CHAPITRE VII
Étude de nÊcriture sainte.
Le corps des priècea a toujours été les psaumes, qui, étant prononcés gravement et distinctement, étaient d'une grande instruction, puisqu'ils renfermept en abrégé tout, ce que contiennent les autres IWj^ sacrés, et donnent des modèles des sentiments qu'un homme de bien doit avoir dans tous les difTérents états de, la vie^ On y joignait toujours quelque lecture dea at^res livres saints : d'où sont venus les petits chapitres des heiuares* GooMue les prières nocturnes
étaient le»pltts longues^ eHes étaient accompagnées déplus . de tectttres, et comme la messe est la partie la plus solennelle de tout rofflce , e*est aussi celle où il y avait le plus d'instruction. On ne Hsait comme Ecritures divines que celles qui étaient dans le canon , c'est-à-dire celles que la tradition constante des Ej^isès autorisait^ et Ton nommait apocryphes^ c'eat-à-dii^e cachées et obscures, celles que quelques particuliers y vûulaieiît ajonter. De peur que les Uvres ecclésiastiques ne fucfsent altérés par la témérité des copistes, on y mettait quelquefois une protestation où Ton conjurait par le jugement de Dieu celui qui transcritait de le faire fidèlement^Saint Irénée Ta fait à la fin de son épttre tt Florin ; et telle est la menace que nous voyons à la fin de rjLpbcalypse. >
L'église n était pad seulemeùt la maison dé prière, maie Fécole du salut. L'^évéque expliquait l'Evangile et tes autres livres sacrés avec l'assiduité d'un professeur, quoique avec plus d'autorité; d'où vient' que VdAQS te style des anciens, le nom de docteur ne supplique guère qu'aux évoques. Ils instruisaient, et publiquement dans l'assemblée des fidèles, et par les maisons^ cûmme dit saint Paul ; et ils accommO"* daient leurs instructions à chaque genre de personnes, comme il est marqué datfs les Epîtres à Tite et S Timothée. Ifs faisaient profession de ne rien dire d'eux-mêmes, de n'être point curieux, de ne rien rechercher après TEvangilé,.mais de Rapporter fidèlement ce qu'ils avai^^nt appris de leurs pères, c'est-à-dire des p)rétres et des évéques plus anciens, par une tradition qui remontait sans interruption jusqu'aux apôtres. Ils imprimaient dans l'esprit des fidèles une grande horreur de toutes sortes de nouveautés, principalement dans la doctrine; en sorte que, si les particuliers entendaient quelques diteours contraires à leur foi, ils ne s'amusaient pas à les contredire , laissant ce soin à leurs pasteurs, mais ils bouchaient leurs oreilles et s'enfuyaient. De là vient que tant d'béi;ésies qui s'élevèrent dans les premiers siècles furent condamnées la plupart sans conciles et sans jugements en forme dont nous ayotfs connaissance. Les pasteurs catholiques étaient tous d'accord sur la tradition^ et les peuples inviolablemeat attajsbés à leur doctrine.
Les fidèles étudiaient encoiré la loi de Dieu chacun eu son particulier, et la méditaient jour et nuit, lis relisaient dans leurs maisons ce qu'ils avaient eu! lire à l'église, et s'imprimaient dans la mémoire les eiplications du pasteur, s'en entretenant les uns tivec les auttts ; surtout les pèree
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avaient soin de faire oet répétitions dans leurs f amiUes : car chacun dam la sienne était comme un pasteur particulier; qui présidait aux prières et aux lectures domestiques, instruisait sa femme, ses enfants et ses serviteurs, les exhor^ tait familièrement, et les entretenait dans Funion de TEgUse par la soumission parfaite qu'il avait à son pasteur. Ce que je dis des pères doit aussi s'entendre des mères. Saint Basile et saint Grégcnre de Nysse, son Arère, se faisaient gloire d'avoir conservé la foi quHls avaient apprise de leur aïeule sainte Macrioe, instruite par saint Grégoire Thaumaturge ; et là semble se rapporter Téloge que saint Paul donne à la foi de la mère et de Taïeule de saint Timothée. Une marque du grand soin qu'avaient les pères et les mères de bien in*struire leurs familles est que Ton ne voit dans toute Tantiquité aucun vestige de catéchisme pour les enfants, ni aucune instruction publique pour ceux qui avaient été baptisés avant Tâge de raison. Les maisons particulières étaient alors des églises, dit saint GhrysQstome.
Plusieurs chrétiens , même entre les laïques , savaient FEcriture sainte par cœur, tant ils la lisaient assidûment ; ils la portaient d'ordinaire sur eux, et on a trouvé plusieurs saints enterrés avec TEvangile sur la poitrine. Saint Gbry*sostome témoigne qu'encore de son temps plusieurs femmes le portaient pendu à leur cou, que l'on se lavait les mains pour prendre les livres sacrés, que chacun composait son extérieur, que les hommes se tenaient tête nue, et que les femmes se couvraient par respect, car elles ne lisaient pas moins TEcriture que les hommes. On voit de saintes martyres qui , dans la persécution de Diodétien, ayant été obligées de tout abandonner et de se retirer dans des cavernes, ne regrettaient que les livres sacrés, qu'elles n'avaient plus la consolation d'étu<tier jour et nuit comme auparavant.
Les chrétiens lisaient encore les écrits des évoques et des auteurs ecclésiastiques ; car il y en eut un grand nombre de célèbres dès ces premiers siècles. Eusèbe nous en nomme environ quarante , sans ceux qui n'avaient pas mis leurs noms à leurs ouvrages, ou dont il ne parte qu'eu général. Il est vrai que nous en avons perdu la plus grande partie. Ce n^est pas que la plupart des évéques ne fussent détournés de faire des livres par leur humilité, par la crainte de divul*» guer les mystères, par leurs occupations et par les persécu-^ tiens qui ne les laissaient pas même vivre longtemps : mais il fallait toujours écrire des lettres pour diverses affaires, et défendre la religion contre les hérétiques et les palensw
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D*aillears il y avait tant de philosophes et d'orateurs par tout Tempire, principalement en Grèce et en Orient , qu*il se trouvait toujours parmi les chrétiens un grand nombre de bons écrivains.
On recommandait aux* fidèles de s'abstenir des livres des païens, comme étant capables de renverser la foi des faibles, et d'ailleurs inutiles. Car que vous manque-t-il dans laloi de Dieu? disait un ancien auteur. Si vous voulez de Vhistoire^ vous avez les livres des Kois, Si vou>s voulez de la philosophie et de la poésie, ^om avez les prophètes , Job , les ProverbeSy où vous trouverez plus d'esprit que dans tous les poètes et les philosophes, parce que ce sont les paroles de Dieu, qui est le seul sage. Si vous aimez les can^ tiques f vous avez les Psaumes. Si vous cJœrchez les anti^ quités, vous avez la Genèse. Enfin la loi du Seigneur vous
Î'ournit des préceptes et des avis salutaires Les évêqaes et es prêlres ne laissaient pas de lire des livres profanes, et de les employer utilement pour combattre les gentils par Fautorité de leurs poètes et de leurs philosophes. Ils faisaient profession d'embrâsser toutes les vérités, quelque part qu'elles se trouvassent écrites , comme leur appartenant, puisqu'ils étaient di»ciples de Jésus* Christ» qui est Le Verbe, Logos, c'est-à-dire la souveraine raison. Origène se servait utilement de toutes les sciences humaines pour attirer les gens d'esprit à la religion.