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PORTRAIT ATTRIBUE A B.BRUYN

( Pinacothèque de Munich )

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ii2 LES MUSEES D'ALLEMAGNE

main appuie déjà quelque solide raison qui sera dite en plein et sans ménagement. A son bonnet noir, à son simple vêtement, on reconnaît un docteur, et il ne fait pas bon être l'adversaire d'un pareil homme alors qu'il vous tient cloué sous l'autorité de son regard et qu'il apporte dans la controverse des arguments aussi péremptoires. 11 n'y a plus rien de gothique dans cette figure, ni dans la représentation que nous en a donnée le peintre. Il semble que la Réforme ait déjà passé par là. Mais quel est ce personnage ? Peut-être un bout d'armoiries indiquées sur le fond aiderait-il à trouver son nom. Et le peintre, si ce n'était ni de Bruyn, ni Holbein, quel serait-il? Il y a là un de ces mystères tels qu'on en rencontre assez souvent dans les musées et sur lesquels, à ses risques, on peut bien dire son sentiment, mais en laissant toujours posée une interrogation '.

Après Cologne, c'est en Souabe et en Franconie, à Ulm, à Augsbourg et à Nuremberg que nous devons suivre le mouvement de l'art allemand avec des maîtres tels que B. Zeitblom et Bernard Strigel, son élève, avec Hans Burgkmair et Martin Schaffner qui tous sont représentés à la Pinacothèque par des ouvrages assez importants. L'un des plus intéressants, la Présentation au Temple (n° 21 5), de ce dernier artiste, et son pendant, Y Annonciation (n° 214), décoraient jusqu'au commencement de ce siècle les volets de l'orgue de l'église de Weddenhausen, près d'Ulm. Nous y retrouvons, avec une force de naturalisme et une puissance d'expression très réelles, ces formes un peu raides et ce maniérisme inconscient qui sont propres aux peintres de cette époque. Martin Schaffner a su y allier parfois — notamment dans la Présentation au Temple — une intensité de ton qui, dans ses meilleures oeuvres, arrive à l'harmonie par l'éclat même et la vivacité des colorations.

Mais, quels que soient le talent et l'habileté de ces maîtres, leurs noms pâlissent forcément devant ceux de Durer et de Holbein, qui allaient, en les dépassant de si loin, assurer à l'Allemagne les deux

1. La dernière édition du Catalogue de la Pinacothèque attribue ce portrait à Josse van Cleve, mais sans donner aucune preuve à l'appui de cette attribution, que d'ailleurs l'auteur du catalogue regarde lui-même comme contestable.

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