‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 29 sur 103 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

CHAPÏTRB XXIX

Juifti. — Gaptifité.

Voilà ce qui m'a paru le plu^ remarquable dans les mœurs des Uraélites. tant qu'ils vécurent en pleine liberté dans leur pay$, 3Bns être n^èlé^avec les étrangers, ni sujets ^esinfi* dèles. Voyons maintenant leur dernier état depuis la captivité de Bpbylone (600 ans avapt Jésus-Christ) jusqu'à leur entière dispersion, ûqoique ce fût encore le même peuple et )es mêmes mœur^i au fond, il ne laisse pas d^y avQir des di^rences considérable?.

Premièrement, on ne les nomme plus que les Juifs dan$ ces derniers temps, parce qu'en effet il a'y avait plus que le rQya{ime de Juda qui subsistait. Quand Jérusalem fut ruiqé, il y §vait déjà plqs d'un siècle que Samarie l'avait été) et que Salmanazar avait enlevé les dix tribus à qui on dopnâit Iç} nom d'Israël, l^t, quoique le royaume de Juda comprit aussi les tribus entière» de Benjamin et de Lévi, avec plusieurs particuliers de toutes les autres que le zèle de la religiop y avait aitir^s depuis le schisme de Jéroboam, tout sa cQpfQudait sous le nom de Judée et de Juifs^ et l'on était accoutumé à ce nom dès avapt la captivité.

Depuis la mort de Josias^ comme ce royaume tendait manifestemept à aa ruine, grand nombre de Juifs se dis-^

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f)ersërent de tous côtés, et se retirèrent chez les Ammonite es Moabite'^, les Tduniéens, et les autres peuples voisin De ceux qui étaient demeurés à Jérusalem lors de sa pris> les Chaldéens emmenèrent captifs les plus considérable: et ne laissèrent que les plus pauvres pour cultiver les terres encore ce reste passa-t-il en Egypte peu de temps après.

Quant à ceux qui furent emmenés à Babylone, ils furesl esclaves du roi et de ses enfants, comme dit TEcrilure ; ca telle était alors la loi de la guerre. Tous ceux qui étalée pris les armes à la main, tous les habitants d*une ville for cée ou rendue à discrétion, et du plat pays qui ea dépeE dait, étaient esclaves du vainqueur. Ils appartenaient a: public et au particulier qui les avait pris, suivaot les Joi établies en chaque pays pour l'acquisition et le partage d. butin. Ainsi, à la prise de Troie, tout ce qui resta en vf fut fait esclave, jusqu'à la reine Hécube et aux princessai ses filles.

L'histoire grecque et l'histoire romaine sont ple'm. d'exemples semblables. Les Romains mettaient aux fers le rois qui leur avaient résisté opiniâtrement, et les faisaiei mourir après les avoir fait paraître en triomphe; lis vec daient le peuple à l'encan, et distribuaient les terres à leur citoyens qu'ils envoyaient y établir des colonies. C'était sâ& doute le moyen d'assurer leurs conquêtes. Les Juifs etlei Israélites ne furent pas traités si durement par les As5jriens. Quelques-uns avaient une grande liberté , comœe Tobie sous le roi SaUnanazar ; il y en avait de riches, comme Tobie même, son parent Raguel et son ami Gabélus, et, i Babylone, Joachim, mari de Susanne. Il paraît encore pai cette histoire de Susanne que les Juifs, tout captifs gu'JB étaient, avaient Teiercice de leur loi, jusqu'é établir d& juges qui condamnaient à mort.

Toutefois ilétaitimpossible quece mélange avec les étrangers n'apportât un grand changement dans leurs mœurs, puisqu'une de. leurs principales maximes était de se séparer de toutes les nations. Plusieurs se laissèrent aller à adorer les idoles, à manger des viandes défendues, à épouser des femmes étrangères ; et tous se conformaient à leurs maîtres dans les choses indifférentes comme est la langue. Aussi, pendant les soixante et dix ans que la captivité dura^ Us oublièrent l'hébreu, et depuis il n'y eut plus que les savants qui l'entendissent, comme parmi nous le latin. Leur langue vulgaire fut le syriaque ou chaldaïque, telle qu'elle est dans Daniel et dans les paraphrases de l'Ecriture que

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Ton fit ensuite afia que le peuple pût Tentendre. Ils chan^ gèrent aussi leurs lettres ; au lieu des anciennes qu'ont gardées les Samaritains, ils prirent celles des Ghaldéens , que nous appelons hébraïques.

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