APOLLON
du Théâtre antique de Lillebonne
et résistants, s' efforçant avec maladresse aux travaux des hommes faits. L'Eros essayant l'arc d'Héraklès, sujet dont les répétitions sont innombrables, n'est vraisemblablement pas la copie d'un des amours de Thespies, œuvres de Praxitèle et de Lysippe, mais il appartient à la même époque et à la même tradition d'art. Un peu plus tard, le conte épique alexandrin aimera à chanter les enfances»
des dieux et des héros: il montrera, avec Callimaque, le petit Hercule au berceau étouffant les serpents envoyés par Héra.
L'art de Praxitèle est d'accord avec des œuvres de ce genre.
Plus nous avancerons dans l'histoire de la sculpture grecque, plus nous rencontrerons les images de ces enfants et de ces adolescents, surpris dans les occupations familières de la vie, comme ce petit Tireur d'épine, dont le^Louvre possède une très-belle copie en bronze, exécutée à Rome en 1540 par Francelli et Sansovino. Le petit Faune, offert à Louis XVIII la municipalité de Vienne, qui rit de façon si narquoise et
Statuette d'enfant.
par qui
dresse ses oreilles pointues de sylvain, doit être placé à côté de tous ces enfants divins et humains, qui sont ce que l'art grec nous a laissé de plus délicatement ingénieux et de plus charmant.
En même temps, la sculpture devient dramatique et s'exerce à
traduire les sentiments de l'âme humaine dans les tragédies de la légende et de l'histoire, non pas avec ce faste et avec cette p o m p e dont le Laocoon nous offrira plus tard l'exemple, mais avec une décence et une mesure q u i appartiennent seulement aux grandes époques de l'art.
Il en est ainsi
dé la statue de Niqbide qui est au Louvre sans tête et sans bras, le corps infléchi. Elle a peut-être fait partie de l'ensemble, aujourd'hui perdu, dont les copies sont à Florence, et que les critiques anciens attribuaient à Praxitèle ou à Scopas.
Le Faune de Vienne.