BOTTICELLI
Phot.
Un personnage du cortège de Moïse.
(Sephora) signifiait l'oiseau, et qu'il eut un fils dont le nom de Guéreschom signifiait « colon j'ai été là ».
C'est après ce mariage et cette paternité que Moïse quittera le pays de Madian pour retourner en Egypte à la suite de la scène du Buisson ardent : « Mosché paissait le troupeau d'Ithro son beaupère, le cohène de Madian ; l'ayant mené sur l'autre côté du désert, il atteignit la montagne d'Elohim au Horeb. Le maléak d"Iahvé lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Mosché regardait ; le buisson était enflammé de ce feu, mais ne se consumait pas... Alors Elohim l'appela du milieu du buisson, et dit: « — Mosché, Mosché... Ne t'approche point d'ici, reprit « la voix, avant d'avoir ôté de tes pieds tes sandales, car le lieu «où tu te tiens est une terre sainte. Je suis l'Elohim de ton «père, l'Elohim d'Icehaq et l'Elohim d'Iaâqob. » (Exode, III.)
l'.fiTT ICI. III.
Photo Alinari
Une des filles de Jethro.
Suit l'ordre do retourner en Egypte, dit au chapitre précédent.
Botticelli a placé, en haut, à gauche de sa fresque, Moïse au milieu de son troupeau. Il s'assied pour retirer ses sandales, puis il s'agenouille, pieds nus, devant le buisson ardent où Jéhovah lui apparaît parmi le feuillage et la flamme, sous la forme d'un vieillard bénissant. Au-dessous, il a représenté, ensuite, comme le Pintuiïcchio, le départ de Moïse avec sa femme, son enfant, son frère Aaron, ses serviteurs en turbans, ses servantes jeunes et vieilles, chargées de fardeaux, tandis que les hommes marchent gravement, sans rien porter. Un garçonnet, seul, tient sous son bras un petit chien blanc, à poils ras, à mine éveillée. Les femmes sont à la fin du cortège, sauf Sephora, la femme et la mère, la tête et les épaules enveloppées d'un voile. Elle se penche vers le petit Guéreschom, joli bambin qui reste joli à travers les pleurs qui attristent son visage ; ils vont cesser, puisque sa mère le console, et que son père marche en avant d'un pas ferme, la physionomie calme, l'allure décidée, tenant à la main le bâton qui a châtié et mis en fuite les mauvais bergers. Le Moïse de ce groupe est naturellement semblable aux six autres Moïses qui figurent dans les divers épisodes de la composition. Il est semblable aussi au Moïse de la fresque où le Pinturicchio a représenté ce même épisode de Moïse, quittant le pays de Madian pour l'Egypte, ce qui aiderait à faire croire que les artistes chargés de la décoration de la Sixtine se sont mis d'accord sur le type du principal personnage. Nous verrons de même Moïse vieilli avec une physionomie pareille acceptée de tous et qui ne sera modifiée que par Michel-Ange sculptant le Moïse de Saint - Pierre-aux-Liens.
Ce Moïse jeune de Botticelli et du Pinturicchio est de physionomie assez ordinaire : c'est un Hébreu quelconque choisi par Jéhovah pour exécuter ses desseins. De fait, Moïse ne devien-
cira le conducteur et le législateur de peuples que plus tard, et son visage prendra alors l'expression d'une gravité fatale, d'une volonté inexorable. Il faut aussi remarquer, malgré le pathétique, le terrible que peuvent avoir telles scènes illustrées parles peintres de la Sixtine, que leurs personnages gardent une tranquillité presque parfaite, à quelques rares exceptions près. Ici, l'Egyptien égorgé manifeste logiquement son épouvante sous le couteau de Moïse, mais Moïse frappant les pasteurs, contemplant Jéhovah, conduisant sa famille et ses serviteurs vers la tene d'Egypte, garde une physionomie placide, la même qu'il présentait tout à l'heure au courroux de l'ange dans la fresque du Pinturicchio. Ni Botticelli, ni Pinturicchio n'ont su dramatiser et émouvoir comme Giotto, si ardent à indiquer les gestes passionnés, les visages anxieux, les dialogues pathétiques. Les visages de leurs personnages sont paisibles, délicieux comme des portraits de gens au repos, et ils peuvent être loués pour avoir su garder cette mesure, dont Raphaël réalisera la perfection... Mais il viendra, pour achever le cycle de l'école,
BOTTICKLLI.
Moïse et sa famille.
un génie de même race, animé d'une individualité plus forte que les plus sûres méthodes, et qui révélera par I oui es les figures, par toutes les attitudes de son œuvre, une force d'expression qui n'avait pas encore été atteinte, et qu'il sera peut-être impossible de dépasser.
BOTTICELI.I.
Le petit Guéreschom, fils de Moïse.
COSIMO ROSSEI.LI mi PlERO Dl CoSIMO.
Photo Alinari Le Passage de la Mer Rouge