‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 32 sur 103 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

Règne des Assâixionéens , ou descendants de Mathâtbias.

Nous voici donc au temple des Machabées, où la nation juive se releva et prit un nouvel éclat. Ce ne furent plus ces pauvres gens qui ne songeaient ^u*à vivre en paii sous la conduite de leurs vieillards et de leurs pontifes, bien heureux d'avoir la liberté de cultiver leurs terres et de servir à leur mode le Dieu du ciel. Ce fut un Etat entièrement indépendant , qui se soutenait par de bonnes troupes , des places fortes, et des alliances non-seulement avec les princes voisins, mais avec les Etats éloignés, avec Rome même. Les rois d'Egypte et de Syrie, qui les avaient si maltraités, furent obligés dans la suite de rechercher leur amitié.

Les Juifs firent même des conquêtes. Jean Hyrcan prit Sichem et Garizim (120 ans avant Jésus- Christ), et ruina le temple des Samaritains, tant il était absolu dans toute la terre d'Israël. Il s'étendit au dehors, en Syrie, où il conquit plusieurs villes après la mort d'Antiochus Sidétès ; et en Idumée, qu'il subjugua tout entière, jusqu'à obliger les Iduméens à se circoncire et à observer la loi mosaïque, comme étant incorporés à la nation des Juifs. Son fils Aristobule ajouta les marques de la royauté à la puissance effective, prenant le diadème de roi-, et Alexandre Jannée fit encore plusieurs conquêtes.

Mais celte gloire des Juifs fut de courte durée; au lieu que l'affaiblissement des royaumes d'Egypte et de Syrie avait servi à leur élévation , la ruine entière de ces deux royaumes attfra la leur par l'accroissement immense delà puissance romaine. Il est vrai que leur perte commença par leurs divisions domestiques, et par la mésintelligence continuelle des deux fils d'Alexandre Jannée, Hyrcan et Aristobule. Enfin ils ne furent que quatre-vingts ans en liberté, depuis que Simon eut été déclaré chef de la nation, après avoir secoué le joug des Grecs, jusqu'à ce que Pompée , appelé par Hyrcan, prit Jérusalem, entra dans le temple, et rendit les Juifs tributaires.

Ils furent ensuite plus de vingt ans dans un misérable état, divisés par les partis des deux frères, et pillés par les Romains , qui en tirèrent plus de quarante millions à diverses fois. Après la défaite de Brutus et de Cassius, les Parthes, prenant avantage de la faiblesse de Marc-Antoine, qui gouvernail TOrient, se rendirent maîtres de la Syrie

et de la Palestine, et emmenèrent Hyrcan captif. Dans tou ce temps des guerres civiles des Romains, et des avaDiage i

3 ne les Parthes eurent sur eux, la Palestine fut exposée i e grands ravages par le passage de tant d*armées de dif iérentea nations, et par les incursions des peuples voisins, particulièrement des Arabes.

Il est vrai qu*elle se rétablit un peu sous Hérode. U j ramena la paix et Tabondance : il fut puissant, il fut riche et magnifique ; mais on ne peut pas dire que les Jiiiii fussent libres d6 son temps. U ne Tétait pas lui-même ^ et dépendait entièrement des empereurs romains. Il étaîl étranger, Iduméen d'origine , il n'avait point de religion , et n*en conservait l'extérieur que comme un instrument de sa politique. Il ruina la succession des pontifes ^ faisant venir de Babylone un certain Hananéel, homme méprisable , quoique de la race sacerdotale , depuis lequel il n'y eut de pontifes que ceux que les rois voulaient, et autant qu'ils voulaient.

Après la mort d'Hérode, il ne faut plus compter de puissance en Judée : ses enfants ne conservèrent que des parties de son royaume, et ne les conservèrent pas longtemps; e( la Judée eut des gouverneurs romains dépendants du proconsul de Syrie; enfin les Juifs en furent bannis et réduits en l'état où ils sont encore. Ce sont donc ici les derniers temps où il faut les considérer, depuis leur liberté sous Simon et les Assamonéens, jusqu'à leur ruine sous Yes-

f^asien. C'est un espace de deux cents ans, qui comprend a plus grande partie de l'histoire des Hachabées, et toute celle du Nouveau Testament; et les mœurs des Juifs y sont assez différentes des temps précédents.

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