‹ Les musées d'Europe. La peinture au Louvre;Chapitre 7 sur 35 · Scène du déluge · texte numérisé non relu

Scène du déluge

Guérin, de même, subit David, met l'antiquité en froids tableaux de tragédie. Gérard affadit Psj'ché et l'Amour, Daphnis et Chloé, mais il a un goût certain de portraitiste, soit qu'il conçoive le bel arrangement du T'ortrait de M . Isabey et de sa fille, soit qu'il représente, en une grâce un peu apprêtée, la Comtesse Regnault de Saint- Jean d'Angely, au tin visage, aux bras souples.

Gros, lui aussi, est une victime de l'art de David, et même il mourut de David, puisqu'il se suicida en 1835, du chagrin de se croire distancé par le mouvement nouveau. Il se trompait, car il avait été l'annonciateur de ce mouvement par tant de belles pages où il se montre historien dramatique, peintre pittoresque et puissant. II a au Louvre des portraits, Bonaparte à Arcole, les Pestiférés de Jaffa,

David.

^l/-'* Morel de Tatigry et ses pUes.

et son chef-d'œuvre : le Champ de bataille d'Eylau, la plaine de neige, la désolation de la mort, le visage fatal de Napoléon.

Le peintre indépendant, au temps de David, c'est Prud'hon (1758i823).Celui-là poursuit son doux rêve à l'écart. Il ignore les poncifs au goût du jour, la lourde érudition, le mensonge des formules. Il dit son

Page 1