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ÉCOLE DE PARME

Antonio Allegri, de Gorregio, appelé le Corrcge (1494- 1534) : une Madone assise sous un arbre, entre saint Jérôme et saint Ildephonse. Ce tableau, transporté, comme le Spasimo de Raphaël, du bois sur la toile, et d'une conservation parfaite, rappelle les grands chefs-d'œuvre qu'on admire aux musées de Parme et de Dresde. Gracieux de composition, suave et lumineux de couleur, il est vraiment digne du grand nom de Gorrége, sous lequel on abrite indignement tant de monstruosités. — Une Vierge glorieuse invoquée par le commettant du tableau, sous l'intercession de saint Jérôme et de saint Jacques. Pourquoi cette belle composition est-elle hissée si haut, hors de la vue? A-t-on voulu la mettre à l'abri des doutes? Un vrai Gorrége est trop précieux pour qu'on l'éloigné ainsi du regard. — Une précieuse esquisse sur papier du Cupidon lisant, que Corrégeaplacé dans son Éducation de l'Amour, aujourd'hui à la National-Gallery de Londres. — Une autre esquisse sur papier d'une tête de Faune. — Un Ecce Homo, en demi-figure, d'une grande beauté, d'une expression angélique, et très-supérieur sous ce rapport à Y Ecce Homo de Londres. Mais est-ce bien la touche, est-ce bien le faire de Gorrége? On peut en douter, et l'inscription latine {Ego pro te hcpassus sum, tu vero quid fecisti pro me?), tracé sous appui de marbre, me rend ce tableau encore plus suspect. Le pauvre Gorrége, vivant dans son village, n'ayant eu de maître que la nature, après quelques leçons élémen-

taires d'un barbouilleur d'enseignes , son ôncle, n'avait ni le pédantisme, ni seulement la science que suppose ce latin de prône.

Francesco Mazzoli ou Mazzuola, appelé il Parmegiano, ou plutôt il Pamiegianino (1504-1540): une Vierge allaitant, de grandeur naturelle; peinture belle et solide, mais bien dure à côté de la Madone de Corrége.

Bartolommeo Schidone (1560-1615) : deux Madeleines repentantes, Tune sur toile, l'autre sur cuivre, et un Repos en Égypte, pendant la nuit, à la clarté de la lune ; ouvrages remarquables d'un maître qui appartient à Parme , bien qu'élève de Garrache, par sa naissance et par l'imitation de Corrége. Son œuvre presque entière est au musée degli Studi, à Naples.

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