‹ Les musées d'Europe. la peinture étrangèreChapitre 28 sur 46 · RUYSDAËL · texte numérisé non relu

RUYSDAËL

La Tempête sur les digues.

à travers les piliers noirs de l'estacade et sur la palissade qui protège un humble toit. La vague fait rage, se soulève en amas verdâtres, éclairés par places, se balance en vastes ondulations, se répand en écume. De gros navires semblent immobiles, des barques chargées de toile courent, inclinées sous le vent, l'horizon d'eau est livide sous le ciel noir. Lorsque Ruysdaël veut montrer le sourire de la lumière comme dans le paysage du Coup de soleil, il fait passer cette lumière à travers les nuées un instant éclaircies, il frappe la prairie d'un rayon furtif qui fait apparaître plus sévère tout le reste du paysage, le pont, le moulin, l'église, le château, les ruines, et rend

semblables à des ombres les mendiants et le cavalier arrêtés sur la route.

On peut passer vite, après Ruysdaël, devant Karel du Jardin (1622-1678), si ingénieux que soient ses agencements de paysages et ses groupements d'animaux.

Il n'y a pas là d'émotion et de poésie, et le peintre est plus lui-même avec la farce de ses Charlatans italiens. De même, après la Tempête sur les digues, on ne peut que nommer Bakhuysen (1631-1708), en signalant toutefois la belle qualité de ses Marines, de sa Mer agitée, de son Escadre hollandaise. Le paysagiste qui clôt le xvne siècle en Hollande est Meindert Hobbema (1638-1709), moins âpre, moins profond que Ruysdaël, mais épris de nature, attentif, se plaisant autour des pauvres maisons, aux lisières des forêts. Son œuvre a vraiment la couleur et l'odeur des feuilles. C'est le peintre des arbres, un ancêtre certain de notre école de Fontainebleau. Il n'a que deux paysages au Louvre. Dans l'un, au bord d'une mare, un vieux chêne brûlé par la foudre achève de mourir. Dans l'autre, à travers l'arche de deux

Hobbema.

Le Moulin à eau.

en

Cû

LU

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