‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 53 sur 103 · CHAPITRE XVIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIU

Forme dei jugements. — SappUees.

Il n'est pas merveilleujL que cette haine publique attirât aux Chrétiens des persécations ; mais peut-être quelqu'un s'étonnera que les Romains, qui dans leurs lois et le reste de leur conduite nous paraissent si pleins de sagesse et d'équité, exerçassent sur d'autres Romains et enfin sur dçs hommes les cruautés q^e nous lisons dans les histoires des martyrs; que les juges fissent tourmenter les accusés en leur présence, dans la place publique, devant tout le peuple, et qu'ils employassent des supplicei^ si divers , qui semblent avoir été arbitraires. Peut-être ne sera-t-il pas inutile de voir ce qui était de leurs lois et de leurs mœurs, et ce que le faux zèle de la religion et la politique y ajoutaient.

Lep Romains faisaient publiquement à Taudience tous leurs actes judiciaires, les procès criminels aussi bien que les civils, l'instruction aussi bien que le jugement; et let audiences se tenaient dans la place publique. Le magistrat était. sous une galerie couverte, assis sur un tribunal élevé, environné de ses officiers, avec les licteurs portant des haches et les faisceaux de verges, et des soldats toujours prêts k exécuter ses ordres ; car les magistrats romains avaient l'exercice des armes aus^ bien que de la justice. Les peines de chaque crime étaient réglées par les lois, mais difTérentes selon les personnes : toujours plus rigoureuses contre les esclaves que contre les hommes libres, contre les étrangers

Sue contre les citoyens romain^; de 14 vient que saint Faul ut décollé comnie citoyen, et saint Pierre crucifié comme Juif. La croix était le plus inf&me de tous les supplices, et ceux qui devaieut y être attachés étaient d'ordinaire battus de verge auparavant , et brûlés aux côtés avec des fers rouges ou des flambeaux. La question se donnait aussi en public , et était fort cruelle ; on doit y rapporter la plupart des tourments des martyrs; car les lois romaines, comme les nôtres^ ne permettaient de tourmenter les ficea-

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sé9 qQ'l^ la Quesiion, et on empbyaît j^ar fi^re avottor au9 Cbrétiens leura prétendus cnmes les moyens dent on se servait pour faire avouer aui autres leurs erimes effectifo^ la même manière de donner la question par Textension des membres, le fouet, le fer et le feu, durait eneore sous les empereurs chrétiens. On le voit par Texemple de saint Eutrope et de saint Tigrius, qui furent ainsi tourmentés sous d'autres prétextes, en haine de saint Gbrysostome. Il était d'ordinaire de condamner les personnes viles k travailler aux mines , comme aujourd'hui aux galères , ou de les destiner à être exposées aux bêtes de l'amphithéâtre pour divertir le peuple ; il pouvait y avoir encore divers gemmes de supplices usités en diverses provinces , et on ne peut nier que les magistrats n'en aient souvent inveoté de nouveaux contre les Chrétiens , principalement dans les dernières persécutions , où le dépit de les voir multiplier s'était tourné en fureur, et oii le dérpon leur suggérait des moyens de tuer les âmes plutôt que les corps. Je ne crois pas qu'i^setrouved'exempleque Ton ait condamné d^autres que les vierges chrétiennes à être exposées aux derniers outrages* L'amour de la chasteté qui éclatait dans les Chrétiens fit imaginer cette espèce de supplice, et d^autres encore de ce genre dont parle saint Jérôme. Eqfin il y a eu un trèso

Eand nombre de martyrs tués ou tourmentés sans aucune rme de justice, soit par la populace mutinée, soit par leurs ennemis particuliers.

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