‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 78 sur 103 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

Offices floleaiL^s,

Tout l'office était accompagné de chant. lien est parlé dès les premiers temps ; mais il est à croire que l'on chanta encore plus quand l'Eglise fut en pleine liberté. Saiot Augustin attribue à saint Ambroise d'avoir introduit en Occident le chant des psaumes, à l'imitation des Eglises orien-; taies. Saint Basile témoigne que de son temps tout le peuple chantait dans les églises : les hommes^ les femmes, les enfants; il compare leurs voix aux eaux de la n^er. Saint Grégoire de Nazianze la compare à un tonnerre. Saint Basile dit aussi que l'on chantait des psaumes et dans les maisons particulières et dans les places publiques ; et que les chants en étaient si agréables^ que ce plaisir aidait à faire entrer dans les esprits les sentiments divins dont ils sont remplis, qui est le vrai but de la musique. La tradition de la musique antique subsistait encore, et distinguait deux genres de chants selon les sujets, doux ou véhéments, gais ou tristes, graves ou passionnés. Il est donc à croire qu'ils choisirent ceux qui convenaient à la majesté et à la sainteté de la religion , et qu'ils se gardèrent bien d'appliquer aux saints mystères et ^ux louanges de Dieu les airs efféminés et propres à amollir les cœurs ou à remuer les passions dangereuses. On reprocha souvent à l'hérésiarque Arius sa Thcuie, c'est-à-dire un cantique qui renfermait sft doctrine, mais dont la mesure et le chant étaient pris de chan30ns infâmes de Sotadès, poète grec qui vivait dans le iif*" siëclq avant Jésus-Christ. Toutefois saint Augustin trouvait encore quelque chose de trop doux au chant des Occidentaux, et croyait plus sûre la pratique de saint Atbanase^ qui faisait

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