SALLE DES ROMAINS
C'est la plus vaste des salles de la Glyptothèque ; elle a environ 40 mètres de longueur sur 13 à 14 de largeur. C'est aussi celle des douze dont les murailles, les tympans et la coupole sont le plus richement ornés. Divers basreliefs nous font voir, par des actions historiques, — telles que l'arrivée du vaisseau qui apportait la statue de la Bonne Déesse, ou les dépouilles de Corinthe traînées à Rome par, Mummius, — l'origine grecque de l'art romain. Fidèle à son Dom et à ses ornements, cette vaste salle est entièrement remplie par les hommes ou les choses de Rome. On y trouve des cariatides, des candélabres, des trépieds, des autels, des vases cinéraires et plusieurs sarcophages précieux. L'un représente Y Assemblée des Muses, présidée par Apollon, un autre l'histoire à'Endymion et de Diane, puis le Massacre des Niobides, puis les Aventures d'Oreste, puis h Procession bachique aux noces de Bacchus et d'Ariane. Tous ces reliefs de sarcophages, d'un travail distingué, sont fort intéressants pour la science archéologique.
Viennent ensuite les portraits, quelques-uns en statues, la plupart en bustes, d'une foule de personnages des familles impériales, depuis Auguste jusqu'au-delà de Marc- Aurèle. Dans cette collection, bien moins considérable, toutefois que celles du Vatican ou du Capitole, se trouvent nécessairement beaucoup de répétitions et de copies. Nous
pouvons désigner de préférence, parmi les statues : — une Agrippine de Germanicus , petite fille d'Auguste , mère de •Caligula; — un très-beau torse cuirassé, sur lequel on a mis une tête de Septime Sévère ; — un Auguste nu ; — sa femme Livie, fille de Drusus , nommée, après sa mort, Julia-Augusta ; — un Domitien nu, et en héros ; — une LucUla, fille de Marc Aurèle, femme de Lucius Verus, qui fut tué par son beau-frère Commode.
Parmi les bustes : un Auguste en marbre de Paros, du travail le plus délicat, et qu'on croit aussi de la plus parfaite ressemblance ; — un Domitius Corbulo, célèbre général de Claude et de Néron, toujours heureux, toujours triomphant, mais dont la célébrité fut comme étouffée sous le bruit des scandales et des crimes du palais impérial; — un Lucius Verus le jeune, que son inscription italienne donne à tort pour portrait de Marcellus ; — un autre Lucius Verus, avec ses cheveux bouclés qu'il poudrait de poudre d or ; — une Julia Pia, femme de Septime Sévère, coiffée d'une perruque touffue qui lui couvre jusqu'aux oreilles ; — un bel Antinous, en marbre bleuâtre ; — un Adrien, douteux, car il a les cheveux frisés comme Lucius Verus, ce modèle des petits maîtres de Rome. La barbe seule a fait appeler ce buste du nom d'Adrien. On sait que les anciens Romains, jusqu'au temps du vieux Scipion Barbatus, conservèrent la barbe longue. Ce fut, d'après Tite Live, dans l'année 454 de la fondation de Rome (an 299 avant J. C.)que les premiers barbiers furent appelés de Sicile. Depuis lors les Romains demeurèrent constamment rasés, jusqu'aux Antonins, qui reprirent la barbe avec le costume des philosophes.