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SALLE BACHIQUE

On la nomme ainsi parce que les objets qu'elle renferme appartiennent presque exclusivement au culte particulier •de Bacchus.

Là se trouve le plus bel antique de la Glyptothèque, et le plus précieux après la collection des marbres d'Egine. C'est le Satyre endormi après l'ivresse, en marbre de Paros, que Winckelmann appelle le Faune dormant du palais Barberini, et duquel il disait : « Ce n'est point un beau idéal, mais une image naïve de la simple nature abandonnée à •elle-même. » Ce morceau célèbre, excellent par le fini du travail, par la beauté des formes, par le sentiment de vie et de mouvement conservé dans l'inertie du sommeil, et que l'on croit, mais sans autre preuve que sa perfection, l'œuvre originale de Praxitèle ou de Scopas. avait été placé par Adrien dans son môle ou tombeau à l'égyptienne, aujourd'hui le château Saint-Ange. Lorsque Bélisaire et ses Grecs s'y défendirent, en 537, contre les Goths, ils jetèrent jusqu'aux statues sur les assaillants, entre autres

celle-ci, qui fut retrouvée toute mutilée, neuf siècles après, dans un fossé du fort. Le sculpteur romain Pacini Ta restaurée il y a trente ans environ, et malgré ce travail moderne, qui lui a rendu la jambe droite entière, presque toute l'autre, ainsi que l'avant-bras gauche, le Satyre endormi est comparable aux plus belles merveilles de l'art grec à sa grande époque, conservées jusqu'à nous.

Une autre statue grecque du même temps, et presque du même prix, est celle à lno ou Leucothêe, cette gardienne du petit Bacchus, qui, poursuivie par la jalousie de Junon, se jeta dans la mer avec son fils Mélicerte. Elle tient Bacchus dans ses bras, et, noble dans son attitude, elle est surtout remarquable par l'expressive beauté du visage.

L'on retrouve ensuite, dans la môme salle, une petite statue, grecque aussi, de l'enfant de cette nymphe, sauvé par un dauphin, de Mélicerte, appelé depuis Palémon par les Grecs, Portumnus par les Romains. — Deux Silènes, parmi lesquels celui qui porte. Bacchus, et dont on a de nombreuses répétitions. L'original est peut-être le Silène du portique d'Octavie, cité par Pline; — un Faune ivre, penché sur son outre et faisant claquer ses doigts, imitation du bronze d'Herculanum qui est au musée Dcgli Studi; — un autre Faune, appelé Periboetos, que l'on croit copié sur le fameux satyre en bronze de Praxitèle, que Pausanias voyait encore au deuxième siècle dans la rue des Trépieds à Athènes; — un fin et charmant buste de Faune riant nommé le Faune à la tache, parce qu'un morceau de bronze, enfoui pendant plusieurs siècles près de lui, a laissé sur sa joue une marque verdâtre indélébile; — une belle Cérès, ou Diane, ou Minerve, statue entière restaurée par Thorwaldsen; — un important sarcophage, où se voient les Noces du Bacchus indien avec Ariane; — un bas-relief, non moins important, qui représente, en trois parties, les Noces de Neptune et cTAmphytrite, etc.

SALLE DES NIOBIDES.

Ce nom lui vient de ce quelle renferme une répétition du Niobide mourant qui se trouve à Florence avec le groupe entier, et une statue en marbre de Paros qui ressemble k l'un des fils de Niobé sculptés sur le sarcophage du Vatican. Dans le premier, les parties terminées, et le visage entre autres, sont d un beau travail, mais le reste de la tête est inachevé. Dans le second, auquel manquent la tête, les bras et les doigts d'un pied, les formes sont si belles, l'exécution si parfaite, qu'on le croit à Munich un des originaux perdus de ce fameux groupe de Niobé, tant célébré par Pline, dont Florence n'aurait, en partie du moins, que de médiocres copies.

A l'entour de ces Niobides sont rangés : — l'Enfant au Cygne, l'une des mille répétitions du bronze antique que Pline appelle In fans eximie anserum strangulans, et qui était l'ouvrage du Carthaginois Boethus; — un très-précieux bas-relief représentant un Sacrifice champêtre aux dieux Priape et Hercule-Sylvain; les quatre bœufs qu'on va immoler sont d'une vérité et d'une finesse admirables; ils font comprendre la renommée qu'eut dans toute l'antiquité la vache de Myron; — une tête de Méduse, autre bas-relief important. Ce n'est plus l'horrible Gorgone aux yeux sanglants, à la langue pendante; faite à l'époque oii le beau régnait seul, cette Méduse est belle comme le serait Vénus; seulement une moquerie froide remplace sur ses lèvres glacées le sourire de la douceur ou de la volupté; — une Vénus en marbre de Paros, qu'on peut croire, en la comparant aux médailles de Cnide, une copie de la célèbre Vénus de Praxitèle, qui ornait le temple de cette ville. Partant de cette supposition, l'auteur du catalogue de la Glyptothèque, M. Ludwig Schorn, n'hésite point à dire

que, si Ton compare cette statue avec la Vénus de Médicis, pour le visage, les formes et les gestes, on y trouve un caractère plus sublime et une expression bien plus noble de la grâce du sexe. Elle devrait alors, quoique simple copie, donner son nom à la salle, dont elle serait le principal morceau. Mais, quoiqu'il y ait quelque exagération dans cet éloge, la Vénus de Cnide est assurément aussi belle qu'intéressante; — un haut-relief de précieux travail, qui représente le combat d'Hercule contre l'un des quatre fils d'Hippocoon, ou peut-être contre Cacus. On l'appelle Polyphème tuant un des compagnons d'Ulysse, parce que le restaurateur de ce groupe a eu la fantaisie de figurer un œil sur le front du demi-dieu.

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