CHAPITRE ZIII
union des Chrétiens.
Tel était k peu prèa la vie des Chrétiens. Yojrons main-* tenant quelles étaient leurs assemblées. Le nom d'église, qui ne signifie qu'assemblée, se prenait dans les villes grecques pour l'assemblée du peuple, qui se faisait d'ordi<r* naire dans le théfttre pour traiter des affaires publiques^ Kous avons dans les Actes des apôtres un exemple de celte église profane d'Ephèse; et pour en distinguer l'assemblée des fidèles, on appelait celle-ci l'Eglise de Dieu. Origène répondant à Gelse fait la comparaison de ces deux sortes d'églises, et soutient comme un fait constant que les moins
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zélés des Chrétiens, qai étaient fort peu en cpmparaisoû des autres, étaient tellement au-dessus des autres hommes, que les églises chrétiennes étaient comme les astres dans le monde. Les Chrétiens de chaque ville faisaient donc un corps, et c^était un des principaux prétextes de persécu* tions ; car on traitait leurs assemblées d'illicites, parce qu'elles n*étaient point autorisées parles lois de TEtat. On leur faisait aussi un crime de Tunion que la charité formait entre eux, et on la faisait passer pour une conjuration.
En effet, les Chrétiens d'un même Heu se connaissaient tous, quand ce n'eût été que pur les assemblées qu'ils tenaient pour les prières et les autres exercices de la religion, et où ils se rencontraient presque tous les jours. Ils étaient souvent ensemble, et se conformaient les uns aux autres, même pour les choses indifférentes. Leurs joies et leurs afflictions étaient communes. Si quelqu'un avhit reçu de Dieu quelque grâce particulière^ tous y prenaient part ; si quelqu'un était en pénitence, tous demandaient miséricorde. Ils vivaient ensemble comme parents, s'appelaient toujours pères, enfants, frères et sœurs, selon Tftge et le sexe.
Cette union se maintenait par l'autorité de chaque père de famille, et par la'soumisHon aux prêtres et à Tévêque, tant recommandée dans les lettres du martyr saint Ignace. Les évéques surtout étaient fort unis entre eux, ils ne faisaient rien d'important que d'un commun consentement. Geui; de chaque province s'assemblaient souvent en concile quand ils en avaient la liberté. Les plus éloignés se connaissaient au moins de nom et de réputation, et entretenaient un commerce fréquent de lettres, ce qui était facile dans l'étendue de l'empire romain, que Dieu semblait avoir formé exprès, comme dit Origène, pour faciliter la prédication de 1 Evangile. Ces lettres avaient une furme particulière, pour éviter les fausssetés et pour conserver le secret 'si nécessaire dans les matières de cette importance, surtout en temps de persécution. Pour plus grande sûreté, on n'envoyait ces lettres que par des clé)rcs, et, quand on eu manquait, on en ordonnait plutôt exprès pour cette fonc^ tion. Mais, comme l'Ëgfi&e s'étendait bien au delà de l'empire, partout aux environs, l'uniformité de créance et de mœurs qui se trouvait entre tous les Chrétiens était encore plus adtiiirhbie dans cette grande diversité de peuples, où Ton voyait que la vraie religion avait corrigé en ses sectateurs toutes Les coutumes barbares et déraisonnables.'Cnfin FEgiise universelle était véritablement un seul corps,
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dont les membres étaient unis non-*seulement par une même fcn, mais encore par une charité sineère.