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C'est le tableau le plus important de Potter au Louvre. Mais il a encore un Cheval en liberté, blanc et noir, dans une prairie où l'on voit aussi un cerf et deux biches ; des Chevaux attachés à la porte d'une chaumière, finement et nerveusement modelés; et le Bois de la Haye, aux plans lumineux sous les arbres, animé par les vaches à l'abreuvoir, les moutons au repos, le cavalier, le carrosse et l'auberge.
La dorure de soleil que nous venons d'admirer chez Paul Potter, nous allons la retrouver chez Albert Cuyp (1620-1691), plus affirmée d'une autre manière, plus riche, étudiée à l'heure plus avancée du couchant, alors que l'atmosphère se vaporise davantage, embrume les feux mourants du jour. Les objets et les êtres éclairés par cette lumière ne sont pas du même sentiment fin et tendre que chez Paul Potter. Cuyp aime moins les choses pour elles-mêmes, les prend surtout pour les faire servir à l'harmonie de sa couleur et au doux éclat de sa lumière. Il est plus indifférent pour le choix, se laisse volontiers aller à l'anecdote, ou plutôt croit nécessaire, pour la construction et l'intérêt de son tableau, de compliquer le sujet principal par l'adjonction de figures et d'occupations dont il pourrait fort bien se passer. Ainsi, son beau Paysage aux vaches fauves serait
Paui. Potter.
Le Bois de la Haye.
plus beau sans le groupe du berger Auteur et des enfants qui veulent s'imposer à l'attention, au détriment du magnifique espace lumineux. Au contraire, dans la Promenade et le Départ pour la promenade, tout est d'accord, les cavaliers en habits d'un si beau rouge, et d'un si beau bleu, les chevaux gris pommelé, et les lointains si délicieusement illuminés. Cuyp a aussi au Louvre une Marine, qui est un sûr et dramatique paysage de tempête, mais il reste surtout dans le souvenir comme le peintre de la poussière d'or et de la poésie des soirs d'automne.
Un autre monde se découvre dans l'œuvre de Jacob Ruysdaël (1628-1682), qui serait le plus grand paysagiste de la Hollande, s'il n'y avait pas Rembrandt. De même race que Cuyp, trouvant, comme lui, l'inspiration de son art dans sa patrie, il fournit la preuve de l'immense, de l'inépuisable variété de la nature, offerte à tous les esprits opposés, à tous les tempéraments, à toutes les humeurs. Ruysdaël était d'humeur sauvage, d'esprit réfléchi et triste. Il préférait, aux grasses images du bien-être, aux douceurs blondes de la lumière, les solitudes où sévit la violence des éléments, les ciels chagrins brouillés par les averses et ravagés par les ouragans. Je fais là, bien entendu, son portrait d'après les sentiments qui me paraissent dominer son œuvre, mais la supposition est d'accord avec ce que l'on croit savoir de sa vie mélancolique et pauvre.
On trouvera cet accord au Louvre par les verdures sombres, les ciels nuageux de ses tableaux. Le Buisson, qui peut se nommer aussi le Coup de vent, est une image de désolation : les feuillages secoués, tordus, les nuages chassés d'une course rapide, et, sur le talus qui monte vers une chaumière, un homme qui peine sous la rafale, suivi de ses chiens. Après cette tristesse, la fureur. La Tempête sur les digues lance la mer du même mouvement large et rythmé