‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 50 sur 103 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Secret des mTitères.

C'était dans ces mâmea assemblées que Ton donnait tous les autres sacrements^ autant qu'il était possible ^ et c'est pour cela que les infidèles en étaient exclus avee tant de soin ; car on (d)9ervait inviolablement ee précepte du Sau« veur, de ne points dopner aux chiens les choses saintes et de ne point jeter les perles aux ponreeaux. De là vieni que Ton nommait les sacrements mystères, c'est^^à^dire choses cachées, et que l'on y gardait un secret inviolable. On les cachait non-seulement aux infidèles , mais aux eatéchu-* mènes. NouT-seulement on ne les célébrait pas devant eux, mais on n'osait mâme leur raoontef ce qui s^y passait, ni prononcer en leur présence les paroles solennelles, ni même parler de la nature du sacrement. On en écrivait encore moins ; et si, dans un discours pubUc on dans un écrit qui pâit tomber ^ des mains profanes , on était obligé de parler de l'eucharistie, ou de quelque mystère, on le fai-* sait en termes obscurs et éoigmatiques. Ainsi, dans le Nouveau Testament, romvfTe le pain signifie conisacrer et distribuer l'eucharistie , ce que les infidèles ne pouvaient entendre. Cette discipline a doré plusieurs siècles après la liberté de rBglise. Il faut seulement excepter les apologies, dans lesquelles les Pères ont expliqué les mystères, pour

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justii&et les Chrétiens des calomnies qu'on leur imi>utaH. Au rMe, il n'était pas étrange aux pafens de voir des secrets dans h religion ; ils en faisaient autant pour leurs céréinoàies. Ceux qui étaient initiés aux mystères d'Isis , d'Ov^iriSy de Gérés, d'Eleusine ou de Gybèle, ou des dieux de Samôihrace, ou d'autres semblables, se croyaient obligés à les cacher sous de grandes malédictions, et passaient pour impies et pour scélérals s'i's venaient à les révéler. Apulée en fournit un exemple fort précis^ et c'est ce qui fait souvent dire à Hérodote, parlant de diverses cérémonies de la religion des Egyptiens et des autres : « J'en sais bien la raison, mais je n'ose pas la dire. »

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