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CHAPITRE XIV

Assemblées. — Liturgie.

Chaque église particulière s'assemblait le dimanche, que les païens nommaient le jour du soleil, et que les Chrétiens ont toujours honoré en mémoire de la création et de la ré* surrection de Jésus- Christ. On s*asseniblait aussi Te vendredi, que les Chrétiens nommaient 'parawtct (préparation). Le lieu de rassemblée était une maison particulière, où Ton choisissait une des salles à manger^ que les Latins nommaient cénacles, et qui étaient au haut des maisons. Tel était le cénacle d*où tomba le jeune Eutyohius, que saint Paul ressuscita. {Actes des apôtres^ chap. xx.) Il était ë un troisième étage, éclairé de plusieurs lampes, et les fidèles 8*y étaient assemblés la nuit du dimanche pour la fraction du pain, c'est-à-dire pour la célébration des mystères* qui était suivie d*uo repas. Souvent la persécution obligeait de se cacher dans les cryptes oii caves souterraines hors les villes, comme les catacombes que Ton voit encore à Rome, et dont on a la description sous le titre de Rome sou-' ^ ierraine. Quand on avait plus de liberté, on s'assemblait dans les lieux publics, connus de tout lé monde pour élre l'église des Chrétiens. On en voit des exemples sous Tempereur Aieiandre et sous Gordien. L'empereur Gallien (an de J.-G. 260), faisant cesser la persécution, ordonna que Ton restituât aux Chrétiens leurs cimetières, qui d'ordinaire avaient des églises jointes; et quand Paul de Samosate fut déposé, l'empereur Aurélien commanda que la maison de Tégliae fût rendue à ceux qui étaient en la communion de Févéque de Rome. Quelques-unes de ces églises publiques avaient été des maisons particulières, comme on dit de celle du sénateur saint Prudens^ père de saint Nova et de saiut Tiuiothée prêtre^ et des vierges sainte Pudeotienne et sainte Praxède. Souvent aussi c'étaient de nouveaux bâtiments faits exprès. Un peu avant la persécution de Dioclôùen (an de J.-C. 303) on avait établi des églises par toutes les villes^ tant la muliitude des fidèles était augmentée, et la per&écution coiumeuça par la ruine de ce^ bâtiments. •

Dans ces assemblées on faisait les prières que j'ai marquées aux ditl'éreotes heures du jour et de la nuit ; mais de plus on y offrait le sacrifice, que l'on ne pouv^t

bire sans prêtre. On le nommait, par les noms de rBcriture, cène,. fraeHon de pain, oUaiUm; ou par les noms de collecte, du latin coUecta, assemblée; eucharistie, c'està-dire action de grâces ; IHurgie, qui veut dire service public. On le célébrait quelquefois avant le jour dans les temps de persécution, afin de n'être point troublé par les infidèles. Il n*y avait qu'un sacrifice dans chaque Eglise, e'est-à-âire dans chaque diocèse : c'était l'évoque gui l'offrait, et les prêtres ne le faisaient qu'au défaut de 1 évêque absent ou malade ; mais ils y assistaient et l'offraient tous avec lui. L'ordre de la liturgie a changé selon les temps et les lieux ; on y a ajouté quelques cérémonies, on en a retranché quelques autres ; mais l'essentiel a toujours été le même. Voici ce que nous en trouvons écrit dès les premiers temps.

Après quelques prières on lisait les saintes Boritures, premièrement de TAneien Testament, puis du Nouveau. On finissait toujours par la lecture de TEvangile^ que le prélat expliquait ensuite, y ajoutant quelque exhortation convenable au besoin de son troupeau. Puis ils se levaient tous, et se tournant vers l'orient^ les mains élevées an ciel, ils faisaient des prières pour toutes sortes de personnes, chrétiens, infidèles, grands et petits, particulièrement pour les afQigés , les malades , et les autres qui souffraient. Un diacre exhortait à prier : le prêtre faisait la prière, et le peuple s'y unissait, repondant Amen. Ensuite on offrait les dons, c'est-à-dire le pain et le vin mêlé d'eau qui devaient être la matière du sacrifice. Le peuple se donnait le baiser de paix, les hommes aux hommes, les femmes aux femmes, en signe de parfaite union ; puis chacun ofTrait les dons au prêtre, qui les offrait à Dieu au nom de tous. Il commençait alors l'action du sacrifice, en avertissant le peuple d'élever son cœur à Dieu, do lui rendre grâces, et de Tadorer profondément avec les anges et toutes les vertus célestes; puis il continuait jusqu'à ce que, racontant l'institution de l'eucharistie, et répétant les paroles de Jésus-Christ, il ftt la consécration, après laquelle il récitait avec le peuple l'Oraison dominicale ; et, après avoir pris la communion, il la distribuait à tous, par les mains des diacres, car régulièrement tous ceux qui entraient dans l'église devaient communier, particulièrement les ministres de l'autel. On recevait le corps du Seigneur avec une extrême précaution et un profond respect.

Quant à ceux qui n'avaient pu assister au sacrifice, on leur envoyait l'Euchariatie par des diacres ou des acolytes. On

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qh véserrait ana^i une parU^ pour le viatifae dta mouripli^ c*6st^Mire poui leur provision âa^alQgrafpdTayageqo'ils allaient foire. On permeUait aux 0dèlei de Tempeiter ches eui, pour la prendre tous lep matias avant toute autre nour^ riture ou dans les occasions de périU pomwe lorsqu'il fallsit aller au martyre , parce que Ton n'avait pas la liberté de s'assembler tous les jours pour célébrer ces mystères» Ce que Ton réservait pour les saints ou pour les malades n'était que la seule espèce du pain, quoique dans l'assemblée» tous ordinairement communiassent sous les deux espèce6% bora les petits enfants, à qui l'on ne donnait que l'espèce du vin. L'agape, qui suivait la communion dans les premiers temps^ était un repas de viandes ordinaires, qu'ils faisaient tous ensemble dans le niéme lieui Depu^ en le donna seulement aux veuves et aux pauvres^ Il y avait toujours une portion pour le pasteur, lors même qu'il était absent. Les prêtres et les diacres y avaient double portion ; on en donnùt une b chacw des lecteurs, des chantres et des portiers*

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