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Michel-Ange.
/.*■ Prophète Jérémie.
elle lit de toul près, la figure noire d'ombre, les mains qui tiennent le livre, noires aussi. Près d'elle, à peine visibles, deux enfants qui écoutent ou qui attendent.
Sur les pilastres, des enfants aux têtes couvertes des voiles du soir.
Le dernier, c'est Jérémie, massif, courbé, prostré.
le prophète des lamentations sur la défaite de Juda cl de la ruine de Jérusalem. Il ne
se lamente plus.
il est vaincu, accablé, les pieds croisés, une main pendante, l'autre qui cache sa bouche et soutient sa tête. 11 n'est plus besoin de parler, de convaincre, la ruine est consommée, ce n'est plus le prophète qui agit, c'esl le songeur seul avec sa vie finie et son rêve évanoui. Derrière lui, des figures graves. Sur les pilastres, des couples d'enfants, don! l'un médite tandis que l'autre a l'éveil de -"H âge.
Telle <\>t cette garde farouche, grave, animée pourtant des grâces
de la femme et des sourires de l'enfance, que Michel- Vnge a donnée avec les vingt Génies, à ses conceptions centrales de l'Eternel, de l'Univers et de l'Homme. Il y a ici, cela est certain, les ora$ et les apaisements qui traversaient l'âme du grand lion une. Il es! au plein de sa vie, il travaille au Plafond de la Sixtinè, de trente trois à trente-huit ans, à l'âge où l'homme commence à prendre conscience de son sort et de la misère humaine. Il a vu les tragédies de Florence, il a traversé le l'eu et la fumée de l'Italie en guerre, il a vu le ciel rouge de l'incendie des villes et il a entendu près de lui et an loin la clameur des vaincus et des égorgeurs. An Plafond de la Sixtine, c'est le vrai Michel-Ange qui apparaît; ce n'es! pas le sculpteur du Bacchus ivre, c'est celui qui s'annonçait avec le Da\ id armé de la fronde, et qui devait écrire les vers à la Nuit allongée an Tombeau des Médicis. Sa fureur humaine, sa réflexion profonde, son espoir persistant, il les a exprimés par les violentes et fières images de ses Prophètes et de ses Sibylles.
Michel-Ange.
l.r génie familier du Prophète haie.
Michel-Ange.