ATALANTE
tandis qu'un petit génie ailé soutient, à droite, le globe du monde.
Un moment l'école attique verra se produire en elle une sorte de renaissance. Sous la domination romaine, Glyeon, Sosibios, Apollonios, auteur du Torse du Vatican, Clépmène, auteur de la Vénus de Médicis, sont d'excellents et parfois d'admirabes artistes. Le génie grec ne cesse pas d'être fécond. Le genre du portrait a donné déjà de belles œuvres:
{[Homère, dont Rembrandt s'est si nettement inspiré dans son tableau de la Haye; le Démosthène tenant sur ses genoux un rouleau manuscrit, qui est peut-être l'Histoire de la Guerre du P é 1 o p o n è s e, de Thucydide, dont il faisait sa lecture ordinaire; le philosophe Posidonius, d'aspect un peu court et étroit, dans l'attitude du professeur et du discuteur. Le genre va s'élargir et se préciser encore.
A mesure que l'échange social assure l'équilibre des conditions et que le peuple devient bourgeoisie, les hommes confient de plus en
plus aux sculpteurs le soin de reproduire leur image, de modeler l'effigie funéraire qui doit être placée sur le tombeau de la famille. La ressemblance devient une condition essentielle de succès: ainsi le réalisme individualiste intervient dans l'art, fait oublier les types conçus et légués par la tradition, prête aux héros et aux personnages des mythes les physionomies des préfets et des proconsuls.
En même temps le goût du colossal se développe. Déjà les
Homère.
maîtres ioniens on doriens avaient sculpté pour la demeure des
dieux des effigies géantes, d'or, de marbre et d'ivoire. Déjà, à
Rhodes, Charès de Lindos avait dressé, à l'entrée du port, son fameux colosse du Soleil. Les colosses du Mausolée, de Pergame, du Théâtre de Milet, sont d'autres exemples du même usage. A partir d'une certaine époque, il se généralise. Voici la Melpomène, cédée à la France par le traité de Tolentino, et qui ornait probablement le théâtre de Pompée à Rome.
Vêtue du syrma de la tragédie, robe à manches longues ceinturée
sous les seins, elle porte de la main droite le masque d'Hercule;
à la main gauche elle avait autrefois un glaive, ou une massue.
Le Tibre est couché dans l'attitude ordinaire à toutes les statues
Le philosophe Posidonius.
GRECE