‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 65 sur 103 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Malades.

Les Chrétiens avaient grand soin de la visite des malades, si recommandée dans TEvangile. Alexandrie étant affligée d'une cruelle peste du temps de Valérien, en 260, ils profitèrent 4^ cette occasion pour montrer leur charité envers leurs persécuteurs ; et ils assistèrent les malades si généreusement, que plusieurs, tant clercs que laïques, moururent et furent honorés comme martyrs. Les prêtres visitaient les Chrétiens malades, pour les consoler, prier pour eux, et leur administrer les sacrements. Le viatique se donnait sous la seule espèce du pain, et pouvait être porté par un laïque en cas de nécessité , comme il parait par Thistoire du vieillard Sérapion. Outre l'onction de rhuile sacrée . portée par l'ordonnance de saint Jacques , souvent ils guérissaient les malades par l'application a une autre huile bénite, qui se donnait IndifTéremment aux fidèles ou aux infidèles, par les clercs ou par les laïques, selon qu'ils avaient reçu le don des miracles. Quelquefois on employait pour cet effet l'huile des lampes qui brulaieht devant les sépulcres des martyrs.

Lés païens n'ayant point d'espérance après la inort, la regardaient purement comme un mal qui les privait des biens de la vie, où comme un anéantissement qui les déli* vrait de tous leurs maux. Il nV ^vait pte$que plus personne qui crût ce que les poètes racontaient dés supplices ou des récompenses de l^autre vie. Aussi on ne songeait point à éxborter les mourants, mais à les divertir; ils travaitlaieiiit de leiii: côté mèoie à faire durer le plus qu'ils pouvaient les plaisirs de la vie. Leur maxime était, comme le rapporte

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saint t^aul après Isaîe : Buvons et mangeons^ puisque nous mourrons demain. C'est là que se terminent toutes les moralités d'Horace. La mort de Pétrone, soUS Néron, en est Yeiemple le plus fort que je connaisse. Accusé d*aYoir treiùpé dans une conjuration contre l'empereur, il voulut prévenir le jugement qui allait l'atteindre, se fit ouvrir les veines, et mourut en s'entretenant avec ses amis des plaisirs ei des voluptés raffinées auxquels sa vie avait été livrée. Ceux qui étaient plus sérieux se consolaient par la philosophie'et cherchaient à mourir tranquillement.

Les Chrétiens , ayant d'autres maximes^ ne regardaient la oiort que comme la porte de Tëternité. Ainsi, vivant bien la t)lupart, ils la souhaitaient plus qu'ils lie la craignaient, et ils s'affligeaient moins de la perte setisible de leurs patents et de leurs amis qu'ils ne se réjouissaient de leur bonheur éternel et de l'espérance de les revoir dans le ciel. Ils ne comptaient leur mort que pour un sommeil, suivant lè langage de FEcriture , et de là Vient le nom de cimetière, qui en grec ne signifie qu'un dortoir.

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