‹ Les musées d'Europe. la peinture étrangèreChapitre 19 sur 46 · L'ÉCOLE HOLLANDAISE · texte numérisé non relu

L'ÉCOLE HOLLANDAISE

I. — GÉRARD DE SAINT-JEAN. — ANTONID MOHO. — MIEREVELT — ELIAS. — FRANS11.VLS. — VAN GOYEN. — REMBRANDT.

JLiA peinture hollandaise commence au Louvre avec quelques tableaux du xvie siècle: un Sacrifice d'Abraham; la scène de Loth et ses Filles groupés au premier plan pendant qu'au loin la ville foudroyée s'enflamme, se brise, s'écroule; des portraits d'hommes; une grande Vénus de Zustris ou Suster (1526-1600), mélange d'Aile-

magne et d'Italie.

La Résurrection de Lazare, de Gérard de Saint- Jean, qui vivait à Haarlem pendant la seconde moitié du xvie siècle, est l'œuvre la plus remarquable de cette période, avec son assemblage bien réglé de costumes rouges, verts et noirs, son Christ famélique et révolutionnaire, ses Juifs à grands bonnets qui se bouchent le nez à l'odeur du cadavre ressuscité. Une telle peinture vient visiblement des Flamands de l'époque précédente, montre l'éclosion d'art plus tardive en Hollande. Cela n'a rien pour surprendre. Malgré le contact immédiat des deux pays, la Hollande, plus retirée, plus perdue dans le dédale de ses canaux et la brume de la mer, devait connaître après la Flandre la montée et la conquête de l'art. Puis, brusquement, c'est Antonis Mor, ou Moro (vers 1512-1576),

Gérard de Saint- Jean.

Phntn Giraitdon.

La Résurrection de Lazare.

si différent des premiers peintres hollandais ses contemporains.

Moro, il est vrai, né à Utrecht, a voyagé en Italie, en Espagne, en Angleterre, avant de se fixer à Bruxelles et à Anvers, et c'est un art complet, cosmopolite, qu'il rapporte parmi ses compatriotes encore au travail sur place. On peut le considérer comme un peintre magnifique, non sans rapports avec Holbein. Il aborde la représentation du visage humain avec une certitude étonnante, il sait scruter les yeux, faire penser les fronts, marquer un caractère par la sérénité d'une chair sanguine, par l'usure d'un teint jauni, par la construction ou la lippe d'une bouche, par la physionomie des mains. Il sait aussi rendre sa toile somptueuse par l'arrangement et la peinture des costumes, il sait approfondir la couleur, velouter les noirs,

Antonio Moro.

Phnto Giraudon.

Le Nain de Charies-Quint.

MlERF.VELT OU NlCOLAS ELIAS.

Photo (jmiudvn.

Portrait de femme.

dorer les blancs, faire jaillir la lueur d'un bijou.

Les portraits qu'il a au Louvre, de Louis del Rio et de sa femme, d'Edouard VI, de sir Francis Drake, du Nain de Charles-Ouint, soucieux et revèche auprès de son molosse, ces portraits sont d'une certitude, d'une intelligence, d'une gravité, d'une sobre harmonie, d'une sombre richesse, qui peuvent entrer en comparaison avec les

œuvres des maîtres qui ont étudié la figure humaine. Cette peinture de Moro est une peinture cosmopolite, c'est vrai, mais on peut y discerner le sérieux, la gravité de toute une partie de l'art hollandais, et non la moindre, puisqu'elle a Rembrandt comme expression suprême. Voici, maintenant, que les manifestations de la vie civique se font jour,

fm^ti

^SHj

Bj H ;

■*-if3^V -'."-■' V,t^ -v "\-^3

ÉH ■■' B^^t/i^

1 jM

^.j** ^ *'*^£îf*'v "^fa'S^^î* 391

jËs^S-*' fcfciiîLt 1 V1' ' •'* 'ii

* *^ 1 r H i-f**ï&3pl

Page 1