CHAPITRE XLÎ
H4bit8 sacrés*
Après tôtïtès éés préparations, commençait le sacrifice. Les diacres, aidés des sous-diacres, mettaient la nappe sur l'autel, et sur une table que nous appelons crédeme, d'un mot italien qui signifie un buffet ; ils préparaient tous les vases sacrés, entre autres les patènes et les calices , et les couvraient d'un voile pour les tenir plus proprement. L'é- Véque descendait de sa chaire et s'approchait de l'autel, regardant toujours le peuple en face, revêtu d'une robe éclatante aussi bien que les prêtres et les autres ministres; car dès lors on avait des habits particuliers pour l'office.
DES CHBÉtlENS. !lill
Ce n*est pas que ces habits fussent d'une figure eitraordinaîre. Le pa];)e Gélestin ^% éctivant aux évêc[ues de Gaule en 428, leur dit • « Il faut tious distinguer du peuple non par rhabit, mais par 1^ doctrine et par les mœurs, et ne pas chercher à imposer aut j^eux des simples par un extérieur singulier. » La cbasoble était un habit vulgaire du temps de saint Augustin. La dalmatique était en us^edès le temps de Tempereur Valérien. L'étole était un manteau, comnjun, même auxfemmes; etnous Tavons confondu avec Yorarium, qui était une bande de Ungc dont.se servaient ceux qui voulaient être propres, pour arrêter la sueur autour du coii et du visage; enfin le manipule, en latin mappala, n'était (]u*une serviette sur le bras pour servir à la sainte table. L'aube môme, c'est-à-dire la robe blanche de laine ou de lin, n'était pas au commencement un habit particulier aux clercs, puisque l'empereur Aurélien fit au peuple romain des largesses de ces sortes de tuniques, aussi bien que de ces grands mouchoirs qu'ils appelaient ôraria.
Mais depuis que les clercs se furent accoutumés h porter l'aube conlinuellemeût, on recommanda aux prêtres d'en avoir qui ne Servissent qil'à Tautel « afin qu'elles fussent plus blanches. Ainsi il est à croire que du temps qu'ils portaient toujours la chasuble et la dalmatique, ils en avaient de particulières poux l'autel, de même figure que les communes, mais d'étoffes plus riches et de couleurs plus éclatantes ; surtout les canons recommandent aux prêtres et aux diacres de ne point servir sans Yorarium, que toutefois ils défendent aux ministres inférieurs.
Ils voulaient que les clercs donnassent une grande idée de leurs fonctions, même par leur extérieur; que la netteté de leur visage , de leurs mains , de leurs vêtements , fût un signe de la pureté du cœur et de l'innocence de la vie ; que la modestie et la gravité de leurs regards , de leur contenance, de leur démarche, exprimassent lé respect et la piété. Les prélats y étaient si délicats, que saint Ambroise rejeta de son clergé deux jeunes hommes dont l'un avait la port indécent, l'autre marchait d'une inanière choquante ; et l'événement justifia qu'il avait bien jugé de l'un et dô l'autre. Saint Grégoire de Nazianze et saint Basile^ long-temps avant l'apostasie de Julien, reconnurent le dérèglement de son esprit à sa démarche, aux mouvements de ses épaules et à ses éclats de rire. Il faut toujours se souvenir que ces Pères étaient des Grecs ou des Romains, nourris dans une extrême politesse, et dans les plus nobles idées
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de la Téritable bienséance ; ou plutôt qu'ils méditaient continuellement FEcriture, où il est dit que la manière de s*habiller, de rire et de marcher^ fait connaître Thomme.