SAINTE BARBE
Volet d'un triptyque de H. Holbein le Vieux.
(Pinacothèque de Munich ) — Dessin de Félix Jasinski.
certain point, donner raison de il cette facture expéditive , mais n'explique que d'une manière bien imparfaite comment le même homme qui a peint ces séries de productions, en quelque sorte industrielles, qu'on retrouve à Augsbourg et à Francfort aussi I bien qu'à Munich, peut être aussi considéré comme l'auteur des merveilleux dessins que possède le musée de Berlin. Cependant, à la Pinacothèque même, un tableau fait exception parmi les peintures du vieux maître et contribue à éclaircir cette anomalie.
Nous voulons parler du triptyque (n05 209, 2io, 211) que l'on s'accorde maintenant à lui restituer, après l'avoir pendant longtemps attribué à son fils. Le Martyre de saint Sébastien en fait le sujet principal et les deux volets qui accompagnent ce panneau central portent sur leur face intérieure :
Sainte Barbe et Sainte Elisabeth de Thuringe. Fermés, ces volets représentent extérieurement Y Annonciation avec la Vierge et l'ange Gabriel. L'œuvre, cette fois, est d'un véritable artiste, et la grâce de certains personnages, la simplicité élégante de leurs ajustements révèlent un style
ES MUSEES DE MUNICH
d'une ampleur tout à fait inattendue. Certes il est permis d'y noter encore bien des traits d'un réalisme excessif; ces mendiants, entre autres, dont les plaies ont été reproduites avec une telle fidélité que , suivant Woltmann , M. Virchow a pu établir scientifiquement, d'après cette peinture, les caractères que la lèpre présentait à cette époque. Mais, à côté de ces détails que réprouve le goût, quelles figures expressives on y peut admirer; la sainte Elisabeth, par exemple, la sainte Barbe ou la Vierge! Quelle liberté, quelle hardiesse dans la pose de ce saint Sébastien, dont le corps légèrement infléchi porte sur une de ses jambes, tandis qu'un des bras élevé en l'air continue et achève si heureusement la lig-ne de la silhouette ! Enfin le visao-e
si vivant, si nettement caractérisé, d'un personnage placé à côté du saint, ne dépasse-t-il pas tout ce que nous savions d'un talent qui montre des écarts aussi extrêmes ?
On le voit, le fils d'Holbein était à bonne école et, plus favorisé qu'Albert Durer, il avait trouvé ■dès sa naissance, non seulement l'exemple et les conseils paternels, mais aussi cette agitation