‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 55 sur 103 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

• Actes des martyrs.

Pendant ces tourments on interrogeait toujours ; tout ce qui se disait ou par le juge ou par les patients était écrit mot pour mot par des greffiers, et il en demeurait des procès-verbaux bien plus exacts que tous peux que font aujourd'hui les officiers de justice; car, comme les anciens avaient Fart d'écrire par des notes abrégées dont chacune signifiait un mot, ils écrivaient aussi vile que l'on parJait, et rédigeaient précisément les mêmes paroles qui avaient été dites, faisant parler directement les personnages ; au lieu que dans nos procès-verbaux tous les discours sont en tierce personne et rédigés suivant le style du greffier.

C'étaient ces procës-vérbaux qu'ils appelaient actes. Les Chrétiens étaient soigneux' d^avoir des copies des procès faits à leurs frères^ et les achetaient chèrement. Sur ces actes et sur ce qu^ils observaient de leur côté, les passions des martyrs étaient écrites et conservées par autorité publique dans les églises. Ou dit que le pape saint Glétnent avait établi à Rome sept notaires dont chacun avait cette charge en deux quartiers de la ville : et saint Cyprien, durant Ta persécution, reôdmn^atiâait de inarqîier solgbéusement le jour où chacuii aurait fini son martyre. Plusieurs de ces actes dés martyrs périrent dans la persécution de Dioclétlen ; et quoique Eusèbe de Césarée en eût encore ramassé un grand nombre, son recueil à été perdu. Dès le temps du pape saint Grégoire il ne s'en trouvait plus à Rome \ on avait seulement des catalogues de leurs noms avec la date de leur bienheureuse mort^ c'est-à-dire des martyrologes. Mais il s'^était conservé d'ailleurs quefiques actes des martyrs, dont les religieux bénédictins ont donné depuis un recueil en latin, sous le nom d'actes choisis et sincères , et j'en ai inséré la plupart dans mon Histoire ecclésiastique.

Dans ces interrogatoires on pressait souvent les Chrétiens de dénoncer leurs complices, c'est-à-dire les autres Chrétiens, surtout les prêtres et les évéques qui les instruisaient et les diacres qui lés assistaient, et dé livrer les saintes Ecritures. Ce fut particulièrement dans la persécution de Dioclétién (an de L-C. 303) que les païens s^attachèrent à faire périr les livres des Chrétiens, étant persuadés que c'était le moyen le plus sûr d'abolir leur religion. Ils les recherchèrent avec grand soin et en brûlèrent autant qu'ils en purent saisir. Ils allaient même faire perquisition dans les églises et dan» las maisons des lecteurs et des particuliers. Sur toutes ces sortes de questions les Chrétiens Î [ardaient le secret aussi religieusement que sur les mysères : ils ne nommaient jamais personne ; mais ils disaient que Dieu les avait instruits, que Dieu les avait assistés; qu'ils portaient les saintes Ecritures gravées dans leur eœur. On appelait rtMitéwri ou Trattres ceuï ([tii étaient asses Iftches pour titrer les saintes Ecritures ou pouf découvrir leurs frères ou leurs pasteurs. Si les martyrs pendant les tourments proféraient auelqaes paroles, ce n'étdt guère que pour louei" Dieu et implorer sa miséricorde et son secours.

DBS. caultiBtts. I6f

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