‹ Les musées d'Europe. La sculpture au Louvre;Chapitre 14 sur 52 · VÉNUS D'ARLES · texte numérisé non relu

VÉNUS D'ARLES

breuses œuvres, toutes charmantes, ingénieuses et vigoureuses, il y exerça sur les destinées de l'école attique et, d'une manière générale, de la statuaire grecque tout entière, une profonde influence. Son art, comme celui de Scopas, renouvelle et rajeunit la figure des dieux. L'Antiquité lui attribuait la création du type de l'Aphrodite: la célèbre Vénus de Cnide, dont une médaille frappée en l'honneur de Caracalla porte l'image, célébrée à l'envi, comme la plupart des chefs-d'œuvre populaires, par les poètes de l'Anthologie, décrite avec précision et d'une manière détaillée par Lucien, est une mortelle pleine de jeunesse et de charme.

L: Apollon Sauroctone du Louvre, réplique d'un original en bronze, dont il existe d'autres exemplaires, est la statue, harmonieuse et fidèle, d'un éphèbe grec du IVe siècle. Si les personnages des frises, au Parthénon, nous font penser aux interlocuteurs des dialogues de Platon, si les vierges du Cortège sont bien les mêmes que les chastes héroïnes des tragédies de Sophocle, le jeune dieu de Praxitèle, la tête inclinée sur l'épaule droite, la main dressée dans l'attitude du chasseur qui va surprendre une proie, sans inutile effort de musculature, évoque l'Athènes plus ouverte, de vie plus libre et plus facile, qui se prépare à subir sans tristesse le joug de l'hégémonie macédonienne.

Les légendes dionysiennes, avec leurs personnages rieurs, leurs enfants enivrés, les faunes, les satyres, tout le cortège des bacchanales, ont tenté aussi, et pour la première fois, l'artiste athénien. Elles avaient déjà produit le grand courant de la comédie attique ancienne, avec sa verve débridée, ses allusions énormes, son enthousiaste lyrisme. A présent, elles font naître des œuvres d'un caractère plus élégant et plus familier. Ces faunes charmants qui, accoudés sur une stèle, les épaules recouvertes en partie par la nébride, s'essaient à jouer de la flûte, sont-ils d'exactes copies du fameux Périboètos de Praxitèle? C'est peu

probable, mais ils conservent l'allure de jeunesse et d'abandon si particulière dans les statues du maître. Et Ton peut croire que le

torse mutilé conservé au Louvre, d'une telle puissance et d'une telle grâce, sous l'éclat doré de Fépiderme, est de la main même de Praxitèle, ou du moins l'admirable copie, par l'un de ses meilleurs élèves, de l'un de ses meilleurs ouvrages.

Ils sont nombreux, sans qu'on puisse leur assigner une attribution précise, ces enfants de bronze et de marbre, fondus et sculptés à la suite de Praxitèle, jusqu'à l'Enfant à l'oie ciselé en argent par Bœthos et compté par Hérondas au nombre des richesses d'art de l'Asclépiéion de Cos. Et plus tard encore, les maîtres grecs aimeront à dessiner les formes gracieuses et pleines, les membres délicats

Ecole de Pbaxitùle.

Bros essayant l'arc d'Hèralilès.

GRECE

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