XX. — LE JUGEMENT DERNIER
Le Plafond de la Chapelle Sixtine terminé, et In pape Jules II mort (le 21 février), Michel-Ange retourne à Florence en mars 1513. Il a signé un nouveau contrat pour exécuter le Tombeau du pape disparu. Le 21 mars, Léon X a été élu en remplacement de Jules II, les Médicis succèdent aux Rovère sur le tronc pontifical. Avant même son élection, le 11 mars, le futur pape, désireux d'embellir Florence, a offert à Michel-Ange d'élever la façade de San Lorenzo, mais pendant les années 1513-1510, le statuaire a repris son métier de bailleur de marbre el il travaille au Moïse, aux Esclaves qui sont au Louvre. Pendant ce temps. Bramante meurt (1514),
Raphaël est nommé surintendant de la construction de Saint- Pierre. En juillet 151G, troisième contrat pour le Tombeau de Jules IL En 1517, l'artiste demande un traité pour la construcl ion de la façade de San Lorenzo, qui tient à cœur au nouveau pape. La même année, Michel-Ange est gravement malade. Le traité de la façade est signé en 1518, il faut aller extraire le marbre, el les le! I res de l'artiste, en 1518, sont toutes débordantes des ennuis qu'il connaît à Carrare, à Pietrasante, au sujet des travaux, des transports. Le grand homme fait là pendant seize mois un métier d'entre preneur et de charroyeur. Fin septembre 1518, il tombe malade à Seravezza, de surmenage, de soucis. On veut visiblement le tenir occupé loin de Rome. C'est toutefois pendant les années 1518-1521 qu'il achève, à Florence, les quatre Esclaves et le Christ de la Minerve. Le 10 mars 1520, un bref du pape a délié Michel-Ange du contrat de 1518 pour la façade de San Lorenzo. Le 20 octobre 1520, sa glorieuse signature figure auprès de celles d'académiciens de Florence adressant une requête à Léon X pour ramener les restes du Dante de Ravenne à Florence, et il s'offre à élever le monument à l'auteur de la Divine Comédie. Le 6 avril
1520, mort de Raphaël, au milieu de son triomphe de Rome. En
1521, commencement des travaux de sculpture pour la chapelle des Médicis dans l'église de San Lorenzo. En 1521-1522, esquisse de la Vierge avec l'enfant (Chapelle des Médicis; et de la Victoire (Bargello). En 1522-1523, nouvelle et grave maladie de Michel-Ange, commencement et fin du règne pontifical d'Adrien VI. L<; 19 novembre 1523, élection de Clément VII, un Médicis, qui paraît avoir le mieux aimé Michel-Ange. Il veut le faire entrer dans l'ordre des Franciscains pour l'attacher absolument à l'KLrli>r ei à sa papauté. L'homme libre et solitaire refuse. <>l Clément \II lui accorde une pension mensuelle de cinquante <lu<;ils. alors que Michel-Ange n'en demandait que quinze. Les héritiers de -lui'- Il
se plaignent de la non-exécution du Tombeau. En 1527, la révolution contre les Impériaux éclate à Florence à la nouvelle de la prise de Rome par Charles-Quint. Le patriote et le républicain s'exaltent en Michel-Ange. Il se jette dans la lutte, le 6 avril 152V. il est nommé gouverneur général et procurateur des fortifications de Florence, chargé d'un voyage d'inspection à Pise- Livourne, Ferrare, est pris tout entier par ses fonctions jusqu'à la trahison de Malatesta Baglioni, qui ouvre Florence à l'ennemi 1"' 2 août 1530, trahison que Michel-Ange avait prévue. Le 12 août, la ville capitule, les exécutions commencent. Michel-Ange se cache dans le clocher de San Nicolo-oltre-Arno. C'est Clément VII qui le fait chercher et le rend à son travail de la Chapelle des Médicis. Il peint pour le duc de Ferrare la Léda se livrant au cygne, qui sera apportée en France, placée à Fontainebleau par François Ier, et brûlée par ordre du surintendant des Finances, Sublet des Noyers (en 1643). En 1531, il est de nouveau malade, et c'est ensuite qu'il se remet à la Chapelle des Médicis. En 1532, le 29 avril, quatrième contrat pour le monument de Jules IL En 1534, Michel-Ange a perdu son père et son frère, et il revient à Rome qu'il ne quittera plus. Le 25 septembre de cette année, Clément VII meurt. Paul III, un Farnèse, est élu le 13 octobre.
Ce fut alors que prit corps l'idée d'achever la décoration de la I ihapelle Sixtine par la peinture du Jugement dernier, dont le projet el les dessins axaient été montrés à Clément VII. Michel- Ange essaye de se dérober, voulant exécuter ses engagements envers les héritiers de Jules II et réaliser enfin son grand projet de statuaire. Le violent Paul III s'y oppose, fait faire encore un contrat par le duc d'Urbin qui se contentera des trois statues achevéi\>. nomme Mirln-1-Ange architecte en chef, sculpteur et peint ndu palais apostolique. On fixe au mois d'avril 1536 la date où Michel-AriL!< commence à peindre l'immense fresque du Jugement
Michel-Ange.
Le Jugement dernier (Groupe de droite au-dessus du Christ).
dernier au-dessus de l'autel de la Sixtine, en couvrant les deux fresques du Pérugin, Moïse sauvé des eaux, et la Naissance du Christ qui se trouvaient de chaque côté d'un tableau, également du Pérugin : l' Assomption de la Vierge, où était représenté, agenouillé, le pape Sixte-Quint. Le tableau a disparu, comme les deux fresques on! été, non pas effacées, mais cachées par un revêtement de briques, recouvert d'un enduit sur lequel Michel-Ange fit sa peinture.
On peut encore regretter qu'il n'ait pas exécuté, comme il l'avait conçu, le colossal Tombeau de Jules II. On ne peut pas regretter qu'il ait peint le Jugement dernier. C'est, non seul. mu. Mil . la conclusion logique des peintures du Plafond, mais aussi une grande pi il a écrit en traits de flamme les sentiments qui grondaient
rugissaient en son âme farouche comme des fauves en cage. Par le Jugement dernier, Michel-Ange les a démuselés et délivrés.
La composition paraît une catastrophe, une foule agglomérée aux hauteurs de l'espace et qui tombe à l'abîme. On la voit agitée, tumultueuse, forcenée de mouvements, désordonnée. Elle est en réalité d'un ordre admirable. Sous les deux arcs de
deux triangles d'angle du Plafond, le Serpent d'airain et VEsther, séparés par la figure du prophète Jonas, deux groupes d'aï apparaissent au ciel de la composition. Le groupe de droite emporte la colonne à laquelle fut attaché le Christ pour la flagellation, le groupe de gauche emporte la croix du Calvaire, mais c'est arracher qu'il faut dire, tant leur mouvement est furieux. L'un s'arcboute sous la colonne, la pousse des jambes, des bras, de la tête, aidé par d'autres qui la tiennent à pleins bras, agenouillés et piétés sur
Michel-Ange.
Le Jugement dernier (La Vierge).
Michel-Ange.
Photo Alinari.
Le Jugement dernier (Groupe d'élus).
les nuages. La croix est portée à dos de portefaix par un ange qui semble crucifié, et d'autres l'aident de tous leurs muscles, pendant que d'autres encore, chargés de poids plus légers, parcourent l'espace avec les instruments de la Passion. les verges, Le roseau dérisoire, la couronne d'épines du roi des Juifs, l'échelle du gibet, la lance qui ouvrit le côté, l'éponge de fiel. De partout, d'autres anges arri- Miil avec le mouvement, !<■ tourbillon^ la furie d'un vent de tempête. Ils enlèvent les traces du supplice : Jésus va pouvoir paraître en trinjiiphuteur et en vengeur.
Il parait, el c'est la plus terrible ligure du Christ qui ait jamais été représentée. Il n'a rien du visage el du corps traditionnels. Il
est beau comme un Apollon, mais c est un Hercule, tueur de monstres, protecteur des martyrisés et des asservis, distributeur de la justice, qui se dresse au sommet de la composition, sous le couvert du dogme chrétien, avec une expression que n'eut jamais l'Hercule grec :
force impassible, tranquille sous sa peau de lion et la garde de sa massue. Ici, le Christ est imberbe, nu et désarmé, son jeune et fier visage menace, la bouche serrée et irritée, le regard noir sous les paupières baissées vers le monde qu'il foudroie du geste de son bras droit levé. La main gauche appuyée au vaste torse retient la violence et dédaigne d'agir, mais la main droite, en l'air, grande ouverte, est effrayante de colère suspendue, de puissance
MlCHE] A.NGE.
/., .//',/ ment dernier
M i c h El Ange
l.< Jugement
dernier : Adam.
sans égale à laquelle il suffit de se manifester pour avoir raison de toutes les bassesses, de toutes les vilenies, de toutes les horreurs qui grouillent sous les yeux abaissés du héros divin. Il est permis de croire que Michel- Ange a exprimé aussi en ce geste vengeur la lassitude, le dédain et la fureur ressentis depuis des années et des années qu'il luttait contre les compétitions, les dénigrements, les empêchements.
Lorsqu'il trouva et peignit ce geste qui va s'abattre et mettre en poussière tout ce qui est ennemi, il avait soixante ans passés, il avait travaillé et créé pendant un demi-siècle. II signifiait qu'il en avait assez !
Mais il n'y avait pas que de la \ iolence dans le haut esprit de Michel-Ange.
( lomme il a int roduil la grâce des jeunes sibylles parmi les prophètes irrités qui portent le Plafond de l,i Sixtine, il ;i placé auprès de I inexo-
fable figure du Christ la tendre ligure de sa mère, Marie, pleine de compassion, qui se serre contre son fils, se blotti!
sous son bras levé, avec une attitude qui craint sans oser espérer et qui regarde en frémissant le spectacle des tortures déroulé sous ses yeux. On aimerait voir là l'image d'une Vittoria Colonna celle qui fut entre toutes, pendant son existence à Rome, l'objet du
culte passionné de Michel-Ange. Quelle qu'elle soit, elle a le visage des déesses grecques, le masque régulier, la bouche renflée, les lourdes paupières, le front bas et plein, limité d'épais bandeaux.
Ce qu'elle aperçoit, ce qui l'entoure, ce qui la presse, est, en effet, pour troubler son cœur et faire frissonner son esprit. C'est le tacle des élus, c'est aussi celui des martyrs qui viennent se faire juger et qui présentent au juge les instruments de leur supplice. Cette assemblée est morne, sans espoir, les élus sont aussi tristes
Michel-Ange.
ijînnn.
Le Jugement dernier : Saint Laurent.
l .i Jugement dernier : Groupe d'élus.
Michel-Ange.
Le Jugement dernier : Groupe d'élus.
que les réprouvés. A peine voit-on rayonner çà et là un visage jeune, paisible, un sentiment de sérénité, ou quelque beau corps de femme, l'Eve qui fait penser à la Diane chasseresse. Tout ce que l'on voit autour du Christ et de sa mère est de torture, de sang el de mort ; saint Laurent avec le gril où il rôtit, saint Barthélémy tenant sa peau d'une main, et de l'autre le couteau qui l'a écorché, sainte Catherine avec la roue sur laquelle <'ll<' fut déchiquel saint Biaise avec la scie qui mordit et coupa ses chairs, sain! Sébastien avec les flèches dont il fut transpercé, <•! d'autres, el d'autres encore, avec les croix où ils furent étendus comme leur maître. Ces martyrs à droite, les patriarches, les femmes de la Bible,
/.'■ Jugement dernier : Martyrs <i gauche du Christ.
l'Adam géant, la magnifique Eve et les saintes femmes à gauche, forment autour du Christ une assemblée en deux groupes, derrière lesquels arrive de toutes parts la foule qui veut se faire juger.
Tous ceux qui la composent se précipitent tremblent, supplient, les yeux fixés sur le juge, et ceux qui sont trop près du geste fulgurant ont une gesticulation de terreur, les mains étendues, se cachant le visage, attendant le coup qui peut les frapper. Au-dessous du Christ, un espace où courent des nuées livides, et, au centre de cet espace, le Michel-angi
/.,• Jugement dernier : Saint I
Michel .v i i
/.' Jugement dernier
Sain! Barthélémy.
groupe suspendu des sept anges sonnant de la trompette et des anges qui apportent les livres de la loi qui juge et qui condamne.
Plus bas encore, à gauche, la terre rend ses morts qui montent vers le Purgatoire, groupe intermédiaire entre le cimetière de Josaphat et la sphère des élus. Là, sur le sol, parmi les squelettes et les corps qui renaissent, Michel-Ange se serait représenté lui-même sous le costume d'un moine secourable. C'est bien lui. en effet, avec son nez brisé par le coup de poing du brutal
Torregiani, son front chauve, sa figure grave. Il aide les morts à se lever, et ce n'est pas seulement ainsi qu'il a marqué sa compatissance. Dans le groupe du Purgatoire, placé audessus, c'est l'effort pour s'élever, et c'est aussi l'aide venue de plus haut, des anges qui se penchent, tendent une main généreuse aux faibles, les tirent à eux, les réconfortent.
Il n'en est pas de même à droite.
Là, les anges sont enivrés de violence, frappent à coups redoublés sur ceux qui veulent franchir la région incertaine, les précipitent, pendant que de noirs démons se suspendent à eux, les entraînent, à travers les nuages soufreux, l'espacé enflammé, vers les noires régions où il n'y a plus d'espoir. Ici encore, on retrouve le mythe antique, la barque de Caron qui passe les âmes sur l'Achéron \ l'Erèbe païen. Le nautonier, ici, es! un diable cornu placé à la
Michel-Ange.
Le Jugement dernier : Groupe de martyrs.
Michel \
poupe de sa barque et qui frappe à grands eoups de sa rame plate les damnés fous de terreur qui sautent par-dessus bord, tombent aux mains féroces qui les attendent. C'est la fin de cette épouvantable mêlée, où il y a surtout désolation, crainte, épouvante.
Il faut ajouter que l'œuvre de Michel-Ange a été odieusement maltraitée, repeinte, les femmes nues rhabillées, les hommes cachés, drapés par Daniel de Volterre, qui reste affublé du surnom de Bragheitone. Il accomplit sa besogne du \ i\ anl même de M ic hel-Ange, qui
Le Jugement dernier : Saint Andrd. I;il>>;i faire, Mr dil
Michel-Ange.
Photo Alinar Le Jugement dernier : Anges sonnant de la trompette.
rien. Le grand x\Iichel-Ange avait trop d'orgueil pour discuter. Jl ne répondit rien non plus au cynique Arétin, furieux, humilié. vexé de n'avoir pu l'asservir en lui offrant sa protection, ei de s'être heurté à son dédain lorsqu'après avoir reçu de lui, en 15M.>. un dessin et une cire, il voulut davantage. Dix ans après, l'aventu rier vénitien ne craignit pas, écrivant à Michel-Ange (en novembn 1545) de le rappeler au sentiment catholique cl ;i la pudeur « ...Est-il possible, lui disait-il, que vous ayez ï;iit cela dans l<plus grand temple de Dieu, au-dessus du premier autel de Jésus, dans la plus grande chapelle du monde, où les gran<l> cardinaux de l'Église, où les pontilVs vénérables, où le vicaire «In Christ, par les cérémonies catholiques, par les ordres sacrés, par les
.Mu m i Ange.
Photo llinari
Le Jugement dernier : Groupe <lu Purgatoire.
Michel-Ange.
Photo Le Jugement dernier : Chute de réprouvés.
oraisons divines, professent, contemplent et adorent le corps, le sang et la chair de Jésus ?... » Ce n'est déjà pas mal. el l'on croirait entendre Tartuffe en chaire. Mais le ruffian ajoute encore « qu'une maison de débauches fermerait les yeux, pour ne point voir de telles indécences... C'est dans une salle de bains voluptueux, non dans le chœur souverain, qu'un tel style était à sa place. » Suivent les insinuations que l'on peut attendre d'un tel personnage à propos du sentiment passionné qu'un esprit ardent et entier tel que Michel-Ange pouvait apporter à ses amitiés. Il formule encore l'accusation de vol pour les retards apportés à l'exécution du Tombeau de Jules II, obsession perpétuelle de la vie de Michel-Ange. Et il conclut, en demandant la destruction
ri.,, l.i Jugement dernier : Groupe du Purgatoire.
du Jugement dernier, par ces paroles impudentes : « ...Et décidezvous, car je suis un homme à qui même les rois et les empereurs répondent. »
Michel-Ange, lui, ne répondit pas.
Il n'eut pas seulement à supporter les basses attaques de l'Arétin. Le cardinal Biagio da Cesena, maître des cérémonies du Vatican, qualifia aussi, la peinture d'inconvenante « œuvre de salle de bain et d'auberge ». De celuilà, on dit que Michel- Ange se vengea en le plaçant parmi les damnés : ce serait celui-ci, placé au coin de droite dont le ventre est mangé par un serpent. Que n'at-il plutôt figuré ainsi l'Arétin ! Le résultat de ces attaques fut ce
Michel Ange. Le Jugement dernier : Chute de
Michel-Ange.
llinari.
Le Jugement dernier : La Barque à Caron.
qui a été dit plus haut, la retouche et l'habillage des nudités, par Daniel de Volterre d'abord, puis sous Pie V, en 1566, par Girolamo da Fano. Et encore plus tard, en 1762, par Stefano Pozzi, sous Clément XIII. On n'a plus de document certain sur l'œuvre originale que la copie d'un peintre vénitien, Marcello Ve- Qusti, qui esl au musée de Xaples, recopiée elle-même par le peintre français Robert Le Voyer (au musée de Montpellier). La fresque de la Sixtine a été. elle aussi, souvent copiée, jusqu'à qos jours, et on peu! en voir la meilleure reproduction par Sigalon, à l'Kcole des I Vaux-Art s de Paris.
Michel-Ange avait l'espril trop haut, l'âme trop forte, pour ne pas supporter les offenses donl il lui l'objet. Il a pu en souffrir, il '•(! a souffert, il a grondé, il a exhalé sa tristesse et sa colère, mais
ce grand homme a vécu en bon homme, bourru bien! charitable, soutenant les siens tout en les morigénant, ainsi que le prouvent ses lettres à son neveu : dégagé des soucis journali lorsqu'il peut parler de son art, précieuses paroles transmises aux siècles par les Quatre dialogues sur la peinture, publiés par Francisco de Hollanda ; se délivranl encore par les amitiés qu'un Arétin ne craignait pas de suspecter, par les amours aussi où s'exaltail son être tout entier. Ici encore, il a pu souffrir, mais il ;i vécu, el une noble figure domine ses tourments, celle de Vittoria Colonna, marquise de Pescaire, qui reste auprès de lui comme une < * »i 1 1 idente et une inspiratrice, l'adoratrice de son ail et la musc de sa poésie.
Michel Ange.
Phoî
Le Jugement dernier, leste du Christ.
îr.n
Michel- \m;i:
Phnto Alinari.
Le Crucifiement de Saint Pierre.
XXI. -LA CHAPELLE PAULINE. — LE CRUCIFIEMENT DE SAINT PIERRE. — LA CHUTE DE SAINT PAUL.
Le travail de Michél-Ange au Vatican n'est pas terminé avec le Jugement dernier. Le vieillard doit remonter sur son échafaudage. Après la Chapelle Sixtine, baptisée par Sixte IV, Paul III veut que sa chapelle, à lui, la chapelle Pauline, soit décorée aussi par le plus grand artiste de son temps. Ce tut sans doute ce projet qui le rendit si pressant, au jour où il fil abandonner encore une fois, et définitivement, le tombeau de Jules II par le sculpteur. Il exigea les deux fresques encore visibles, malgré leur détérioration, dans la chapelle Pauline, qui s'ouvre sur la Salle Royale, comme la Chapelle Sixtine. Michel-Ange, vieilli, fatigué il avait 68 ans), commença en 1542 l'exécution des fresques. La maladie, par deux foi>. ru l.M-1 cl I.Mii. l'incendie en i;>l.\ inlci-
Mu mi. An«,i .
rompirenl son travail, qui ne fut achevé qu'en 1550. Vasari nous rend compte de l'état où il se trouvait : « 11 se plaignait d'avoir éprouvé de grandes fatigues en exécutant ces ouvrages. La peinture, ei surtout la fresque, ne convient pas ;mx vieillards. » On retrouve dans le Crucifiement de saint Pierre le même robuste apôtre qui apporte ses clefs au Christ dans le Jugement dernier, et son visage est d'une belle et stoïque expression pendant que l'on prépare la fosse pour la croix où il est déjà attaché la tête en bas. Il y aurait davantage marque de faiblesse dans la Chute de saint Paul, bien que le cheval s'échappe d'un beau mouvement, et que l'on retrouve, dans l'espace autour du Christ, la hardiesse de raccourcis, la montée et la descente des corps de la même science qu'aux figures du Jugement dernier.
Mk h ii '.
P o \linar{.
La Chute de Saint l'anl.