiques, comme fut la stérilité dont parle Joël; les autres dans les afflictions particulières, comme les jeûnes de David pour la maladie de Tenfant qui était ne de son crime ; pour la mort d'Âbner, et en tant d'autres occasions qu'il marque dans les Psaumes. Enfin il y avait des jeûnes qui se faisaient par simple dévotion, pour s'acquitter de quelque vœu*

Car les Israélites étaient fôH ingénieux à observer leurs vœux et leurs serments. Pour les vœux, l'exemple de Jephté n'est que trop fort. Pour les serments, Josué garda la promesse qu'il avait faite auxGabaonites, quoiqu'elle fût fondée sur une tromperie manifeste, parce qu'il leur avait juré au nom du Seigneur. Saûl voulut faire mourir son fils Jonathas pour avoir violé la défense qu'il avait faite avec serment, quoique Jonathas n'eût péché que par ignorance : on en voit encore d'autres exemples. Ils prenaient trèssérieusement ces promesses si solennelles, et ne donnaient aucune liberté de les interpréter. C'était un acte de religion que de jurer au nom de Dieu, puisque ce serment distinguait les Israélites de ceux qui juraient au nom des faux dieux \ ce qu'il faut entendre des serments légitimes et nécessaires, comme ceux qui se font en justice.

Les vœux consistaient d'ordinaire à offrir à Dieu quelque partie de leurs Mens, soit pour servir aux isacrifices, soit pour être mis en réserve. De là venaient ces grands trésors du temple de Salomon, qui comprenaient, outre les offrandes de David, celles de Samuel, de Saûl, d'Âbner et de Joab : c'était principalement du butin pris sur les ennemis. Les p^ens faisaient de pareilles offrandes aux temples de leurs faux dieux, soit après des victoires, soit en d'autres occasions ; je n'eu veux point d'autre exemple

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que le temple de Delphes» et les richesses que Grésus ] envoya pour avoir des oracles favorables.

Le vœu le plus considérable était celui des Nazaréens, qui s'obligeaient pour un certain temps à ne poiot boire de vin ni de tout ce qui enivre ; à ne point couper leurs cheveux, et à se garder avec grand soin de toutes les impuretés légales, particulièrement de l'approche des corps morts. La règle des récabites semble avoir eu pour fondements ces sortes de vœux. L'auteur de cette règle fut Jonad^b, fils de Récab, qui vivait du temps de Jéhu^ roi d'Israël, et du prophète Elisée. Il défendit à ses enfants de boire du vin, de bâtir des maisons, de semer, d^avoir des terres ni des vignes. Ils demeuraient donc sous des tentes, s'occupant apparemment, comme les lévites, à la nourriture du bétail^ et imitant parfaitement la vie pastorale des patriarches : ils étaient mariés, et conservèrent inviolablement cette règle dans leur famille, au moins pendant cent quatre-vingts ans ; car on ne voit pa3 ce qu'ils devinrent après la captivité.

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