‹ Les musées d'Europe. la peinture étrangèreChapitre 16 sur 46 · LU C/) LU · texte numérisé non relu

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RUBENS

Triomphe de la Religion (Fragment)

quant aux intentions, y vient trop souvent au secours de l'historiographe ignorant ou embarrassé.

La série exécutée est, néanmoins, très importante et très renseignante dans la biographie d'artiste de Rubens, bien qu'il ait été longtemps de mode, on ne sait pourquoi, de la tenir en une sorte de suspicion. Pourtant, si l'histoire y est quelquefois banalisée et défigurée en allégorie, si certaines parties ont été trop abandonnées aux élèves, il en est d'autres qui sont des merveilles de conception raisonnée, de composition décorative, de représentation des caractères. La grâce cavalière et le charme féminin y régnent, exprimés par toutes les ressources du dessin le plus ample, de la couleur la plus savante. On peut rester sans un ennui, sans une lassitude, en contemplation devant les figures mythologiques en apothéose et tant de beaux portraits en action. « Peintures admirablement réussies », telle fut la formule prononcée par Marie de Médicis et répétée par la foule des courtisans. La postérité peut ratifier ce jugement

bien que dicté au modèle par sa satisfaction. C'est ici qu'il y a lieu de rappeler que, malgré cette opinion favorable de la reine, l'artiste tarda tant à recevoir le prix de ses travaux, qu'il nemontra pas grand empressement à disputer à un concurrent italien la décoration d'une deuxième galerie.

La commande lui échut, néanmoins, mais resta dans ses cartons à l'état d'esquisses, trouvées après sa mort .

Mais c'est l'œuvre du décorateur et du peintre qui importe surtout. Le décorateur résout toutes les difficultés, sans que rien décèle l'hésitation et la fatigue. Les personnages mythologiques ou symboliques, les Parques, Junon, Jupiter, les Heures, les Fleuves, les Amours, les Trois Grâces, l'Hymen, les Naïades, l'Anarchie, la Victoire, Apollon, Minerve, Mars, Vénus, etc., se mêlent

RUBENS

Pliotu Giraudon.

Thomyrii jait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang.

RUBENS

Photo tjiraudon.

Paysage.

avec la plus heureuse facilité aux personnages réels. Le peintre ne se désintéresse nullement du programme : voyez le délicieux trio des Grâces qui président à l'éducation de Marie de Médicis, — les Naïades qui s'ébattent dans les eaux du port de Marseille, — les Parques et la Junon de la Destinée de Marie de Médicis, le magnifique cheval blanc du Voyage de Marie de Médicis aux Pontsde-Cé, l'ingénieuse, l'étonnante mise en scène de Henri IV recevant le portrait de Marie de Médicis, etc. Et lorsque Rubens veut bien occuper toute la scène, c'est l'admirable Couronnement, chefd'œuvre de peinture historique, fait de force, de beauté souple et de simplicité.

Malgré toutes les ^-objections.

ces œuvres sont vraiment l'un des attraits, l'une des parures du Louvre. On les voit maintenant dans une salle spacieuse, richement décorée, et l'on peut se faire par elles une idée exacte de la poésie théâtrale, de la vérité d ' attitudes et de gesticulation, de la grâce robuste et fine de Rubens.

Van Dyck (1599- 1641) doit être nommé ici. Tl est, dans l'histoire de l'art des Flandres, une sorte de lieutenant de Rubens, formé par lui, touché comme lui par la science italienne, mais animé d'une charmante et souple personnalité, qui empêche toute confusion avec la personnalité plus forte de son maître. Van Dyck a pour lui un charme de jeunesse, une grâce cavalière, et aussi un certain dandysme, dangereux à imiter, car il se transforme aisément, chez les

Rubens.

Photo Git'tiution.

Voyage de Marie de Médicis aux Ponls-de-Cé.

RUBENS

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