‹ Les musées d'AllemagneChapitre 20 sur 47 · SALLE D'APOLLON · texte numérisé non relu

SALLE D'APOLLON

Elle est ainsi nommée de son principal ornement, un Apollon cytharède, ou joueur de lyre, en marbre penthélique et de grandeur colossale. Oubliant qu'il avait dit : «L'idée suprême de la jeunesse virile est empreinte sur la statue d'Apollon ; les douces formes du printemps de l'âge y sont grandes et nobles comme dans un adolescent de race divine, etc., » Winckelmann avait cru voir dans cette statue, couverte d'une longue tunique de femme, le chiton> mais qui porte dans la main gauche le barbiton, ou grande lyre, dans la droite le plectrum, et sur la tête le corymbos, ou nœud particulier à la chevelure d'Apollon, une Érato, qu'il attribuait au sculpteur Ageladas, maître de Polyclète. On la longtemps nommée la muse Barberini, parce qu'elle faisait partie de la célèbre collection de cette famille. Mais, tout en conservant les justes éloges qu'il donne au grand style de cette statue, à la noblesse de sa pose, à la grâce de ses draperies, Winckelmann lui eût rendu son sexe et son nom s'il avait vu l'autre Apollon cytharède , en porphyre, avec la tête, les mains et les pieds de marbre blanc, qui est au musée de Naples. Sauf la matière , la ressemblance entre eux est complète. Il y a cependant une particularité notable dans celui de Munich, c'est que les paupières sont formées de petites lamelles en bronze; les prunelles, vides à présent, étaient des pierres précieuses enchâssées dans ces lamelles.

Près de cet Apollon, qui semble, par sa beauté un peu austère, appartenir à l'époque immédiatement antérieure à

celle de Phidias, se trouve une Diane, gracieuse, virginale et forte, où se rencontrent aussi, dans les ajustements, dans la pose, plusieurs caractères du style primitif, mais unis à une grande perfection de travail. Une des rares statues de Cérès, copie d'un modèle grec; — une autre Gérés, qui n'est que le portrait d'une dame romaine; — un buste colossal de Pallas, que Ton croit copié de la Minerve-Lemienne de Phidias qui était placée sur l'Acropole d'Athènes; — un de ces Bacchus barbus, qu'on a pris, jusqu'à Visconti, pour des hermès de Platon; — un beau vase funèbre, dédié par un certain Onésimos à la mémoire de sa femme Eucoline, morte en couches; — et quelques basreliefs, — complètent l'entourage de l'Apollon cytharède.

Page 1