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CHAPITRE XXVIII

Rois.

. Le roi avait droit de vie et de mort, et pouvait fair^

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mourir les crioiioels sans formalité, de jastice. David as âe#ce droit contre celui qui se vantait d'avoir tué Saûl, e contre ceux qui avaient assassiné Isbosetb : les empereur romains eurent aussi ce pouvoir. Les rois des Israélites levaient des tributs, et sur les Israélites mèmes^ puisqui Saûl en promettait Texeraption pour toute la famille é celui qui combattrait Golialh; et il parait que Saloraon et levait d'excessifs, par les plaintes qui en furent faites a Roboara. La puissance des rois était d'ailleurs fort bornée; ils étaient obligés d'observer la loi comme les particuliers; ils ne pouvaient y déroger, ni y ajouter, et il n'y a poio: d'exemple qu'aucun d'eux eût fait une loi nouvelle. Leur vie domestique était assez simple \ on le voit par la description que fait Samuel des mœurs des rois pour en dé- (;oûter le peuple: il ne leur donne que des femmes pour es services du dedans. Ils ne laissaient pas d'être bien accompagnés quand ils paraissaient en public. Entre les marques delà révolte d'Absalon, l'Ecriture compte cinquante hommes pour marcher devant lui, et la même chose est dite de son frère Adonias.

Ces rois vivaient de ménage comme les particuliers: la différence est qu'ils avaient plus de terres et plus de troupeaux. Dans le dénombrement des richesses de David, on compte véritablement des trésors d'or et d'argent; mais on compte aussi des terres en labour et des vignes, des magasins de vin et d'huile, des plants d*oliviers et de figuiers, des troupeaux de bœufs, de chameaux, d'ànes et de njoutons. C'est ainsi qu'Houière décrit la richesse d'Ulysse : il lui donne en terre ferme douze grands troupeaux de chaque espèce de bétail, sans ce qu'il avait dans son île. Ils tiraient de ces grands approvisionnements tout ce qui était nécessaire pour la subsistance^ de leur maison. Il y avait du temps de Salomon douze intendants distribués dans toute la terre d'Israël, qui envoyaient tour à tour, chacun pendant leur mois, les provisions de bouche, montant par jour à trente-trois muids de farine, trente bœufs et cent moutons, qui est de quoi nourrir au moins cinq mille personnes. Comme les fournitures se faisaient en espèces qui se tiraient du pays même, il ne fallait rien acheter; et il n'était' besoin ni de pourvoyeurs, ni de trésoriers, ni de contrôleurs, ni de ce grand nombre d'officiers qui épuisent les grands seigneurs, dé sorte que l'or et l'argent demeuraient en réserve, ou servaient à leur usage le plus natu- Tfti, pour la vaisselle et les ornements.

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De là vient la grande richesse de David et de Salomon : David prépara tout ce qui était nécessaire pour le bâtiment du temple, dont la dépense monta à cent huit mille talents d'or^ et un million dix roille talents d'argent, ce qui fait de notre monnaie un milliard six cent soixante-neuf millions six cent soixante-huit roille livres et quelque peu de plus. D'ailleurs, il fit enfermer de grands trésors dans son sépulcre. Salomon fit bâtir plusieurs palais, fortifia plusieurs villes^ et fit quantité d'ouvrages publics. Toute sa vaisselle et les meubles de sa maison du Liban étaient de pur or, sans com()ter deux cents pavois d'or dont chacun valait près de treize mille livres, et trois cents boucliers de plus de six mille livres chacun.

Aussi ses revenus étaient grands. Le commerce seul lui apportait tous les ans six cent soixante-six talents d'or, qui font plus de quarante-trois millions. Il faisait payer tribut aux Israélites et à tous les étrangers qui lui obéissaient, aux Ethéens, aux Amorrbéens, aux autres anciens habitants d^ la terre d'Israël, aux Iduméens, à une grande partie de l'Arabie et â toute la Syrie; car son 'empire s'étendait depuis l'entrée de l'Egypte jusqu'à TEuphrate; et de tous ces pays si riches, on lui envoyait tous les ans des vases d'or et d'argent, des étoffes, des armes, des parfums, des chevaux et des mulets. Ces mêmes réflexions peuvent faire comprendre d'où venait la richesse de Grésus, dans un Etat à peu pres.de même étendue que celui de Salomon. L'or et l'argent ne s'étaient pas encore tant répandus dans le monde. Il y en avait peu en Grèce, point en Italie, ni dans le reste de l'Europe, hors l'Espagne, où il y avait des mines.

Arrêtons-nous un peu à considérer cette prospérité de Salomon ; aussi bien le spectacle en est agréable. Qu'on lise toutes les histoires, on ne trouvera point d'exemple d'un assemblage si parfait de tous les biens que l'on peut goûter sur la terre. Un jeune prince dans la fleur de son âge, bien fait de sa personae, d'un grand esprit, très-sa^ vaut et très-habile, avec une telle réputation, que tous les rois delà terre envoyaient pour l'écouter, comme Un prodige de sagesse, et qu'une reine y vint en personne de bien loiQ. Il était maître d*un grand Etat dans une profonde paix, habitant le plus beau pays du monde4 logé magnifiquement, bien servi, comblé de richesses^ nageant dans les plaisirs, ne se refusant rien^^comme il Tavoue luimême, et appliquait tqut cq gjraiMl espxit à contenter ses

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désirs. Voiliiice que noua appeUeriossimhoiiUBe heureni suivant nos idées naturelles. Cependant il est certeia qui ne Tétait pas, ppisqull n*ét«it pas content. C'est lui-mêmfi qqj le dit : J'ai trouvé que le plaisir et 4a joie n'éiaieni qu'illusion : et foi m que tom mes travaux n'étaiéni que vmité et affliction de cour.

Par cette prospérité de Salomon et de son peuple. Dieu a donpé en môme temps au genre humain deui instructions importantes : premièrement il a montré sa fidélité à accomplir ses promesses, donnaiftsi libéralement aux Israélites tous les biens qu'il avait promis à leurs pères dans h possession de cette terre, afin que personne ne doutât à Tavenir qu'il sait bien récompenser ceux qui s'attaobeotè lui et qui observent ses commandements. Les hommes, entièrement appliqués aux choses sensibles, avaient besoin de ce gage pour croira un jour les biens invisibles et les récompenses de Tautre vie. Mais d'ailleurs, en accordant aux Israélites la possession de ces biens sensibles, et en les comblant avec profusion de ce qui peut faire la félicité de celte vie, Dieu a donné à tous les hommes le moyen de s'en désabuser et de concevoir des espérances plus hautes ; car qui peut prétendre d'être heureux sous le soleil, si Salomon ne Ta pas été ? Qui peut douter que tout ce qui s*y passe n^ soit vanité, après l'aveu qu'il en fait ? Cet exemple ne nous fait^il pas assez voir que les biens temporels ne sont pas seulement vains, mais dangereux, non-seulement incapables de remplir le cœur humain, mais propres à le corrompre? Quelle raison avons-nous de nous flatter que nous en userons mieux que ce peuple si chéri de Dieu et si bien instruit, qui semblait avoir plus de droit à ces sortes de biens, puisqu'ils lui étaient proposés pour récompense? Quelle témérité serait-ce de nous croire plus forts contre les plaisirs que le sage Salomon ? Il s'abandonna tellement à ses passions, qu'elles le portèrent jusqu'à ridelâtrie. Ses sujets suivirent son mauvais exemple, et depuis son règne les mmurs des Israélites allèrent toujours en se corrompant de plus en plus.

La di?ision des deux royaumes d'IsraSl et de Juda aagmenta encore le mal. La oorruption fut bien j^us grandhe en Israël, où régna toujours l'idolâtrie, source de toutes aortes de crimes t les révoltes et les trahisons y furent fréqfuentes. En Juda, la couronne ne sortit point de la famille de David \ il y eut plusieurs rois pieux : les prêtres et les lévites s'y retirèrent tous, y consenèrent la pratique de la

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)i bien plus pure, ^vec la tradition de \^ véritable religion^ Dans leç derniers tepip?, la loi étant méprisée, la corn? lerce devjnt fréqueut avec les étrangers, principalement our avoir du secours à^^$ Içs guerres ; et c'qst la fondeaent de tant (Je reproches que leur fpnt les prophètes du •eu de confiance qu'ils aVfïiept ep Dieu, les étrapger§ [u'ils rQcherchaiei|t le plus étaient les Assyriens et les égyptien?, les deux plus puissantes nations qui fussent ilors ; pour leur plaire ils imitaient leurs n^œurs et leur dolâtrie : et 1^ ruine de^ Israélites suivit la fortune de ces nation?, lorsque TEgypt^} topaba et que }' Assyrie prit le dessus.

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