‹ Les mœurs des Israélites et des ChrétiensChapitre 79 sur 103 · DES CHB^TIENS. SIS · texte numérisé non relu

DES CHB^TIENS. SIS

réeiUr les psaumes par uu lecteur dTec si peu de flexioa de voîx^ que c'était plutôt une prononeiatjoo qu'un chant. Je laisse à ceux qui sont savants en niuûque à examiner si dans notre plain-chant il reste encore quelque trace de cette antiquité ; car notre musique moderne semble en être fort éloignée. Daps cet art, on n*a pas de modèles permanents , comme dans la sculpture et Tarchitecture. Quant au chant des oraisons et des leçopç, il est aisé de voir qu'il ne consiste qu*en très-peu de tons, pour aider à soutenir la voix et à marquer la distinction des périodes.

Je pense en avoir assez dit pour montrer que les saints évoques de ces premiers siècles avaient su fort sagement employer tout ce qui frappe agréablement les sens, pour imprimer les sentiments de religion dans Tâme même des plus grossiers. Représentons-nous les fidèles de Rome assemblés la veille de Pâques, sous le pape saint Léon, dans la basiliqpedeLatran. Après la bénédiction du feu nouveau, lorsqu'un nombreincroyable de lumières rendait cettesainte nuit aussi belle qu'un beau jour, c'était sans doute un charmant spectacle de voir cet auguste lieu rempli d'une multitude innombrable de peuple sans tumulte, sans confusion, chacun étant placé selon son âge, son sexe et son rang dans l'église. On y regardait entre autres ceux qui devaient recevoir le baptême en cette même nuit, et ceux qui deux jours auparavant avaiept été réconciliés ^ l'Eglise^ après avoir accompli leur pénitence.

Les yeux étaient frappés de tous côtés par les marbres et les peintures, par ^écl^t de l'argent, de l'or et des pierreries qui brillaient sur les vaisseaux sacrés, principalement près du saint autel, [.e silence de la nuit n'était interrompu que par la lecture des prophéties , distincte et intelligible, et par le chant des versets quiy sont entremêlés pour rendre l'un et l'autre plus agréables. Par cette variété, l'âme, frappée tout à la fois de grands et de beaux objets , était bien mieux déposée à profiter de ces lectures diyioes^ y étant préparée d^ailleurs par une étpde continuelle.

Quelle était la modestie des diacres et des autres ministres sacrés, choisis et élevés par un prélat et servant en sa présence , ou plutôt en la présence de Dieu , que la piété lui rendait ti)i|jours sensible I Mais quelle était la majesté du pontife lui-même, si vénérable par sa doctrine, sqn éloquence^ son zèle, son courage et toutes les autres vertus l avec quel respect et quelle tendresse de piété prononçait-il sur les fonts sacrés ces prières qu'il avait composées, et

que ses successeurs ont trouvées si saintes^ qu*ils nous les ont conservées dans la suite de douze siècles! Je ne m'étonne plus si les Chrétiens oubliaient en ces occasions le soin de leur corps^ et si; après avoir jeûné tout le jour, ils passaient encore toute cette sainte nuit de la résurrection en veille et en prières, sans prendre de nourriture que le lendemain.

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