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SALLE DES MODERNES

De tout Tintervalle compris entre la fin du second siècle, au temps des Antonins, jusqu'à notre époque, la Glyptothèque n'a pas un seul monument. Dans cette vaste lacune de seize siècles, pouvaient se trouver cependant des échantillons de l'art païen à son extrême décadence, de Fart chrétien chez es Grecs du Bas-Empire, de l'art du moyen âge et de la Renaissance, en Italie et en Allemagne. On pouvait donc rencontrer les noms de Donatello, de Michel- Ange, de Sansovino, de Benvenuto Gellini,de Jean de Bologne, de Jean Goujon et de Puget. Tout cela manque : il faut passer d'Adrien à Napoléon, et de l'auteur inconnu à! Antinous à Canova.

Les principaux ornements de la salle des modernes sont quatre médaillons où l'on voit Nicolas de Pise, Michel- Ange, Canova et Thorwaldsen. Nicolas de Pise, qui, le premieT, et dès les commencements du treizième siècle, étudiait le stvle des anciens sur les bas-reliefs d'un sarcophage, et parvenait à l'imiter, représente les origines de la statuaire moderne à la Renaissance ; Michel-Ange en marque l'apogée ; Canova et Thorwaldsen la phase contemporaine de l'édifice. Mais, des deux premiers, il y a seulement les portraits; des deux autres, quelques ouvrages secondaires. De Canova : une statue et une buste de Paris, dans, sa manière fine et délicate , quelquefois jusqu'à la mignardise; — une statue de Vénus, répétition de celle du grand duc de Toscane. De Thorwaldsen : un Adonis et le buste du roi Louis. On trouve encore dans cette salle des Modernes quelques morceaux distingués des artistes bava-

rois : — le buste d'une charmante jeune fille (FAlbano, par Rodolph Schadow; — Y Amour et la Muse, petit groupe, par Conrad Eberhart ; — le buste colossal de l'amiral Cornélius Tromp, par Chrétien Rauch ; — celui de l'impératrice Catherine II, par Busch, etc. Au milieu de ces marbres contemporains, on a placé un petit buste en terre cuite, que Ton croit être de la fin du quinzième siècle, et le portrait de Raphaël adolescent. Il y a bien, en effet, sur les traits de cette ligure d'argile une grossière ressemblance avec le jeune peintre d'Urbino ; mais ces traits sont demeurés loin de la correction et de la beauté ; la bouche surtout est disgracieuse, et puisque l'on veut que ce soit un portrait de Raphaël, c'est en tous cas un mauvais portrait.

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