‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 58 sur 103 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Confesseurs.

Ceux que Ton ne voulait pas faire mourir étaient ou relégués simplement, ou bannis de cette espèce de bannissement que les Romains appellent déportation, et qui emportait mort civile. On envoyait pes bannis ou dans les îles les moins habitées, ou dans les pays barbares, aux frontières de Fempire. La relégation était pour les personnes de grande qualité ; la déportation pour les moindres ; et pour ceux d'une condition encore plus basse, on les condamnait à travailler aux ouvrages publics, particulièrement aux mines. Ils étaient esclaves du public, marqués d'ordinaire sur le front avec des fers chauds, afin de pouvoir être reconnus s'ils s'enfuyaient. II3 avaient toujours les fers aux pieds ; ils étaient mal nourris, mal vêtus, souvent battus et maltraités ; enfin leur condition était pour le moins aussi misérable que celle de nos forçats de galère. Les Chrétiens avaient grand soin de les assister et d'adoucir leurs peines autant qu'ils pouvaient.

Tous ceux qui mouraient dans cet état pour la foi étaient comptés au nombre des martyrs; et ceux çui revenaient de leur exil ou de leur servitude étaient mis au rang des confesseurs; car on donnait ce nom à tous ceux qui avaient souffert quelques peines pour la foi, et généralement i tous ceux qui l'avaient confessée publiquement devant les juges. On leur faisait de grands honneurs tout le reste de leur vie, et souvent on les élevait aux saints ordres.

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