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LE COURONNEMENT DE LA VIERGE

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Agnolo Gaddi.

ï'/iùto Giraudon.

L'Annonciation.

(1330-1410), par sa Présentation au Temple, d'une si grande richesse, les têtes auréolées d'or, les manteaux brodés d'or, le grand prêtre splendide, et tout cet apparat laissant percer le charme délicat. Un Calvaire, de l'école de Sienne également, est riche de couleurs, mouvementé de dessin, et très nuancé malgré le tumulte d'une foule d'exécution capitale, la même à toutes les époques.

Il faut passer sur bien des artistes intermédiaires, arriver à Fra Giovanni da Fiesole, dit l'Angelico (1387-1455), l'artiste qui a interprété avec le plus de douceur, de suavité, de pureté, les conceptions religieuses de son temps. On ne trouvera pourtant chez lui aucune folie mystique, aucune exaltation, mais au contraire une rare finesse, et j'oserai dire une parfaite mesure, un soin exquis à équilibrer

les lignes, à distribuer la couleur. 11 est très miniaturiste, très attentif, lorsqu'il met en scène le Martyre de Cosme et Damien, la forteresse et le paysage, le bourreau rouge, les têtes coupées qui roulent à terre avec leur auréole. Il est plus savant, plus maître de son art, lorsqu'il retrace, en trois compartiments, les scènes de la mort de Jean-Baptiste, la danse de Salomé, blonde et souple, la décollation, la tête apportée à Hérode. Enfin, il est admirablement lui-même, par un chef-d'œuvre, le Couronnement de ta Vierge, d'un art si jeune et si touchant, les saints et les anges groupés architecturalement autour du Christ, dressé comme un roi sur son trône et couronnant la Vierge, délicieuse petite fillette blonde, si gentille, si ingénue, presque sans corps, sous son manteau bleu qui tombe d'une seule ligne droite. Les robes des anges, des saints et des saintes, sont des couleurs les plus claires et les plus vives, roses, vertes, rouges et bleues, d'un bleu de ciel que seul l'Angelico a su oser, et toutes ces couleurs se tiennent, s'accordent en leur gamme vive et fraîche, soutenue par des ors.

En même temps que Sienne et Florence se confondent chez un artiste comme l'Angelico, l'école ombrienne prend son essor avec Gentile da Fabriano (1370-1427), qui agenouille Pandolfo Malatesta, seigneur de Rimini, aux pieds de la Vierge et V Enfant, et qui montre la Présentation au Temple au milieu d'architectures italiennes. Son collaborateur Vittore Pisano, dit Pisanello (1380-1451), de Vérone, peint le Portrait d'une princesse de la maison d'Esté, coiffée en forme d'œuf, les cheveux tirés sous une bandelette, le front bombé et ivoirin, le profil net, comme tracé par le médailleur qu'était Pisanello, la taille placée haut, les manches rouges, la robe blanche, singulier et vivant portrait sur un fond de fleurs et de papillons.

Nous nous retrouvons à Florence avec Paolo di Dono, dit Paolo Ucello (1397-1475), l'auteur de cette superbe Bataille où la confusion

s'ordonne, où la mêlée des chevaux, des cavaliers, des lances, des guidons, des casques à cimier, se présente avec une sorte de svmétrie. Paolo

Ucello est aussi l'auteur des cinq portraits réunis sur lesquels Vasari écrit cette note : «Paolo aimait beau coup le talent des artistes qu'il regardait comme siens, et pour que la postérité en gardât mémoire, il peignit de sa main cinq hommes fameux, sur un panneau long qu'il gardait chez lui en leur honneur: l'un était

Giotto, lumière et principe de l'art; le second était Filippo di Brunelleschi , pour l'architecture ; Donatello, pour la sculpture ; lui-même, pour la perspective et les animaux ; et, pour les mathématiques, Giovanni Manetti, avec lequel il s'entretenait souvent et raisonnait sur les

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Portrait d'une princesse de la Maison d'Esté.

problèmes d'Euclide ». Voilà un beau document, qui nous apporte 1a preuve, par la plume d'un sincère historiographe, des sentiments qui animaient ces grands artistes les uns pour les autres. Sauf Giotto, ces hommes vivaient au temps d'Ucello, et nous avons ici leurs images fidèles. Combien ils nous apparaissent simples, sérieux, d'intelligence passionnée, en accord avec leurs œuvres ! Et Giotto, transposé d'après un portrait authentique, préside cet entretien commencé à Florence et qui se continue à Paris.

Domenico Ghirlandajo

La Visitation.

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