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vi LES MUSEES D'ALLEMAGNE
qu'ils procurent à tous. Aussi est-il désormais disposé à encourager les sacrifices intelligents faits pour accroître leurs richesses et pour les installer convenablement. L'Allemagne avait, sur ce point, devancé les autres nations. C'est pour le musée de Munich que fut pour la première fois imaginé un système d'appropriation rationnellement conçu et exécuté. Depuis lors, non seulement dans les capitales, mais dans toutes les villes de quelque importance, on n'a pas cessé d'élever, comme à l'envi, des édifices spacieux qui, avec toutes les conditions de sécurité et de bonne conservation pour les œuvres exposées, présentent les avantages d'un classement méthodique, d'une belle lumière et de facilités d'étude offertes, en toute saison, aux travailleurs. Il nous suffira de mentionner la construction récente des musées de Dresde, de Cassel, de Gotha, de Leipzig, celle du musée de Brunswick, qui vient d'être dernièrement résolue, et celle enfin du Stœdel's-Institut de Francfort, qui mérite d'être citée comme un type d'aménagement parfait.
Nous nous proposons d'étudier dans ce volume les musées de Cologne, de Munich et de Cassel. Tout en indiquant les objets d'art les plus remarquables que renferment les autres collections de ces trois villes, nous entrerons dans plus de détails pour les tableaux. Outre sa proximité de Paris, Cologne était désignée en première ligne à nos recherches comme le berceau de la peinture allemande, dont elle possède, à la cathédrale et au musée Wallraf-Richartz, la plus complète réunion des maîtres primitifs. Avec ses importantes collections de toutes sortes, Munich nous offrira à la Pinacothèque de nombreux chefs-d'œuvre, ceux de Rubens notamment, et les quatre-vingt-quinze tableaux qu'il y compte nous permettront de suivre dans ses glorieuses étapes le développement de ce prodigieux génie. Enfin, la galerie de Cassel, si riche en ouvrages de Rembrandt, nous fournira l'occasion d'une étude pareille sur le maître.
Afin d'éviter à nos lecteurs des énumérations aussi vaines que fastidieuses, nous nous bornerons aux œuvres les plus intéressantes. A trop disperser son attention dans les musées, on court risque de n'en garder qu'un souvenir confus, qui bientôt s'efface sans laisser de trace. Si nous nous sommes imposé pour nous-même la tâche d'un dépouillement complet afin de ne rien omettre d'essentiel, il nous a paru préférable de nous restreindre ici aux productions de quelque valeur et d'insister sur les meilleures. Ces différents musées, nous les avons d'ailleurs vus et revus à différents intervalles, afin de contrôler nos impressions. Que de bonnes heures nous avons ainsi passées dans cette attachante compagnie des maîtres, cherchant à pénétrer de plus en plus dans leur intimité! Combien de fois, jaloux de leur réserver tout notre temps, nous accourions dès l'ouverture des salles, allant de l'un à l'autre dans ces salles encore vides de visiteurs, ne sortant qu'avec les gardiens eux-mêmes! La journée s'écoulait trop rapide à notre gré, tour à tour remplie par les croquis et les notes qui se pressaient sur les pages de notre carnet de voyage. Grâce à ce mélange d'écriture et de dessin, nous parvenions à maintenir et à raviver des facultés d'observation qui n'auraient pas résisté à des séances aussi prolongées. C'est là une diversion salutaire dont nous avons souvent éprouvé le bénéfice et que nous nous permettons de recommander à tous ceux qui savent quelque peu manier un crayon. Outre le repos qu'ils trouveront à varier ainsi leurs