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CHAPITRE XXXVI

Ornements deç églises*

Tout cela était orné magnifiquement. Le ciboire et les colonnes qui le soutenaient étaient souvent tout d'argent, et il y en avait du poids de trois mille marcs. Entre ces colonnes on mettait des rideaux d'étoffes précieuses pouf ^û«f^..,v,çp l'autel des quatre côtés. Lé ciboire était orné

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d^images et d'autres pièces d'6r et d'argent, comme d'une croit, pour le terminer en haut. On suspendait aussi sur les aoteis des colotnbes d'or ou d^ârgent, pour représenter le Saint-Esprit. Quelquefois on y enfermait l'Eucharistie que Ton gardait pour les malades, et quelquefois on lagar-^ daît dans de sîffiples belles, telles que sont nos ciboires» Quelquefois on couvrait d'argent l^abside entière ; du moins on la revêtait de marbre, aussi bien que la conque. Les colonnes qui soutenaient la basilique étaient de marbre avec des ctiapiteaux de bronze doré. Elle était payée de tnarbre, et souvent tout incrustée en dedans.

On employa, surtout dans lés siècles suivants, les ou* vrages de mosaïque ^ qui est une marqueterie de petitei pièces de verres peintes de diverses couleurs. Ou en fait de toutes sortes de figures, qui ne s'effacent jamais. Ce n'est pas que les églises n'eussent aussi d'autres peintures ; leurs murailles en étaient ornées pour la plupart: on y Voyait diverses histoires de l'Ancien Testament , surtout celles qui étaient des figures des mystères du Nouveau « comme Tarche deNoé, le sacrifice d'Abraham, le passage de la tneir Rouge, Johas jeté dans la mer, Daniel entre les lions« On y voyait en plusieurs endroits la figure du Sauveur, et quelques-uns de ses miracles, comme la multiplication des paiûs.et la résurrection de Lazare. Eusèbe témoigne que, dans les places de Constantinopie, Constantin nt mettre le bon pasteur et Daniel entre les lions; et ailleurs il dit que dès les premiers temps on avait gardé les images des apOtres saint Pierre et saint Paul, et de Jésus-Christ même, peintes avec des couleurs, l'usage étant inviolable chez les anciens d'honofer ainsi les bientaiteurs. Toutefois saint Augustin avoue que de son temps on n'avait point leurs vrais portraits, tnais. seulement des images faites ^ur Ae$ souvenirs plus ou moins fidèles. Enfin l'on représentait dans chaque église l'histoire du martyr dont les reliques y reposaient. Prudence nous en donne deux beaux exemples de saint Cassien çt de saint Hippoiyte, et Astérius celui de sainte Euphémie. Ces peintures étaient faites principalement pour les ignorants, à qui elles servaient de livres^ comme dit le pape Grégoire II en écrivant à l'empereur Léon, qui fut le principal appui de l'hérésie dite des Iconoclastes dans le via* siècle: Les hommes et les femmes, tenant entre leurs bras les petits enfants nouveau-baptisés, leur montrent du doigt les histoires^ ou aux jeunes gens ou aux gentils étrangers; ainsi ils les édifient et élève'^*

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leur esprit et leur ccmr à Dieu, Les portes de Téglise étaient ornées d'ifoire, d'argent ou d'or, et toujours garnies de rideaux. Aux principales portes on mettait des reliques, d'où venait le grand respect que les fidèles leur rendaient.

Lé diaconicum ou sacristie était un bâtiment considérable joignant Téglise. Là était le trésor des vases sacrés; c'est pourquoi il n'y entrait que les ministres qui avaient droit de les toucher. On y gardait aussi les livres, les habits sacerdotaux, les autres meubles précieux, les oblations des fidèles, et quelquefois l'Eucharistie, dans une boite enfermée d'un tour d'ivoire. Le secretarium était un grand cabinet, ou plutôt une salle dans laquelle l'évêque assemblait son clergé pour traiter en secret desatTaires ecclésiastiques, ou pour se préparer au sacrifice, comme saint Martin, qui avait accoutumé d'y passer trois heures en oraison avant la messe. Il y en avait d'assez spacieux pour tenir des conciles.

On avait grand nombre de calices et de patènes, qui dans les premiers temps n'étaient souvent que de verre; mais souvent aussi d'argent ou d'or, même durant les persécutions. En latin le nom de calix signifie une coupe ordinaire pour boire, et patina^ un plat pour servir les viandes. Les calices des églises étaient la plupart du poids de trois marcs. Les patènes étaient de grands bassins jusqu'au poids de quarante-cinq marcs, et communément de trente. On se servait dès lors de cierges, et on en allumait toujours grand nombre, même en plein jour,*avec grand nombre de lampes. C'étaient depuis longtemps des marques de respect et de joie ; et il en est parlé dans le livre des Machabées. On portait du feu devant les magistrats romains, et la Notice de Tempire nous représente, entre les marques de la plupart des grands officiers, une table qui porte un livre posé sur un coussin, quelquefois découvert, quelquefois couvert d'un voile, et accompagné de deux chandeliers avec des cierges allumés : ce qui a bien du rapport avec nos autels. On trouve des chandeliers d'or donnés aux églises dans les premiers temps, jusqu'à trente-sept marcs la pièce, et d'argent jusqu'à quarante-cinq marcs. On trouve l'usage des cierges parfumés même dans les provinces, comme au baptême de Clovis.

Le baptistère était d*ordinaire bâti en rond, ayant un enfoncement où l'on descendait par quelques marches pour enlrer dans Teau; car c'était proprement un bain. Depuis on se conlenta d^une grande cuve de marbre bu de porphyre.

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comme une baignoire : et enfin on se réduisità un bassin, comme sont aujourd'hui les fonts. Le baptistère était orné depeintures convenables h ce sacrement, et meublé de plusieurs vases d'or et d'argent pour garder les saintes huiles et pour verser Teau. Ceux-ci étaient souvent en forme d'agneau ou de cerf, pour représenter l'Agneau dont le sang nous lave, et pour marquer le désir des âmes qui cherchent Dieu, comme un cerf altéré cherche une fontaine, suivant l'expression du psaume. On y voyait limage de saint Jean- Baptiste, et une colombe d'or ou d'argent suspendue sur le bain sacré, pour mieux représenter toute l'histoire du baptême de Jésus-Christ, et la vertu du Saint-Esprit, qui descend sur l'eau baptismale. Quelques-uns même disaient le Jourdain pour dire les fonts.

Tels étaient à peu près les anciennes églises et les bâtiments qui les accompagnaient, sans parler de la maison de l'évêque et du logement des clercs, d'où vinrent dans la suite des siècles les cloîtres des chanoines, sans parler aussi des hôpitaux de diverses sortes, quittaient d'ordinaire près de la principale église.

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