‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 10 sur 52 · TORSE DE FEMME DRAPÉE · texte numérisé non relu

TORSE DE FEMME DRAPÉE

prises avec la vie. Toutes ces femmes de pierre ou de bronze qui peuplent les acropoles et les voies triomphales, vêtues du chiton aux plis profonds, sous lequel se dessine et se soulève largement la poitrine, ont pour ancêtre immédiat la Héra s a mien ne. Sous l'influence des sculpteurs d'Athènes, une vaste renaissance s'empare des vieilles effigies des hommes et des dieux pour les régénérer. A Xanthos, en Lycie, le Monument des Harpyes, l'Exaltation de ta fleur, bas-relief trouvé à Pharsale, enfin les fragments découverts à Thasos par Miller, sont les indices et les plus beaux exemples de ce renouvellement.

En même temps, avec Kanakhos, Agéladas et Aristoclès, les écoles doriennes du Péloponèse produisaient des œuvres importantes. De l'Apollon de Didymes, exécuté par Kanakhos, on peut se faire une très exacte idée d'après le bronze Payne- Knight, au Musée Britannique, et surtout d'après l'Apollon de Piombino, au Louvre. Le bronze de Paris est très probablement une copie, faite dans les dernières années du

Apollon archaïque en bronze (de Pîombhio).

VIe siècle, de l'œuvre sicyonienne. La statue, de formes robustes, porte d'aplomb sur la jambe gauche, la figure est délicieusement

fine et jeune, les cheveux noués retombent en arrière.

L'ensemble donne une impression de vigueur et d'agilité, de savoir et de simplicité dans le dessin du corps.

Le grand nombre de statues d'athlètes, comme le fait justement remarquer Maxime Collignqn, a contraint les artistes grecs à faire une étude approfondie des proportions et de Fanatomie:

mais si l'on compare l'Apollon de Piombino aux fragments de statues découverts à Actium et donnés au Louvre, à l'Apollon de Ténéa, du musée de Munich, on voit que la statuaire a déjà eu le temps d'apprendre et de simplifier heureusement. L'exécution de l'Apollon de Piombino est ici infiniment plus souple et plus habile.

L'art éginétique, qui présente les plus beaux types de la sculpture archaïque en Grèce, n'est pas représenté au Musée du Louvre, mais son influence sur les œuvres postérieures, sur l'art du

Le Discobole auj-epos.

Parthénon et d'Olympie, sur les bas-reliefs des temples des îles et de l'Asie Mineure est trop profonde, pour qu'on puisse le passer sous silence. Les noms des artistes et des fondeurs conservés par les lexicographes et les critiques sont nombreux. On retrouve les Eginètes à Sparte, à Corinthe, à Syracuse, auprès du roi Gelon. Le chef d' œuvre de l'école est le temple d'Athéna à Egïne, dont les statues, sur les frontons, illustrent des sujets empruntés à Homère et célèbrent la gloire des héros qui protègent la ville.

Contemporains de Phidias, les péloponésiens Kalamis et Myron procèdent encore des vieux maîtres, qu'ils suivent de très près. L'un et l'autre sont des animaliers remarquables, et la «Vache» de Myron fut célébrée par tous les poètes de l'anthologie alexandrine. Une œuvre comme le Discobole du Vatican, copie vraisemblable de la statue originale, est assurément celle d'un novateur, qui s'intéresse à toutes les images de la vie, au dessin du corps humain dans toutes les attitudes de l'effort. On retrouve cet art dans le Discobole au repos du Louvre, qui a la mesure et la gravité, la force élégante et sûre d'elle-même.

Incendiée et pillée à l'époque des guerres médiques, alors que ses citoyens confiaient la fortune et l'avenir de leur race à leur flotte de guerre, Athènes, sous Cimon, se relève de ses ruines. Le Théséion avec la frise qui représente la lutte des Lapithes et des Athéniens contre les Centaures, aux noces de Pirithoos, atteste un effort d'art considérable, le passage du style archaïque à celui de la grande époque.

C'est à Londres, au British Muséum, qu'il faut aller voir la série des grands marbres du Parthénon, contempler dans la beauté de la matière, dorée par les ans, les hommes et les femmes associés pour honorer la Protectrice de la cité, Athéna Poliade, les guerriers et les sacrificateurs, la cavalcade et le cortège. Pourtant on peut essayer, au Louvre, de résumer d'après quelques beaux fragments

les caractères essentiels de cet art, l'ensemble de faits historiques auquel il se rattache, l'importance esthétique et morale qu'il

a conquise dans l'histoire humaine.

Athènes au Ve siècle, avant la guerre du Péloponèse, est la capitale de l'esprit grec. Par ses colonies et tout le système de ses alliances avec les peuples barbares, elle domine dans la mer Egée et dans l'Hellespont. Sa puissance maritime et militaire lui assure l'hégémonie sur toutes les cités rivales.

Au théâtre, Eschyle, Sophocle et Euripide créent et amènent à la perfection la forme d'art la plus représentative, avec la statuaire, du génie de la race: le drame attique. Aristophane exerce sur les hommes et sur les choses de son temps une verve satirique qui

Athêiîê et le Peuple athénien.

(Au dessous le compte rendu des dépenses faites par les trésoriers du Parthénon).

GRECE

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