‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 45 sur 103 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Travail. — Profession.

C'était particulièrement aux riches que Ton recomman^ dait de lire assidûment l'Ecriture, pour éviter Toisiveté et la curiosité. Les autres faisaient divers métiers pour gagner de quoi vivre, payer leurs dettes et faire l'aumône ; mais ils choisissaient les métiers les plus innocents et qui s'accommodaient le mieux avec la retraite et l'humilité. Plusieurs même d'entre les riches se réduisaient à la pauvreté volontaire, en distribuant leurs biens aui pauvres, principalement dans le temps des persécutions, pour se préparer au martyre. Les premiers disciples des apôtres, qui travaillèrent après eux à la propagation de l'Evangile, en usaient de même par un motif encore plus relevé. Ils vendaient leurs biens, et«n donnaient le prix aux pauvres, atln d'aller avec plus de liberté prêcher la foi de tous côtés, dans les pays les plus éloignés. Plusieurs Chrétiens travaillaient de leurs mains , simplement pour éhter l'oisiveté ; car il était fort

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recommandé d6 fair ce vice entre les autres , et ceux qoi en sont les plus inséparables* savoir : Tiniiuiétude , la ca-^ riosité, la médisance, les visites inutiles* les promenades^ l'examen de la conduite d'autrui. Au contraire, on exhortait chacun à demeurer en repos et en silence^ occupé à quelque travail utile , principalement aux œuvres de charité envers les malades, envers les pauvres et tous les autres qui avaient besoin de secours.

La vie chrétienne était donc une suite continuelle de prière, de lecture et de travail, qui se succédaient selon les heures^ et n'étaient interrompus que le moins qu*il se pouvait par les nécessités de la vie. Mais quelque occupation qu*iJs eussent, ils la regardaient toujours comme Facces^ soire de la religion , qu'ils comptaient pour le principal et pour Tunique affaire qui les devait occuper toute leur vie. Leur profession était d'être Chrétiens purement et simple* ment; ils ne prenaient point d'autre qualité : et quand les juges les interrogeaient sur leurs noms^ leurs pays, leur con* dition^ ils disaient pour toute réponse : /e suis chrétien.

Ils n'aimaient pas les professions qui occupent ou dissipent trop^ le trafic^ la poursuite des affaires, les charges publiques ; et toutefois ils demeuraient dans les emplois où ils étaient avant leur baptême^ quand ils n'avaient rien d'io* compatible avec la piété. Ainsi on n'obligeait point les gens de guerre à quitter le service quand ils se faisaient chré* tiens ; on leur faisait seulement observer la règle qui leur est donnée dans 1 Evangile, de se contenter de leur paie, et de ne point faire de concussions ni de fraudes. Il y avait grand nombre de soldats chrétiens, témoin la légion Fulmi* nante du temps de Harc-Aurèle, et la Tbébéenue, qui souffrit le martyre tuut entière, avec saint Maurice son tribun, sous Maiimien-Herculius. La discipline militaire des Romains, qui se maiotenaU encore^ consistait principalement dans la frugalité, jdans le travail, dans l'obéissance et la patience, toutes vertus fort à l'usage des Chrétienâ, Ils évitaient pourtant quelquefois de s'enrôler, ou môme quittaient le service pour ne point prendre part aux superstitions des païens ; de manger des viandes immolées, d'adorer des enseignes où il y avait des idoles, de jurer par le génie de l'empereur, de se couronner de fleurs aux pompes profanes.

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