‹ Les musées d'AllemagneChapitre 16 sur 62 · VAN DYCK. PORTRAIT D EBERHARD JABACH · texte numérisé non relu

VAN DYCK. PORTRAIT D EBERHARD JABACH

(Musée de Cologne, i.° 624.J — Dessin d'Eugène Brossé.

là modèles à son gré et l'entrain, la bonne humeur et la crânerie de son pinceau ont pu se donner carrière dans ces sincères images. On regrette en leur présence que l'artiste ne se soit pas plus fréquemment appliqué à ces vivantes représentations de la nature , au lieu de multiplier à l'excès les scènes mythologiques ou sacrées, d'un goût toujours douteux, dans lesquelles trop souvent il s'est égaré.

Nous aurons fini avec les Flamands en signalant un délicieux petit tableau de D. Teniers acheté en 1868 à la vente de la marquise de Rodes. Il s'agit, comme chez Jordaens, d'un vieux ménage, mais ce sont cette fois de pauvres paysans, bien propres d'ailleurs et tous deux occupés à dévider de la laine dans leur chaumière. Le rouet, la quenouille, les pots, tout le modeste mobilier de ce couple rustique sont traités, vous le pensez bien, avec la vivacité spirituelle que Teniers sait mettre à ces menus détails. Mais les personnages ne sont pas ici, comme il lui est arrivé maintes fois, sacrifiés aux accessoires, et il y a dans les physionomies de ces deux vieillards, dans l'aide affectueuse qu'ils se prêtent mutuellement, quelque chose d'imprévu et de touchant et comme une pointe de sentiment que le peintre n'a pas eu souvent occasion d'exprimer dans les bouges équivoques et les distractions assez grossières qui forment ses données les plus familières. Ajoutez que la conservation de cette petite peinture est si excellente, qu'elle semble faite d'hier et qu'on y goûte dans tout son piquant l'esprit de la touche, et dans toute sa fleur le charme d'une harmonie sobre et distinguée où les gris, qui dominent, sont relevés çà et là par quelques tons bleus répartis avec un à-propos exquis.

Malgré plusieurs acquisitions récentes et qui ne figurent même pas encore toutes au catalogue , l'école hollandaise ne brille à Cologne ni par le nombre, ni par l'importance de ses œuvres. Nous ne nous y arrêterons pas longtemps, car nous retrouverons les maîtres de cette école représentés d'une manière plus complète et plus remarquable clans les autres musées de l'Allemagne. Contentons-nous donc de signaler quelques-unes de leurs productions les plus saillantes. Parmi les précurseurs de Rembrandt ou parmi ceux de ses contemporains qui ont échappé à son influence, nous rencontrons d'abord Moreelse avec

le portrait d'une dame de la famille Van Elburgh (n° 611), un peu froid, mais, comme d'ordinaire, consciencieux et correct. Un autre portrait de femme, par Mierevelt (n° 608) et dont nous donnons ici la date et la signature :

nous montre un des bons exemplaires de ce talent assez inégal et qui trop souvent a compromis des qualités très réelles par la hâte d'une fabrication excessive. Le peintre, cette fois, s'est appliqué ; il a poussé plus loin et avec un soin plus délicat l'étude de ce gracieux visage qui, encadré par ses cheveux blonds et par une large fraise blanche, s'enlève doucement sur le gris du fond. La peinture, d'une pâte plus abondante, les carnations plus fraîches et la finesse du dessin montrent ce que vaut Mierevelt quand il ne cède pas à ses instincts intéressés.

C'est aussi parmi les Hollandais qu'il faut ranger, à cause de sa naissance et de sa première éducation, un peintre qui a longtemps vécu en Angleterre, Janssen van Ceulen, dont nous trouvons ici deux grands portraits de belle tenue, avec ces physionomies un peu féminines, ces yeux brillants et cet air de distinction accomplie qui le font reconnaître de loin. Van Ceulen devait plaire à l'aristocratie anglaise dont il a été l'un des peintres attitrés, et Van Dyck, à côté de qui il a travaillé, n'a pas laissé, on peut s'en convaincre, d'exercer quelque influence sur son talent. L'exécution chez lui est cependant très personnelle; elle est même assez uniforme. On trouve charmants ses portraits quand on les rencontre dans quelque musée ; mais ils semblent à la longue de complexion un peu débile et l'aspect de ces visages qu'on croirait tous appartenir à une même famille finit par paraître monotone. Van Ceulen n'a pas le sens de la vie qui distingue les grands portraitistes et qui leur permet de mettre nettement en relief avec leurs contrastes l'infinie variété des tempéraments humains.

Un peintre dont les œuvres sont rares et qui, pour ce seul motif, ne jouit pas de toute la réputation qu'il mérite, c'est Géeritz Cuyp, le

père du célèbre Albert. Le musée de Cologne possède de lui deux tableaux. Le premier en date — il est signé et porte le millésime de 1 638 — nous montre deux bambins de figure souriante, le frère et la sœur, assis au milieu de la campagne et caressant un agneau. La petite fille, couronnée de roses d'églantier, de boutons d'or et de muguets, est vêtue d'une robe bleu clair à liseré d'or. Son frère, plus âgé qu'elle, porte une houppelande violette garnie de fourrures. Sans doute , à en juger par le costume , ce sont des enfants de riche famille, et le peintre a pris soin d'inscrire minutieusement au-dessous de chacun d'eux leur âge, avec le nombre exact des années et des mois. Un jeune chien et deux petites houlettes sont placés auprès des deux bambins et, au fond de la prairie où ils sont assis, on aperçoit deux petites vaches très correctement indiquées , et que le livret a grand tort d'attribuer à Albert Cuyp, puisque son père était lui-même un peintre de paysage et d'animaux fort habile. Géeritz Cuyp a d'ailleurs au musée de Cologne une œuvre plus importante, le Portrait d'un vieillard , saine et vigoureuse peinture, avec sa signature et sa date :

modelée franchement, en pleine pâte, et nuancée par des dégradations très délicates. Les luisants des carnations y sont indiqués avec une justesse si étonnante qu'on croirait voir les palpitations et la moiteur même de la vie.

En l'absence de Rembrandt, voici d'un de ses contemporains, L. Bramer, l'étude d'un homme vêtu de noir et coiffé d'une toque qui projette sur son visage une ombre colorée. L'œuvre est-elle antérieure à Rembrandt, ou plutôt ne dérive-t-elle pas du maître ? Il serait intéressant de le savoir. Nous n'avons pas d'ailleurs une confiance illimitée dans cette attribution et nous ne serions pas non plus très disposé à garantir la paternité de C. Fabritiuspour un autre portrait peint en plein soleil (n° 664 a), étude assez curieuse à cause de la franchise de l'effet et de la puissance des intonations. Le costume,

d'un violet intense, et le visage pâle, avec ses lèvres roses et ses grands yeux au regard profond, sont traités d'une manière très remarquable au point de vue du clair-obscur. Fabritius — si c'est bien en effet de lui qu'il s'agit icj. — était à bonne école, mais sur lui, comme sur tous ses autres élèves, Rembrandt a exercé une influence trop directe et trop absolue pour qu'on s'intéresse beaucoup à leurs tentatives. Le talent du maître est si personnel, il s'imposait avec un tel ascendant, qu'il a complètement éteint leur originalité. C'est par les côtés extérieurs qu'ils l'imitent, mais il conserve vis-à-vis d'eux toute la supériorité de son génie inventif, et même dans leurs meilleurs ouvrages ils ont l'air de le copier. En face de la Vocation de saint Mathieu, de Koninck, malgré l'élégance et le charmant fini de cette petite toile, on ne songe guère qu'à Rembrandt, tant les emprunts y sont évidents. Le grand tableau de G. van Eeckhout, Esther et Assuérus, peut-être la plus importante de ses œuvres, fait aussi tout l'effet d'une réminiscence. On serait injuste pourtant de ne point s'y arrêter, car, si on ne se laisse rebuter ni par la singularité des costumes, ni par la dimension de ce turban qui donne à Assuérus l'apparence d'un Turc de carnaval, l'impression de la scène est vraiment saisissante. La figure persuasive d'Esther se plaignant à son époux, le regard interrogateur et soupçonneux qu'Assuérus fixe sur Aman, le trouble de celui-ci, la diversité des sentiments qui agitent ces trois personnages et l'unité vraiment pathétique de l'action arrivée à ce moment décisif, tout ici, dans les attitudes et l'expression des visages, atteste un sens de la composition très supérieur à ce que d'ordinaire on rencontre chez les élèves de Rembrandt. Il n'en est guère assurément pour s'être approché aussi près du maître, pour avoir su, avec un pareil succès, s'approprier ses intonations mystérieuses, l'éclat de ses carnations et l'accompagnement de tons sourds et ambrés qu'il excelle à leur donner. Si autour de Rembrandt il était bien difficile d'échapper aux séductions de son génie, l'art de la Hollande présentait pourtant alors la plus rare réunion de talents originaux. Dans ce domaine nouveau où s'exerçait leur activité un grand nombre d'entre eux ont laissé leur trace, et la liste est longue et glorieuse de tous les peintres qui ont

honoré cette époque. On ne le soupçonnerait guère au musée de Cologne où, en l'absence de maîtres tels que Terburg, Metzu, Pierre de Hooch et Van der Meer, la peinture de genre n'est représentée que par deux artistes d'ordre bien secondaire et des œuvres assez peu importantes. Le Savetier et sa femme, de David Ryckaërt, est un tableau sans distinction où nous retrouvons ses personnages trapus et vulgaires. Quant à la Cuisinière, occupée à écailler un poisson, sans avoir l'intérêt habituel des oeuvres de Quirin Brekelenkamp, elle nous offre cependant, sous le rapport de l'exécution, un des meilleurs spécimens du talent de cet artiste qui, pour son fin sentiment de coloriste et d'observateur, nous paraît, toutes proportions gardées, une sorte de Chardin hollandais.

Le paysage, qui a été la grande découverte de l'école néerlandaise et l'un de ses titres de gloire les moins contestables, n'est guère mieux représenté que le genre. Les grands noms font aussi défaut et .nous nous contenterons de signaler brièvement un Torrent, d'Everdingen, jolie ébauche d'une donnée chère à ce peintre ; une petite Marine, de Pierre Molyn, dont l'harmonie grise et mélancolique rappelle des compositions analogues de Van Goyen et de S. Vliegher; et enfin deux petites toiles récemment acquises et enregistrées toutes deux sous le nom de Van der Meer, bien qu'elles accusent entre elles des différences assez notables. Pour l'une , l'attribution est certainement justifiée, et les végétations d'un vert bleuâtre, les terrains franchement empâtés de ces dunes au bas desquelles se déroule une plaine immense, coupée çà et là par quelques clochers et traversée par des cours d'eau qui s'entre-croisent, rappellent bien, pour le sujet et pour l'exécution, d'autres paysages signés par le peintre de Harlem et dont nous retrouverons les analogues dans les galeries de Brunswick et de Berlin (nos 709 et 810 d). L'autre paysage, sur lequel nous n'avons pas non plus découvert trace de signature, est d'une exécution et d'une poésie bien supérieures. Le motif est cependant des plus simples : un grand ciel menaçant qui remplit les deux tiers de la toile, et, au-dessous, un canal bordé de quelques arbres et de pauvres maisons. Mais cette donnée élémentaire a été rendue saisissante par la justesse de la

lumière, par la profondeur et la force qu'aux approches de l'orage cette lumière prête aux colorations du paysage. Si c'est bien à Van der Meer qu'il faut penser ici, ce serait plutôt à celui de Delft qu'à son homonyme de Harlem ; mais nous aurons plus d'une fois encore l'occasion de rencontrer sur notre route l'auteur du puissant paysage du musée de la Haye et avec des ouvrages bien autrement significatifs, surtout avec cet étonnant Tripot de la galerie de Dresde, son chefd'œuvre incontestable.

En résumé, la réunion des tableaux de l'école allemande primitive constitue, on le voit, le principal intérêt du musée de Cologne, et, nulle part ailleurs, on ne pourrait aussi bien étudier cette école. Une telle étude a son prix et nous ne croyons pas qu'on lui ait accordé jusqu'ici toute l'attention qu'elle mérite. Sans même parler de l'influence que cette école a pu exercer sur le développement de l'art, la valeur esthétique d'un peintre tel que maître Stephan est tout à fait de premier ordre et le Dombild nous paraît un de ces purs chefs-d'œuvre en face desquels quiconque cherche dans une création artistique l'accord de la beauté et de l'expression ne saurait demeurer indifférent. La grâce exquise qu'on y admire est chose rare en Allemagne et, après maître Stephan, Martin Schongauer seul a eu ce charme de sentiment et d'exquise poésie. Pendant le séjour que ce dernier fit à Cologne il y a certainement vu les œuvres de Lothner, et il n'est pas douteux pour nous qu'il en a largement profité. En parcourant l'œuvre gravé du maître de Colmar, cette influence nous a semblé tout à fait manifeste. Plus tard, on pourra admirer chez Diïrer le génie de l'invention, la science et la prodigieuse habileté du dessinateur; Holbein, de son côté, montrera cette pénétration du caractère individuel et cette sincérité puissante qui font de lui un portraitiste incomparable. Mais ni l'un, ni l'autre, dans leurs compositions, n'atteindront la candeur suprême avec laquelle le grand artiste de Cologne a su clairement exprimer les aspirations des âmes religieuses dans leurs élans les plus tendres et les plus purs.

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Fac-similé d'un dessin d'Albert Durer, extrait du Livre de prières de Maximilien Ier. {Bibliothèque de Munich.)

LES MUSÉES DE MUNICH

n ne peut dire de Munich, comme de Cologne, que sa place ait été marquée à l'avance par la nature. La contrée qui l'entoure est ingrate et stérile ; aucun fleuve ne la traverse, elle n'offre au commerce ou à l'industrie ni cette richesse de production, ni ces facilités d'échange, qui, après avoir déterminé la création d'une ville, assurent sa prospérité. Formée d'éléments disparates, la capitale de la Bavière n'a elle-même ni centre ni unité. A part la Résidence et la Cathédrale, deux édifices lourds et sans caractère, tous ses monuments sont de construction récente. Ses rues larges et désertes, bordées çà et là par des terrains vagues, vont peu à peu se perdre dans la campagne. Mais, si chétive qu'y soit la végétation, cette campagne est loin d'avoir l'aspect misérable et désolé de la lande des environs de Berlin : dans son abandon et sa tristesse, elle n'est même pas dénuée d'une certaine poésie. On y peut bien vite trouver la solitude, et le long des prairies tourbeuses où l'Isar roule avec fracas ses eaux grisâtres, la mélancolie du paysage ne manque ni de charme ni de grandeur. Unie et monotone, la plaine s'étend sans aucune ondulation; mais sur cet âpre plateau balayé par le vent, on sent à la pureté, à la vivacité de l'air,

do LES MUSEES D'ALLEMAGNE

le voisinage des hautes montagnes, et parfois, en effet, quand le temps est clair, on aperçoit à l'horizon la pâle silhouette des Alpes bavaroises qui découpent sur le ciel leur fine dentelure.

A cette ville ainsi placée à l'écart, en dehors des agitations de la politique et de la fiévreuse activité des affaires, l'art seul a fait une réputation. C'est de Munich qu'est parti le signal de ce mouvement artistique qui, il y a un demi-siècle environ, attirait sur elle l'attention de l'Europe. Il n'était bruit alors que de cette restauration des arts à la cour de Bavière. Les voyageurs se détournaient de leur route pour visiter la « Nouvelle Athènes », et un écrivain français, M. Hippolyte Fortoul, joignait ses louanges enthousiastes à celles des esthéticiens du cru pour célébrer longuement ' les merveilles de cette prétendue Renaissance. A raison de l'importance qu'en son temps on a attribuée à ce mouvement, nous voudrions dire un mot des conditions dans lesquelles il s'est produit et des causes qui en ont rendu la durée si éphémère.

Le roi Louis Ier, sans être le promoteur de cette restauration artistique, avait su du moins s'en attribuer l'honneur, en groupant autour de lui les artistes allemands qu'il avait connus à Rome et en leur confiant le soin d'orner sa capitale. On a beaucoup vanté la générosité et les goûts libéraux de ce souverain ; on n'a pas assez songé aux inconvénients du patronage officiel qu'il avait exercé. L'art implanté par lui sur le sol de la Bavière ne pouvait y jeter des racines bien profondes. A travers ses prétentions hautaines et ses affectations d'indépendance, on sent qu'il n'a rien de spontané et il garde je ne sais quel air de commande et de précipitation. Ses productions trop hâtives reflètent les impatiences et les engouements multiples d'un roi dont les caprices en tout genre sont restés fameux. Les monuments élevés sous le règne de Louis 1er, pastiches de tous les styles et de toutes les époques, sont comme les illustrations de ses voyages, et dans les œuvres de ses peintres on retrouve la trace de ses prédilections philosophiques ou littéraires. Son principal confident, l'architecte de Klenze, était un homme d'un véritable talent, et toutes

i. L'Art en Allemagne, par Hippolyte Fourtoul. 2 volumes in-8°.

les fois qu'il n'eut à remplir un programme bien défini, comme pour le Musée de peinture et la Glyptothèque, il fit preuve d'un goût et d'un sens heureux d'appropriation qui suffiraient à l'honneur de son nom. Mais d'autres édifices construits par lui ne répondaient à aucun besoin réel ; c'étaient de pures curiosités destinées à satisfaire le dilettantisme d'un amateur couronné. Historiquement, de pareils essais ont eu leur importance, mais ils ne présentent plus guère aujourd'hui qu'un intérêt rétrospectif. Dans leurs lignes principales, ces édifices accusent, il est vrai, les grands traits de styles bien distincts dont ils devaient offrir en quelque sorte la représentation typique; toutefois, leur mérite à cet égard était trop sommaire pour leur assurer une réputation durable. On est mieux renseigné maintenant sur les phases diverses de l'art du passé et, si les productions originales sont rares dans l'architecture contemporaine, la science, du moins, a marché. Par des explorations et des comparaisons nombreuses, par des restaurations intelligentes et consciencieusement menées, on a appris à bien connaître, non seulement la forme extérieure des monuments des styles les plus différents, mais encore les moindres détails de leur structure intime.

A part même cette question de science qui ne pouvait être résolue prématurément, était-il raisonnable de réunir sous le ciel inclément de Munich des édifices empruntés à d'autres âges et à d'autres climats, sans autre but que la satisfaction d'un éclectisme un peu puéril? Les inconséquences d'une pareille tentative ne devaient pas tarder à s'accuser. Tandis que les monuments grecs, byzantins et même gothiques, là où les hommes les ont respectés, semblent défier le temps, quelques années ont suffi pour condamner leurs pâles contrefaçons non seulement à l'indifférence des gens de goût, mais aux rapides détériorations d'un climat destructeur. Sous les terrasses copiées de la Grèce ou de l'Italie, des gouttières inévitables ravagent et déshonorent promptement les monuments publics de Munich ; un jour insuffisant pénètre derrière leurs colonnades et la symétrie des lignes et des proportions n'y a été trop souvent poursuivie qu'au prix de la commodité de l'aménagement. Comment d'ailleurs, dans un très court

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espace de temps, si bien secondé qu'on le suppose, un seul homme eût-il été capable de mener à bien des entreprises si diverses ? Malgré des sacrifices considérables pour un État comme la Bavière, l'insuffisance des ressources et aussi le manque d'études préparatoires ou de surveillance clans l'exécution expliquent assez l'état de délabrement où

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