JEUNE HÉROS OU DEMI-DIEU
n'épargne ni les nobles chimères de la philosophie ni les tentatives hasardeuses des politiques. Avec la Cité rendue à la paix, après la crise redoutable des guerres contre les Perses, où l'avenir même de la civilisation et de la raison se trouve mis en jeu, des temples s'élèvent, pour abriter les dieux de la patrie. «Athènes, dit Plutarque dans la Vie de Périclès, — bien pourvue de tous les moyens de défense que la guerre exige, emploie ses richesses à des ouvrages dont l'achèvement doit lui assurer une gloire éternelle.» Après le Theseion, le Temple de la Victoire Aptère, le Parthénon, les Propylées, l'Erechteion réclament le concours de tous les arts: la peinture, la torentique, la statuaire complètent les chefs-d'œuvre réalisés par l'architecture. Ainsi naissent ces ensembles harmonieux, mutilés par le temps, mais dont les débris recueillis et dispersés dans les musées d'Europe, au hasard des découvertes et des négociations, attestent et glorifient la grandeur de l'époque à laquelle ils furent conçus. Le nom de Phidias domine tout l'art de ce temps. Il est devenu pour nous un des symboles essentiels du génie grec, associé à celui de Périclès, dont la politique philosophique lègue à l'avenir l'exemple et les règles éternelles de la démocratie, dans des discours comme celui que Thucydide transmet et résume avec fidélité: l'oraison funèbre des guerriers morts pendant la première, partie de la guerre du Péloponèse.
Phidias fut élève d'Agéladas. C'est dire que son savoir et sa vision d'artiste ont subi l'influence des écoles doriennes. Longtemps il travailla obscur à l'époque de Cimon, résuma par des groupes de bronze et par des statues colossales, comme la célèbre Athéna Promakhos, la libération de la Grèce et sa victoire sur les hordes de Xerxès. Les historiens anciens citent encore, appartenant à cette première manière de son génie, des œuvres de date douteuse, des statues d'or et d'ivoire aujourd'hui perdues.
Avec Périclès, son nom et sa biographie s'éclairent. En même temps cpie son frère le peintre Panœnos, aux côtés d'Alcamènes,
d'Agoracrite et de Pœonios, il dote sa patrie d'oeuvres immortelles. Puis l'inconstance et la légèreté des Athéniens se retournent contre lui.
C o m m e Thucydide, banni pour avoir mal d é f e n d u l'embouchure du Strymon, alors qu'il commandait devant Thasos les croiseurs stationnants, il connaît et il subit l'injustice des démocraties. A la suite des procès cpie lui intentent ses concitoyens, il est contraint de s'exiler en Elide, où il travaille aux marbres d'Olympie et où il meurt.
Pausanias nous laisse des descriptions détaillées qui nous permettent de nous rendre compte avec exactitude de l'effet produit par les grandes statues chryséléphantines, conçues et exécutées par lui ou sous sa direction, l'Amena Parthénos, le Zeus d'Olympie, célèbres dans toute Fanti-
Buste de Fleuve, dit Y InopoS'.
GRECE