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ÉCOLE LOMBARDE

Je réunis, sous ce nom tous les maîtres nés dans l'Italie du Nord, en exceptant les Vénitiens.

'Andréa Mantegna, de Padoue (1430-1505) : un Suicide de Lucrèce, d'une conservation parfaite, où Ton voit avec quel soin, avec quel fruit, l'élève de Squarzione avait étudié l'antique , dans son génie et dans ses détails.

Bernardino Luini, de Milan (1460-1530) : une Vierge allaitant, une Sainte Catlierine martyre, et une Madone en petites proportions, trois compositions pleines de charme, d'un fini précieux, et dignes en tous points du plus grand élève de Léonard, lequel , né à Florence , mort à Blois, a passé dans la Lombardie la plus grande partie de sa vie d'artiste.

Benvenuto Tisio, de Ferrare, appelé il Garofalo (1^81- 1559) : une belle et curieuse Madone, entre saint Michel et saint Jean-Baptiste, en figurines ; une autre Madone, plus petite encore ; et le portrait d'un homme qui tient un œillet à la main , probablement le portrait du peintre , surnommé Garofalo, ou Garofolo, parce qu'il avait, diton, l'habitude de placer quelque œillet dans presque toutes ses compositions, comme une espèce de monogramme.

Luigi Mazzolini (1481-1530), né dans la même ville et la même année que le Garofalo, dont il fut aussi condisciple sous Lorenzo Costa : une noble et charmante Sainte

Famille où Ton voit le père nourricier de Jésus lui présenter des groseilles dans une coupe.

Giam Battista Cima, de Gonegliano (florissait vers 1500) : une Madone entre saint Jérôme et la Madeleine, simple échantillon d'un maître qui a laissé des œuvres bien supérieures à Milan et à Venise, et qui, disciple de Bellini dans cette dernière ville, est cependant resté plus Lombard que Vénitien.

Camillo et Giulio Cesare Procacini, de Milan, nés en 1546 et 1548, morts tous deux en 1626 : du premier, une Sainte Famille sous un pommier, où saint Joseph cueille un fruit ; du second, une autre Sainte Famille, à qui un ange présente un vase de fleurs. Ce sont les seuls ouvrages de la nombreuse famille des Procacini , qui compte encore Ercole, le père des deux peintres cités, Carlo Antonio, leur frère cadet, et un autre Ercole leur neveu. Giulio Cesare, qui avait à Milan une. école rivale de celle des Carrache, est resté le plus célèbre de tous.

Michel'lAngelo Amerighi, de Caravage (1569-1609), un Saint Sébastien mourant, une Adoration des Bcryers, des Pèlerins devant la Vierge, échantillons sans grande importance de ce maître hardi, fougueux, bizarre, plein de force, dénué de noblesse , cherchant la vérité loin de l'idéal, qui tient aux Vénitiens par l'étude de Giorgion, aux Bolonais par la recherche des effets de clair-obscur, et aux Napolitains par son élève Ribera, qui Ta surpassé en l'imitant.

Bartolommeo Manfredi (1574-1615) : le Christ couronné

épines , composition très-énergique, tout à fait dans la manière de Caravage et de Valentin.

Carlo Saraceno (1585-1625) : une Vision de saint François d'Assise et un Saint Jérôme entouré d'autres bienheureux, grandes compositions encore imitées de Caravage.

Giovanni Benedetto Castiglione, appelé il Greghetto (1616-1670) : le Repos d'une caravane et un Chameau conduit par son gardien, bons échantillons de cet excellent peintre d'animaux, qui a su, à la différence des Flamands,

les mettre en scène comme des personnages humains , et leur donner l'expression des passions ou des sentiments. Le Greghetto aurait merveilleusement illustré les fables d'Ésope et de La Fontaine.

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