POLYMNIE
de divinités fluviales, il appuie le bras droit sur un petit rocher, devant lequel on voit la louve allaitant Romulus et Rëmus. De la main droite il tient une corne d'abondance, remplie de raisins, de pampres, d'épis, de têtes de pavots, d'une pomme de pin, et de nombreuses espèces de fleurs et de fruits. L'eau ruisselle de sa barbe et de ses cheveux. Sur les faces latérales et sur le revers de la base, trois bas-reliefs représentent le palais royal d'Albe la Longue, les divinités des principaux affluents du Tibre, la corporation des nautoniers, des troupeaux.
L'ingéniosité alexandrine, qui se marque avec force dans toutes les œuvres
Melpomène.
littéraires et artistiques contemporaines de l'hellénisme, se complique encore, aboutit à des recherches singulières, se complait dans les difficultés d'exécution et dans l'équivoque. Contemporain du [sac de Corinthe, Polyclès II, au dire de Pline, exécuta un Hermaphrodite en bronze, dont le marbre du Louvre est très probablement une répétition :
étendu sur un matelas, œuvre de Bernin, qui provoquait l'admiration enthousiaste du président de Brosses, il est semblable à une jeune femme endormie. Son visage, qui rappelle le type des
Vénus hellénistiques, est à demi caché par son bras droit sur lequel repose sa tête. L'adresse de l'œuvre est in^, contestable, mais combien elle paraît mièvre, puérile, inférieure, à côté des nobles fragments mutilés de la première période, résumés et expressions d'un art sérieux, voué à des dieux sévères ou indulgents, mais toujours graves.
Parfois les sculpteurs de cette période savent s'inspirer des maîtres et adapter les imitations qu'ils en tirent à des sujets plus conformes à la vogue. En ce sens, il est curieux de penser que le Centaure dompté par l'Amour a peut-être été copié sur une métope du Parthénon. Mais l'invention du sujet appartient à la veine allégorique des artistes
Le Tibre.
GRECE