MER ROUGE
La troisième fresque n'est pas nettement attribuée à Cosimo Rosselli. L'érudition hésitante nomme avec lui Piero di Cosimo, indique la possibilité d'un apport de Gozzoli, et aussi des élèves de Ghirlandajo. On peut donc conclure à une collaboration, même si l'un des personnages rangés autour de Moïse est le portrait de Piero di Cosimo.
Le passage de la mer Rouge est la conclusion de la partie de la Bible où sont énumérés les fléaux infligés à la terre d'hiryple par la volonté de Jéhovah, faisant ordonner en vain par Moïse au Pharaon de laisser les Hébreux retourne]- dans leur patrie. Le bâton transformé en serpent, les eaux changées ''" sang, l'envahissemenl des grenouilles el des moustiques, la
peste sur le bétail, les ulcères sur les hommes, la grêle sur les moissons, l'arrivée des sauterelles, le noir règne des ténèbres, rien n'a fléchi le Pharaon désireux de garder ses esclaves. Il faut la mort de tous les premiers -nés de l'Egypte pour qu'il donne à Moïse la permission de partir avec le peuple d'Israël. Mais ce départ est à peine
' limon
aCCOmpll qu il Se CosimoRosselliouPierodiCosimo. Figure du Passage de la Mer Rouge.
repent d'avoir
accordé son consentement, et qu'il se lance à la poursuite des Hébreux avec six cents chars de guerre. « Se jetant après eux, les Micrites les atteignirent dans leur campement au bord de la mer : il y avait tous les chevaux des chars de Pareô, ses cavaliers et ses archers... L'ombre d'Iahvé, qui marchait en tète du camp d'Israël, changea de place et se mit à la suite des Israélites ; la colonne de nuée se mit entre le camp de Mieraïni el celui d'Israël... Mosché inclina la main vers la mer : ïahvé la souleva
par un vent d'est, pendant toute la nuit, la dessécha et en fendit les eaux... Les poursu i v a n t s , les Egyptiens, tous les chevaux de Pareô, ses chars, ses cavaliers, entrèrent à leur suite, au milieu de la mer...
« - - Etends ta « main sur la mer, « dit Iah vé à « Mosché, pour « que les eaux re- « viennent sur « Miçraïm, sur ses « chars et ses ca- « valiers. » Et Mosché étendit la main sur la mer, qui, avant la venue du matin, rentra dans son niveau, les Egyptiens fuyant à l'encontre. Et Iahvé abîma les M irrites au milieu des eaux. Les flots, revenant, couvrirent les chars, les cavaliers et toute l'armée de Pareô, qui étaient entrés à la suite des Israélites dans la mer ; il n'en resta pas un seul. Pour les Benê Israël, ils avaient franchi la mer à pied sec, les eaux leur présentanl une muraille à droite et à gauche. » (Exode, XIV.) Le paysage de la fresque est infiniment dramatique, divisé en
Photo Alinan MO Rosselli ou Piero di CosiMO. Figure du Passage de la Mer Rouge
doux par la colonne de Jéhovah : d'un côté, une ville d'Egypte, qui est une ville italienne avec ses remparts, ses tours, ses coupoles : de l'autre, les défilés de roches, les collines, le rivage planté d'arbres où les Hébreux ont pris pied. Au ciel, de lourds nuages amoncelés sur l'Egypte, une pluie torrentielle au milieu et sur toute la parti.; droite, la mer avec l'avancée forte et régulière de ses vagues, et la cavalerie d'Egypte qui sombre, les chevaux qui battent l'eau, les cavaliers désespérés couverts d'acier, armés d'épées et de lances, le désastre qui s'accomplit sous les yeux du Pharaon que l'on aperçoit au loin, sur son trône, contre la fortification de la ville. De l'autre côté de la mer, Moïse, un Moïse vieilli, grave, sévère, sa baguette à la main, se tient debout, vêtu d'une robe jaune, drapé d'un manteau vert, entouré de chevaliers aux armures resplendissantes. On voit en ceux-ci Malatesta, général vénitien, Orsini, son lieutenant, qui venaient de gagner une bataille pour le pape et Venise. Le passage de la mer Rouge servait ainsi à la glorification d'un récent fait d'armes. Parmi cette brillante assemblée, Myriam, sœur d'Aaron, chante en s'accompagnant sur le luth (la Bible dit un tambourin) les louanges de Jéhovah, « parce qu'il est grand et qu'il a enfoncé dans la mer le cheval et le cavalier ».
Lnrfi r»< COSIMO ROSSELLI OU PlERO Dl COSIMO.
Fragment du Passage de la Mer Rouge:
Cavalier égyptien.
COSIMO ROSSELLI.
Photo Alinari.
La Loi du Sinaï et le Veau d'or.